PRÉAMBULE :
Salut l’ami ! Merci d’être là ! Retrouve moi sur Instagram et Facebook juste ici ! Cet avitique ne contient pas de spoiler zone je te rassure.
Bonne lecture à toi !

Réalisé par : Xavier DOLAN
Sorti le : 13/03/19
Durée : 2H03

EN BREF :
Le travail de Xavier DOLAN m’était encore inconnu alors qu’il fait parti de ces réalisateurs incontournables des dernières années. Bien qu’il faudrait que je visionne le plébiscité Mommy et le triple oscarisé Juste La Fin Du Monde, je dois avouer que les thématiques des scripts du canadien ne m’attire qu’a moitié. Pour son nouveau film, j’avais décidé de ne rien savoir avant de le découvrir en profitant, comme beaucoup visiblement dans cette salle comble, du Printemps du Cinéma. The Death & Life of John F. Donovan est donc comme tu l’as compris un film en anglais, le premier pour le réalisateur, qui s’offre également Kit HARINGTON et Natalie PORTMAN en tête d’affiche. Autant dire que la salle pleine n’était pas la (que) pour M. DOLAN

Ma vie avec John F. Donovan critique avitique avec du recul blog film cinéma

LE PITCH :
Dans les années 2000, le célèbre comédien John F. Donovan entretient une relation épistolaire avec un fan de la première heure. À 11 ans, Rupert habite près de Londres et est l’un des plus grands admirateurs de l’acteur puisqu’il rêve de devenir lui aussi une icône du 7ème art. 10 ans après la mort de la star, il se remémore lors d’une interview ces échanges cachés dans lesquelles la star confiait sa vie et ses tourments à son jeune ami.

ALORS ÇA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?

Une mise en scène oppressante

Marque de fabrique de DOLAN ou pas, (je l’ignore encore étant relativement novice face à son travail) le cadrage des personnages du film déstabilise. Très resserré sur les visages au point que le haut du crâne soit coupé la plupart du temps, les personnages sont souvent seuls dans le cadre. Ainsi, bien que présents, rares et importants sont les échanges où les deux interlocuteurs sont visibles sur le même plan. Continuellement oppressant, cette extreme proximité des protagonistes se juxtapose aux nombreuses plans d’insert (= saisit d’un détail) qui viennent préciser le moindre fait et geste de John par exemple. Très peu de situations se trouvent en extérieur comme si le film voulait nous étouffer à l’image de sa star… Parfois néanmoins, des plans zénithaux de New York débarquent comme une bouffée d’oxygène pour le spectateur, témoin de cette célébrité destructrice. 

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Les visages sont très souvent filmés de profil ou à demi-éclairés. En particulier celui de John. Lumière/ombre, célébrité/intimité : Double face.

Dans un autre registre, la diversité et la popularité des morceaux choisit pour accompagner l’histoire surprend autant qu’elle séduit. Adele, Woodkid, Florence + The Machine, Lifehouse, Green Day, Pink ou encore The Verve avec l’indémodable Better Sweet Symphony, il y en a pour tous les goûts. Ce contraste entre film d’auteur et musique populaire montre une volonté d’inscrire cette histoire dans notre monde pour appuyer un peu plus ses thématiques. 

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Bien que cliché, je me suis laissé toucher par cette scène de retrouvailles entre deux bijoux du cinéma.

Séduire avant de se plaire ?

Ma vie avec John F. Donovan questionne l’artiste en lui-même tout en pointant du doigt une société qui se targue d’être tolérante… Vraiment ? « Que doit révéler un artiste ?«  une phrase prononcée par Kit HARINGTON qui réussit d’ailleurs officiellement sa reconversion post Winterfell. À cette question très délicate, le XXIè siècle, ses médias et internet ne facilite pas la réponse bien au contraire. Comme l’histoire nous l’apprend dès le début, la mort semble être la solution choisit par John. Enfermé dans son faux personnage en définitive bien trop différent de lui-même, la coquille fissure au fil du temps pour finir par exploser dans un fracas irréversible.

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L’encre verte de son acteur préféré colore littéralement le visage du jeune fan, épris par son admiration.

À ce moment là, Xavier DOLAN a d’ailleurs surement coupé de nombreuses scènes aperçues dans le trailer, absente du montage final. Une impression loin d’être infondée quand on sait que sa première version durait 4h et que le personnage de Jessica CHASTAIN a carrément été retiré de l’histoire, rien que ça.  Une problématique qui se perçoit nettement dans le long-métrage puisque de nombreuses relations sont balayées d’un revers de manche (John et WillJohn et Amy…) pour un résultat finalement  trop prétentieux parfois pour rien.

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Michael GAMBON réussit en quelques minutes à voler la vedette à HARINGTON pour livrer la meilleure séquence du film.

De son côté, le jeune Rupert (Jacob TREMBLAY/ Ben SCHNETZER) ne voit, comme tout autre fan, que le côté extraordinaire d’une carrière cinéma médiatisée. John Donovan, héros d’une série TV, n’est d’ailleurs pas si loin de son interprète révélé en 2011 par Game of Thrones. Alors, contraint de remplir des critères précis pour faire rêver les fans et honorer les volontés de son agent, l’acteur se doit de plaire selon les codes que la société a implicitement dogmatisés. À l’heure où la moindre révélation fait scandale grâce à l’ultra connectivité de notre monde, le droit à l’erreur est intolérable pour un artiste de son statut. Célébrité emprisonnante ou anonymat épanouissant ? L’artiste souhaite seulement s’exprimer. Mention spéciale enfin au jeune Jacob TREMBLAY (Wonder, Room) qui à 12 ans éblouit déjà.

 

AVEC DU RECUL…
Ma vie avec John F. Donovan s’affiche comme une lettre ouverte à notre société hypocritement ouverte d’esprit. Éphémère et instable, la célébrité n’a jamais été aussi soudaine (dans un sens comme dans l’autre) que depuis l’expansion des moyens de communication. Il est d’ailleurs intéressant qu’en parallèle de cette période, Xavier DOLAN choisisse de placer un échange postal au coeur des débats. Joué par un Kit HARINGTON émotif dans un rôle qui lui correspond, John F. Donovan semble être l’illustration du tribu lourd payer par l’artiste pour une célébrité plus ou moins désirée.  Vivre caché pour être protégé, rentrer dans les codes pour durer, se plaire pour séduire ou séduire pour se plaire… Une personne connue de tous qui en perd son identité propre, voilà le paradoxe d’une époque où l’épanouissement de soi n’a jamais été autant à la mode.

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Voici ce que mes notes signifient :

1/10 = Je n’ai pas regardé jusqu’à la fin, j’ai quitté la salle.
2/10 = Brûle moi cette pellicule.
3/10 = On devrait nous payer pour venir s’assoir dans la salle.
4/10 = Y’avait de l’idée ! Maiiiiiis non, oublie.
5/10 = La moyenne ! Un moment sympa rien de plus, next.
6/10 = Film passable.
7/10 = Bon film.
8/10 = Film intéressant et travaillé qui vaut le détour.
9/10 = Excellent film.
10/10 = Film mémorable qui me marquera pendant longtemps.


(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)