PRÉAMBULE :
Je remercie tout d’abord très sincèrement le CINÉ JAUDE de CLERMONT-FERRAND pour l’invitation à ce film, qui me permet de te proposer cet article ! Retrouve le cinéma sur sa page Facebook pour suivre toute leur actualité.
Quant à moi, je suis sur Instagram et Facebook juste ici ! Pour finir, cet avitique ne contient pas de spoilers sur l’histoire. Bonne lecture à toi !

EN BREF :
Alors que le casting me narguait sur les écrans géants du dernier Festival de Cannes lors de sa présentation hors compétition, Le Grand Bain débarque enfin. Avec ce casting 5 étoiles rassemblant de splendides noms du cinéma français, comment ne pas être attiré devant un tel rassemblement : Benoit POELVOORDE, Virignie EFIRA, Guillaume CANET, Mathieu AMALRIC, Leila BEKHTI, Mélanie DOUTEY, Jean-Hugues ANGLADE, Philippe KATERINE, Marina FOIS, Felix MOATI, Alban IVANOV, Claire NADEAU … bref désolé, le simple fait de les énumérer me plait déjà. Alors, si l’affiche donne envie de s’y plonger, qu’en est-il réellement ? Partons ensemble pour un nouveau festival de jeu de mots aquatiques.

Le Grand Bain critique avitique avec du recul blog

LE PITCH :
Bertrand, perdu dans sa vie difficile et tourmentée, va un beau jour se décider à rejoindre l’équipe de natation synchronisée masculine. Une activité surprenante pour son entourage mais dans laquelle il va faire la connaissance d’hommes finalement pas si différents de lui. Une équipe va alors se former, déterminée à participer au championnat du monde de la discipline. 

ALORS ÇA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?

A deux doigts de boire la tasse

Première réalisation solo pour Gilles LELLOUCHE, et il voit grand. Tout d’abord avec ce casting qui s’apparente presque à notre Avengers à la française mais qui en réalité n’est pas là (uniquement) pour assurer les entrées en salle. Son but était ici de réunir des identités fortes, habituées à porter des films à elles seules ou presque. En ce sens, l’idée est très bonne et parfaitement exécutée. Malgré cela, les 3 premiers quarts d’heure de l’histoire m’ont entrainé dans un paradoxe étrange. En effet, ce qui réunit tous ces hommes dans ce grand bain n’est en aucun cas la passion de la natation puisque, rapidement, l’activité se révèle faire office de simple prétexte pour se retrouver et s’écouter. Ce premier tiers du film est donc assurément le moins amusant, le plus sérieux et le plus dur.

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Chaque rôle colle tellement bien à son acteur que les personnages semblent parfois avoir été écrit spécialement pour eux

Nous découvrons ainsi en parallèle le quotidien de ces 6 hommes réunis par leur « passe-temps/passion » de la danse aquatique. Une vie triste et difficile pour tous que certains tentent par divers moyens de fuir, tandis que d’autres l’assument avec animosité et amertume. Cette très longue introduction m’a ainsi poussé à m’interroger sur ce que j’étais en train de voir et ce que LELLOUCHE voulait nous montrer… Pourtant, il est aisé de comprendre où l’acteur veut en venir avec ses personnages. Alors, aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai été plus ou moins mal à l’aise devant la situation de tous ces individus.

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Les acteurs, dans ces rôles pourtant peu glorieux, se donnent à 100%

Une histoire finement écrite

Heureusement, après ce premier acte lourd et pesant (à juste titre comme nous le verrons par la suite), les événements évoluent et la renaissance des protagonistes du film en général intervient. Je m’attarde maintenant sur l’écriture de chaque protagoniste qui fait preuve d’une délicatesse notable. Avec un groupe si dense, il fallait trouver une histoire et des problématiques différentes pour chacun d’entre eux. Dans cette optique, les personnages de CANET, POELVOORDE, AMALRIC, KATERINE et ANGLADE sont les plus aboutis en nous faisant découvrir des personnalités simples somme toute mais très différentes.

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Malgré tout mon amour pour elle, Leila BEKHTI ne signe par ici sa meilleure prestation en abusant des vulgarités et coups de gueules.

Evidemment, tous les individus ne peuvent bénéficier d’un tel traitement à l’image du rôle d’Alban IVANOV qui reste sur le banc de touche à mes yeux. Mais le grand délaissé du long-métrage est, en toute logique (certains dirons), l’interprète d’Avanish : Thamilchelvan BALASINGHAM. Alors oui forcément, son nom, en France, ne l’aide pas. Mais ici l’indien ne sert que de simple running gag lors de 3 pauvres scènes puisqu’il ne parle tout simplement pas français dans l’histoire. Le concept est courant dans les groupes et ça n’a rien de surprenant qu’un personnage soit à ce point en retrait dans le fond. Néanmoins, sa présence constitue une interrogation car elle n’apporte absolument rien au film dans la mesure où on ne s’attarde jamais sur lui d’une quelconque manière. J’ai d’ailleurs trouvé le prénom du personnage sur internet car je doute qu’il soit mentionné plus d’une fois.

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Philippe KATERINE est la belle surprise de la troupe.

L’équipe de France

Dorloté et martyrisé par Delphine (V. EFIRA) et Amanda (L. BEKHTI) en guise d’entraîneuses, les « hommes dauphins » comme ils ont failli s’appeler nous emporte dans leur passion collective. La piscine était et demeure alors un prétexte. L’importance est en réalité l’échange, cet échappatoire à tout ce qu’ils n’aiment pas/n’aiment plus dans leurs vies respectives. Attention cependant, et c’est en cela que les personnages sont bien écrits, tout n’est pas noir pour eux malgré leur difficultés.
L’un est chef d’entreprise, l’autre est un charmeur à succès, quand un dernier a une femme qui l’aime et le soutient. En cela ces hommes, dans leur vie personnelle et de famille, sont des plus banales dans une période (autour de la cinquantaine) où de nombreuses questions se posent pour eux. Le Grand Bain véhicule ainsi une image du partage, du pouvoir de la chaleur humaine, de la joie de vivre, peu importe les problématiques qu’ils rencontrent individuellement.

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Avec un scénario bien pensé, notre empathie pour ce groupe monte crescendo …

Avec cette longue première partie assez pesante, l’arrivée du sourire et des bons moments est une délivrance pour eux comme pour nous. L’équipe de France prend forme tant bien que mal pour le tournoi mondial, et notre attachement au groupe est progressif pour finir au plus fort lors de la compétition. A l’image de leurs proches à distance, nous devenons de vrais supporters de cette équipe. Leur passage dans l’eau est une séquence merveilleuse, malgré un passage musical dans l’émotion qui aurait pu être évité. Visuellement très beau, LELLOUCHE et son casting font les choses en grand, et ça fonctionne. Mon sourire ne s’est jamais effacé de mon visage tout au long de leur performance frôlant même une certaine émotion.

 

AVEC DU RECUL…
Le Grand Bain s’avère être un film réussi, parfaitement dirigé et interprété. Avec ce casting premium, il fallait que le cadre tienne la route et LELLOUCHE n’est pas débutant dans le milieu. Il co-écrit une histoire forte et bien construite notamment avec de nombreux personnages aux problématiques très variées et non sur-jouées. Derrière un cadre de comédie simpliste, l’histoire nous amène à la rencontre de ces hommes en plein doute, dirigés par des femmes fortes, du moins en apparence. Le Grand Bain prend pour conclure tout son temps pour nous emmener jusqu’au plongeon final et nous proposer une séquence aussi forte que bien réalisée.

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)