PRÉAMBULE :
Je remercie tout d’abord très sincèrement le CINÉ JAUDE de CLERMONT-FERRAND pour l’invitation à ce film, ce qui me permet de te proposer cet article ! Retrouve aussi le cinéma sur sa page Facebook pour toute leur actualité.
Quant à moi, je suis sur Instagram et Facebook juste ici ! Pour finir, cet avitique contient une Analyse – SPOILER ZONE que tu peux éviter en sautant le paragraphe concerné … Bonne lecture à tous !

EN BREF :
Depuis plus de 20 ans, Jean DUJARDIN fait partie de ces têtes qui me font sourire au moindre mouvement. Bien que sa renommée et sa carrière aient décollé depuis 2011, la comédie reste inéluctablement le domaine de prédilection du français et le revoir dans ce registre ça fait quand même du bien. Néanmoins, de par ses auteurs-réalisateurs naturellement engagés, j’ai nommé Benoît DELEPINE et Gustave KERVERN (Cigarettes et Chocolat chaud), le film nous propose une histoire qui, objectivement, ne touchera pas le tout public. Place au verdict …

affiche I feel good critique film avitique avec du recul blog jean dujardin

LE PITCH :
Après avoir enchaîné les petits boulots « à sa manière », Jacques décide de retourner vers sa sœur Monique, dirigeante d’une communauté Emmaüs.  Déterminé à devenir riche, il va longuement se creuser les méninges pour tenter de trouver l’idée qui fera de lui le futur Bill Gates. Alors quand elle apparaît soudain, Jacques va entraîner sa sœur et tous ses amis là où ils n’auraient jamais pu l’imaginer …

 

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?

Un message simple

Aux premières images du générique d’introduction que l’on peut observer, il est facile de deviner l’un des messages clés du long-métrage : la simplicité. Du titre du film aux seconds rôles en passant par les acteurs principaux et même les réalisateurs, chaque nom nous est présenté dans la plus simple des polices, intégralement en minuscule. Le tout au milieu d’un rectangle de couleur unie, vert, rouge, bleu, jaune… Cette remarque peut sembler futile mais le procédé est bien trop révélateur pour être ignoré. Les couleurs vives évoquent l’énergie, la gaieté et contrastent avec la police simple. Le tout au milieu de ces formes géométriques basiques, simples, symbolique de la vie des communautés de l’Abbé Pierre (?).

I FEEL GOOD critique film avitique avec du recul blog jean dujardin
Une attention particulière a été portée aux couleurs vives, symbolique de la joie, de l’esprit I Feel Good.

Une comédie distillée

Concentrons-nous davantage sur l’histoire désormais qui se met difficilement en place pour nous emmener on ne sait pas vraiment où. En effet, les 10 premières minutes apparaissent faussement maladroites, à l’image de son protagoniste bon à rien, mais la suite vient nous rassurer. La vie passée de Jacques nous est alors narrée par nul autre que lui-même, ce qui nous permet de comprendre plus précisément ce personnage plutôt hors du commun. Ces fameux flashbacks donnent ainsi lieu à plusieurs scènes comiques qui nous dressent par la même occasion un portrait global de notre « héros ».

I feel good critique film avitique avec du recul blog jean dujardin
Jacques, accompagné ici de son ami Tarzan (dont on ne sait rien au passage) est un personnage magiquement original.

 L’humour est donc l’une des principales attentes du spectateur face au film, d’autant plus avec une tête d’affiche comme DUJARDIN. Amateur de blagues finement écrites et poétiques vous serez servis. En revanche, ne vous attendez pas à voir là OSS117 ou même Brice de Nice. Oubliez Noël Flantier et la Côte d’azur, I Feel Good vous présente la Emmaüs des Hautes-Pyrénées et l’inimitable Jacques. Les séquences d’humour ne sont pas en surnombre ce qui rend certaines particulièrement appréciables à l’image de la boite à gant de la voiture ou de la fameuse répétition « mais avec l’arrivée d’internet…« . 

I feel good critique film avitique avec du recul blog jean dujardin
La relation entre Jacques et Monique est bien plus profonde que l’histoire ne le montre. Sans trop en dire, on comprend aisément l’amour fort de la sœur pour son frère.

Tout au long de l’histoire, le film peine à trouver un réel rythme. L’ennui est loin de toquer à la porte attention, mais je n’ai jamais senti de réelle envolée dans ce que je voyais, anticipant déjà plus ou moins les événements à venir. Jean DUJARDIN tient son personnage à la perfection et sa belle relation avec sa sœur interprétée par Yolande MOREAU touchera plus d’une âme sensible. C’est d’ailleurs elle qui nous offre la plus belle réplique du film lorsque son ambitieux frère lui demande son rêve et qu’elle lui raconte, candide, son rêve de la nuit passée. 

Un film sérieux et réfléchi (Analyse – SPOILER ZONE)

Intitulé I Feel Good, le film semble prendre ce titre en référence à la compagnie que tente de faire créer Jacques. Mais il n’en est rien puisque le titre dont je ne te ferai pas l’affront de traduire, évoque en réalité les membres de la communauté. Une interprétation renforcée lorsque ses « clients » lui avouent être bien dans leur peau. C’est en réalité Jacques qui est mal dans la sienne puisque dans l’incapacité à trouver sa place entre ces « deux mondes » comme il l’explique lui-même. L’un décrit les gens qui travaillent pour rien (l’ancien monde) et l’autre où les gens sont riches grâce aux travailleurs (le nouveau monde). Tout au long de l’histoire, notre auto-entrepreneur tente de se convaincre lui-même qu’il « se sent bien », précisément par l’intermédiaire de sa start-up et ses cartes de visites, en tentant de rejoindre ce qu’il qualifie de nouveau monde. Une appellation qu’il conserve même après son accident puisqu’on peut l’entendre dire à ses amis : « Voici Tarzan, un ami de l’ancien monde !« .

Mais ici, sa vision des choses est désormais transposée.

I feel good critique film avitique avec du recul blog jean dujardin
DELEPINE et KERVERN affichent clairement leurs ambitions avec I Feel Good : présenter dignement et tout simplement cette communauté, heureuse comme elle est.

La critique de la part des auteurs est donc on ne peut plus limpide. La superficialité des ambitions de Jacques est représentée par l’essence même de son idée qui s’attarde sur la beauté extérieure, généralement dites secondaire et subjective. Dans la même veine, le film se moque ouvertement du capitalisme et de l’américanisme (Le Big 5 Burger) ainsi que de cette richesse espérée qui n’apporte rien « d’humain ». Le meilleur exemple s’illustre avec la femme de son ami dont l’écharpe de Miss lui laisse une belle marque de bronzage risible.
OVER

Enfin, mention spéciale aux petits scènes de musique dans lequel un musicien joue l’espace de quelques secondes, assis au milieu d’un des entrepôts de la communauté. Des instants hors du film en quelque sorte, suspendus et agréables.


AVEC DU RECUL …
I Feel Good nous propose une histoire légère et surprenante avec un cadre, des personnages et un traitement rarement vu au cinéma. DUJARDIN campe merveilleusement bien son rôle accompagné de personnages touchants sans être tire-larmes, bien au contraire. Le film de Benoît DELEPINE et Gustave KERVERN n’est pas un reportage sur Emmaüs mais bel et bien une histoire qui vient y prendre simplement sa source afin d’apporter un jugement sur notre monde. Fin et délicat, l’humour fonctionne grâce à sa parcimonie valorisante en dépit d’un rythme global qui peine à nous emporter. La fin est aussi étonnante qu’elle m’a fait sursauter afin de clore cette histoire saugrenue faisant d’I Feel Good un film peu marquant, mais sympathique.

note I feel good critique film avitique avec du recul blog jean dujardin
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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)