PRÉAMBULE : Retrouve moi sur Instagram et Facebook juste ici ! D’autre part cet avitique ne contient aucune SPOILER ZONE, tu peux lire tranquillement…

EN BREF :
Présent à La Quinzaine des Réalisateurs à Cannes 2018, Climax, nouveau film de Gaspar NOÉ, avait déjà marqué par mal d’esprits, dont ceux de certains amis qui avaient choisi de le découvrir. Un choix que je n’avais pas fait au profit d’un autre film et qui justifie l’arrivée de son avitique, 2 jours après sa sortie en salle. Inspiré d’une histoire vraie de 1996, cette « reproduction de la joyeuse et triste réalité » comme le dit le réalisateur argentin d’origines nous emmène pendant 1h35 dans ce qui semble être un autre monde, pourtant bien le nôtre.

affiche climax critique gaspard noé avitique avec du recul blog

LE PITCH :
Isolés pour la préparation d’un spectacle, une troupe de danseur se retrouve pour la dernière soirée avant leur grand départ en tournée. La musique, la danse, les battles, les fantasmes, la sangria… la fête bat son plein quand la fameuse boisson, dont les artistes vantaient la qualité, s’avère en réalité contenir de la drogue. A partir de là, certains danseront jusqu’au petit matin quand d’autres sombreront dans une démence irréversible…

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?

M’accorderiez-vous cette danse ?

C’est donc avec Climax que je découvre l’univers de Gaspar NOÉ. Une rencontre d’une heure et demi qui est passé plus vite qu’un claquement de doigt. Alors je te vois venir et c’est un fait, le film n’est pas long du tout alors forcément, ça aide. Néanmoins j’ai en mémoire un certain Alpha pour lequel, avec une durée identique, l’ennui fut plus que présent du début à la fin.
Dans Climax, NOÉ nous présente sa troupe de danseurs au travers des auditions filmées encadrées par la chorégraphe. Avec cet enchaînement et cette dynamique mis en place, le public se familiarise rapidement avec les 23 personnages. Bien évidemment, certains joueront un rôle plus important que d’autres et on ne retiendra même que 2-3 prénoms tout au plus. L’objectif ici pour le réalisateur n’est pas de nous montrer un individu en particulier mais bel et bien la troupe. Un melting-pot uni par l’un des arts les plus fédérateurs qui soit : La danse.

climax critique gaspard noé avitique avec du recul blog
Qui a donc ajouté une substance illicite dans la sangria… Un mystère dérisoire au final.

Le 6ème art est donc l’essence du film puisqu’un long plan séquence de leur show ouvre véritablement l’histoire du film. Une chorégraphie filmée par tous points de vue jouant sans cesse avec les mouvements des danseurs dans un lieu qui sera le théâtre de tous les événements. Dans ce huis-clos, nous déambulons avec les danseurs tout au long du film au point d’en connaître les dédales presque aussi bien qu’eux. La mise en scène est ainsi délicieuse puisque nous assistons à un enchaînement de plans séquences nous donnant l’impression d’être un membre invisible de la troupe. La caméra suit ainsi régulièrement un personnage de dos, avant de prendre en chasse un autre, puis un autre, nous faisant passer d’univers en univers, surtout lorsque l’un d’entre eux traverse une salle entièrement éclairée de rouge, de vert, de jaune… Une sorte de bande annonce des états émotionnels par lesquels ils passeront tous.

climax critique gaspard noé avitique avec du recul blog
Sofia BOUTELLA, dans un registre totalement inédit, s’avère être à nouveau époustouflante.

Un rythme parfaitement maîtrisé, jusqu’au Climax

Vraisemblablement, Gaspar NOÉ divise sont film en 3 parties. Tout d’abord nous découvrons la troupe au travers de leur show chorégraphique ainsi que par l’intermédiaire de toutes leurs petites conversations aux prémices de la soirée. Ensuite, ils comprennent que la sangria a été droguée et ce, forcément par l’un d’entre eux. S’en suit alors une série d’incrimination infondées, qui, motivées par l’état second dans lequel ils se trouvent, aboutissent aux pires actes. Le groupe vole en éclat et les danseurs laissent parler leur véritable humanité, selon le réalisateur. Enfin, le dernier acte est le plus court et même quasiment muet.

climax critique gaspard noé avitique avec du recul blog
Les relations entre les danseurs nous sont rapidement exposées via les petites discussions du début de soirée. Simple, diablement efficace.

La gradation des émotions est donc gérée à la perfection puisque le premier tiers du film nous montre cette troupe d’artistes heureux. Les scènes de conversations aux quatre coins de la salle sont un délice d’improvisation. En effet le réalisateur à laisser les danseurs libres quant au texte. Une volonté qui donne naissance à des dialogues d’un naturel absolu et sympathiquement familier à toutes personnes qui a déjà fait une soirée. J’ai en mémoire la discussion aussi potache que drôlissime entre deux danseurs fantasmant sans limites sur leur désirs charnels, un bijou.

climax critique gaspard noé avitique avec du recul blog
La caméra de NOÉ joue perpétuellement avec les danseurs et nous propose de nombreux plans zénithaux – Symbole d’une toute puissance qui regarde les Hommes se laisser aller à leur vraie nature…

« Vivre est une impossibilité collective »

Voilà une phrase que le film nous affiche en lettre capitale. Au travers de ces mots qui illustrent les images de son film, NOÉ nous montre notre incapacité primaire à vivre ensemble. Par ailleurs, cette vision de l’Homme n’est pas sans rappeler celle de Mother ! d’ARONOFSKY. Climax n’est donc pas là pour montrer les effets de la drogue loin de là, il veut nous montrer la nature intrinsèque de l’être humain, les envies spontanées, irréfléchies, égoïstes, enfouies au plus profond de l’individu, alors dépourvues de toutes valeurs. Une libération causée par la drogue symbolisée quelque part par la danse des artistes qui se révèle être une libération en rythme des émotions enfouies. Moi-même danseur, j’ai aisément pu reconnaître le voguing, le waacking, le krump, le turf … des danses toutes connues pour être l’expression pures et simples des sentiments de l’interprète puisque très profondes/intenses et extravagantes la plupart du temps.

climax critique gaspard noé avitique avec du recul blog
A l’exception de deux comédiens que j’ai clairement trouvé faux dans leur jeu, les danseurs de professions sont tous ultra charismatique sous la direction du réalisateur.

Enfin mention spéciale à la bande-annonce (visible en bas de page) qui est clairement la plus réussie de l’année à mes yeux. Une oeuvre à part entière, un régal.

 

AVEC DU RECUL…
Climax
est donc une expérience saisissante de 95 minutes. Choquant et perturbant à plusieurs reprises, un public non averti de ce qu’il s’apprête à voir décrochera rapidement. Mais outre ce détail, Gaspar NOÉ traite cette histoire avec une parfaite maîtrise. Il nous retourne la tête au sens propre comme figuré à l’instar de nos danseurs défoncés. Ce voyage retour psychédélique (particulièrement dans sa musique électronique), en 1996 avec Born to Be Alive ou Tainted Love ancre un peu plus cette histoire dans notre réalité pas si lointaine. Enfin, NOÉ nous montre au travers de ces personnage la cruauté alliée paradoxalement à l’amour profond et charnel de l’Homme vivant en communauté. Des déboires de soirées révélateurs causés par une alléchante et innocente (?) … sangria.

note Climax gaspard noé critique avec du recul blog avitique

Merci pour ton intérêt à mon blog !
N’hésite pas à t’abonner à celui-ci en cliquant sur « suivre » afin d’être alerté par mail de la parution de mes articles ! Tu peux aussi me suivre sur Instagram et Facebook afin de garder un œil sur mon actualité !


(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)