PRÉAMBULE : Retrouve moi sur Instagram et Facebook juste ici ! D’autre part cet avitique contient une petite SPOILER ZONE que tu peux éviter en sautant le paragraphe concerné … Bonne lecture !

EN BREF :
Grand Prix du Festival de Cannes 2018, j’avais fait l’impasse sur le nouveau film de Spike LEE au profit de la cérémonie de clôture de la catégorie « Un certain regard ». Un choix qui repoussait ainsi ma découverte de ce film tant attendu puisque que sa sortie était fixée au 22 août, soit 3 mois après mon passage sur la Croisette. Il est donc temps de débattre sur ce fameux BlacKkKlansman… (et oui oublions très vite ce sous-titre français stupide dont je ne ferais même pas mention)

BlacKkKlansman critique blog avec du recul avitique

LE PITCH :
A la fin des années 70, Ron Stallworth est le premier policier afro-américain de Colorado Springs dans le Colorado. Novice mais déterminé, il va à l’aide de son collègue Flip Zimmerman infiltré la branche locale du groupe suprématiste blanc le Ku Klux Klan. Ron échangera par téléphone tout au long de la mission tandis que Flip, blanc de peau, se fera passer pour lui lors des nombreuses réunions de l’organisation… Un stratagème qui va même l’amener jusqu’à sympathiser avec le directeur national du clan dit « le Grand Sorcier » : David Duke.

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?

Se moquer de la Bêtise

Basé sur des « putains de faits réels » comme la promotion du film le clame haut et fort, il est difficile de ne pas apprécier un tel film. En effet, outre les faits saisissants en bien des aspects, la réalisation de Spike LEE ajoute à l’ensemble une dimension supplémentaire. Bien que ces événements soient indescriptibles tant la source des violences à l’égard des minorités n’a aucune légitimité, le film prend le temps de respirer. Dans BlacKKKlansman, Spike LEE est fière et heureux de pouvoir se moquer ouvertement du KKK en relatant cette infiltration réussie. L’exemple le plus parlant est indubitablement les échanges téléphoniques entre David DUKE et Ron STALLWORTH où ce dernier se rit secrètement mais non sans délectation de berner le célèbre « Grand Sorcier » du Ku Klux Klan. Leur dernière conversation est d’ailleurs particulièrement délicieuse à suivre.

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Le discours de Kwame Toure (Corey Hawkins) est une séquence très intéressante.

Une enquête habilement menée… et montée

Long de 2h15, LEE parvient à articuler son histoire de manière à la rendre prenante de bout en bout. Sans réels scènes d’actions ou de violences physiques, le choc est surtout verbal à l’écoute du vocabulaire et surtout de la philosophie des membres du Klan. Une scène retranscris d’ailleurs à merveille cet aspect à tel point qu’elle donne presque froid dans le dos. Je fais ici allusion au moment où Felix (JASPER PÄÄKKÖNENVikings) et son épouse discutent au lit dans un moment plein de tendresse de ce monde idyllique où tous les noirs auraient été éliminés. Cette séquence, du fait de sa simplicité et de sa familiarité à nos yeux, choque intelligemment en proposant un dialogue au propos consternants mais bel et bien rêvés par le couple.

BlacKkKlansman critique blog avec du recul avitique
Laura HARRIER est bien plus que charmante dans son rôle.

Par ailleurs, bien que la collaboration ne soit finalement par vraiment présente physiquement entre Ron et Flip, les deux acteurs font du très bon boulot. Fils de Denzel WASHINGTON, John David WASHINGHTON tient ici le rôle-titre tout comme son père l’avait fait avec Spike LEE dans Malcom X. Dans son rôle de flic rookie, WASHINGTON s’amuse avec son personnage frivole au style vestimentaire remarquablement chic. D’un autre côté Adam DRIVER, que je ne cesse d’affectionner, campe un personnage plus sérieux car très concentré dans son infiltration ô combien périlleuse. Une nouvelle fois très convainquant après m’avoir séduit dans L’Homme qui tua Donc Quichotte, DRIVER et son jeu adroitement placide fait le taf. Ainsi, toute la supercherie s’enchaîne sans longueurs jusqu’au climax.

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Cette scène au lit est tout sauf charmante.

Une moquerie assumée au sein d’une problématique loin d’être terminée

SPOILER ZONE

Avec cette adaptation du livre Black Klansman publié en 2014 par STALLWORTH himself, Spike LEE n’est pas mécontent de pouvoir porter cette incroyable histoire à l’écran. Gardée secrète par le policier pendant 20 ans, le film ne se contente pas de nous montrer « simplement » le déroulement de cette infiltration. Loin de là, LEE y ajoute de nombreuses références à culture américaine avec des images d’Autant en emporte le vent critiqué pour sa discrimination des noirs américains, La Naissance d’une Nation controversé pour son apologie du KKK ou encore le récit du lynchage de Jesse WASHINGTON à Waco en 1916.

La fin du film est d’ailleurs lourde de sens puisque le réalisateur consacre plusieurs minutes à nous montrer la situation actuelle aux USA. Les émeutes de Charlottesville de 2017 sont longuement remises à l’honneur avec des images amateurs filmant l’atroce violence des événements. A cela s’ajoute la réaction tristement célèbre de TRUMP déclarant selon lui qu’il y a eu « des torts des deux côtés ». Le long-métrage se termine avec une douloureuse et énigmatique image du Stars and Stripes inversé, symbolisant grossièrement les Etats-Unis qui marche sur la tête en perpétuant et tolérant de tels actes. Ce drapeau qui n’est donc pas véritablement celui du pays revient donc à poser la question de ce que sont réellement les Etats-Unis aujourd’hui. Une interrogation qui trouve réponse lorsque l’image du drapeau se change petit à petit : en noir et blanc.

OVER

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David DUKE est affreusement bien interprété par Topher GRACE.

 

AVEC DU RECUL …
BlacKkKlansman est comme je m’y attendais un très bon film. Spike LEE maîtrise parfaitement son sujet et prend un malin plaisir à se moquer du Ku Klux Klan par l’intermédiaire de cette fascinante infiltration. John David WASHINGTON et Adam DRIVER sont parfait, quant à Laura HARRIER dans la peau de la présidente de l’association militante pour les droits afro-américains, elle est la petite douceur qui sublime le tout… « Cherry on the cake ». L’histoire du film, sans temps morts, se déroule au sein d’une mise en scène bien pensée et de nombreuses références à la culture américaine profondément marqué par ce racisme omniprésent. BlacKkKlansman est donc une valeur sûre qu’il est bon de voir pour comprendre un peu plus ce que représente et signifie un être Humain.

BlacKkKlansman critique blog avec du recul avitique

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)