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EN BREF :
Sans avoir pu récupérer d’invitation pour le film de clôture du Festival de Cannes 2018, j’ai donc découvert l’ô combien fameux « L’homme qui tua Don Quichotte » dans un tout autre cinéma que le Grand Théâtre Lumière. Près de 30 ans après avoir vu l’idée germer dans son esprit, Terry GILLIAM sort ENFIN l’un des films si ce n’est le film le plus maudit de l’histoire du cinéma. Un projet qui, lorsqu’on connait son destin, intrigue inévitablement tout amateur de cinéma… Après un petit récapitulatif du scénario, retour en quelques lignes sur le tout sauf fabuleux destin du Don Quichotte by GILLIAM :

 L'homme qui tua Don Quichotte critique avitique avec du recul blog

LE PITCH :
Plusieurs années après avoir réalisé son film de fin d’étude sur Don Quichotte, Toby est de retour sur les lieux du tournage pour tenter de se ressourcer quant à sa nouvelle version de cette histoire. Il va alors se rendre compte des dégâts psychologiques laissés aux acteurs malgré lui alors qu’ils n’étaient que de simples villageois alors entraînés dans sa folie. Si Toby ne faisait que revenir, Don Quichotte lui, n’avait pas bougé…

RETOUR SUR LE DESTIN MAUDIT DE L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE :

C’est en 1990 que le réalisateur émet l’idée du projet mais une fois la lecture du roman écrit par Cervantes, il le déclare impossible à filmer. Plusieurs années passent et il finit par écrire une première version de son histoire auquel il attribuera le titre de « The man who killed Don Quichotte » pour une entrée en production à l’an 2000 avec Jean ROCHEFORT dans le rôle-titre, Johnny DEPP en Toby et Vanessa PARADIS sous les traits de Dulcinée. Outre les nombreuses discordes liées au budget du film, le tournage débute tant bien que mal mais s’interrompt au bout de quelques jours. ROCHEFORT tombe malade, les nombreux avions qui passent dérange constamment le plateau situé à proximité de la base militaire de Madrid, des pluies diluviennes empêchent l’équipe de faire quoi que ce soit et pour finir, une double hernie discale est diagnostiqué à Jean ROCHEFORT désormais incapable de monter à cheval. A peine 10 jours de tournages et la production est annulée.

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GILLIAM et Quichotte… Une affaire de folie.

Fin des années 2000, Robert DUVALL et Ewan MCGREGOR sont annoncés au casting mais GILLIAM n’obtient pas le financement désiré d’environ 20 millions de dollars. Début 2010, MCGREGOR laisse sa place à Owen WILSON pour une nouvelle tentative qui ne donnera rien de plus que la précédente en raison d’un manque d’argent. En 2014, John HURT et Jack O’CONNELL sont pressentis pour le duo mais malgré le soutien financier d’Amazon Studios, la production avorte à nouveau et l’annonce du cancer de HURT élimine toute chance de le voir dans le rôle. S’en suit de longues et houleuses péripéties juridiques suites à de nombreuses mésententes entre GILLIAM et son producteur Paulo BRANCO. Après avoir un temps été attribué à Michael PALIN, c’est finalement Jonathan PRICE qui interprétera le rôle du chevalier avec Adam DRIVER dans la peau du réalisateur Toby. De mars à juin 2017 le film est tourné pour une diffusion au 71ème Festival International du cinéma de Cannes le 19 mai 2018.

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Après 4 autres acteurs, Jonathan PRICE (Game of Thrones) est finalement LE Don Quichotte.

10 jours avant la sortie inespérée du film, Terry GILLIAM est victime d’un AVC à Londres qui remet en doute sa présence à Cannes. Finalement il sera bien présent et le film sort officiellement en France le même jour au grand dam de BRANCO qui souhaitait la suspension d’exploitation du long-métrage. Dédié à Jean ROCHEFORT et John HURT, L’homme qui tua Don Quichotte possède désormais son avitique sur Avec du Recul.

ALORS CA DONNE QUOI CETTE HISTOIRE TANT ATTENDUE ?

La patte Terry GILLIAM

Après avoir essuyé tant de désillusion, le réalisateur de l’Armée des douze singes a modifié son scénario à l’image de son parcours du combattant. L’homme qui tua Don Quichotte est une véritable mise en abyme de la lutte qu’a menée GILLIAM ces 20 dernières années. Toby à sa propre vision de son Don Quichotte et est véritablement obsédé par ce personnage qu’il veut le plus réussi possible pour son film. On retrouvera ainsi tout au long de l’histoire de nombreuses références aux véritables événements qui ont empêchés l’œuvre de sortir plus tôt à l’instar des pluies diluviennes « dans une région où il ne pleut jamais ».

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Adam DRIVER confirme une fois de plus ses talents.

Par ailleurs on retrouve aussi la réalisation si propre à GILLIAM. Si elle peut déplaire à certains, je trouve qu’elle convient parfaitement à cet univers. On remarque ainsi la présence de nombreux plans obliques qui fonctionnent très bien ainsi que l’utilisation d’un objectif grand angle afin d’élargir au maximum son image. Cette dernière technique n’est pas forcément très esthétique je trouve qui plus est ici avec un format pellicule 35 mm qui rend l’image granuleuse. L’étirement des plans n’est donc pas ce qu’il y’a de plus beau surtout quand un personnage se trouve à l’intérieur.

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Un duo si original qu’il en devient attachant. L’homme et sa création. Mais dans quel sens après tout…

La satire de Cervantes modernisée

Ces deux décennies de patience auront au final forgées le film tel qu’il nous est montré aujourd’hui, le rendant à mes yeux beaucoup plus lourd de sens. The man who killed Don Quichotte est également une satire évidente du Cinéma et de son business comme le faisait déjà Cervantes dans son roman vis-à-vis de la chevalerie et de la société espagnole. Une critique qui se voit assez explicitement au travers du producteur de Toby qui n’a que faire de tout l’aspect humain du projet. Seule la signature d’un gros contrat l’intéresse, peu importe les moyens employés pour y parvenir…

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Techniquement, le petit budget du film se ressent dans les effets spéciaux clairement dépassés.

Toujours dans la volonté de dénoncer un monde où l’art passe après la vénalité et la luxure, GILLIAM dénonce également l’abus de pouvoir des hommes du métier, notamment envers les femmes. Imagé par le richissime Russe lorsqu’il fait volontairement tomber de la crème sur sa chaussure, il est assez évident de voir une nouvelle fois ce que le réalisateur cherche à montrer. Dans une période où tour à tour acteurs, réalisateurs, producteurs se voient inculpés d’agression sexuelles, voilà un message qui n’aurait pas été interprété de la même manière il y’a 20 ans de ça.

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Joana RIBEIRO sous ses faux airs de Pirate des Caraïbes ici, est tout à fait… convaincante.

Et l’histoire dans tout ça ?

Lorsque l’on connait a minima le parcours du réalisateur pour sortir ce film, on ne peut s’empêcher d’être entraîné dans ce parallèle entre Toby et Terry GILLIAM. Certains pourront reprocher un montage alterné sans grand intérêt mais qui au final correspond à cette folie dont le film et Don Quichotte sont épris. La scène finale dans le château est vraiment très intéressante, le traitement des personnages est parfaitement maîtrisé au point que j’ai développé une certaine empathie à l’égard de Quichotte et Toby dans leur mésaventures. Enfin, bien que le final soit légèrement prévisible, la surprise à devancé ma réflexion à mon grand plaisir. Mention spéciale à Joana RIBEIRO, interprète d’Angelica, qui n’a pas fini de gagner des admirateurs.

AVEC DU RECUL …
L’homme qui tua Don Quichotte
a donc finalement bien vu le jour presque 20 ans après que Terry GILLIAM est tourné les premiers plans. Une gestation qui donne aujourd’hui naissance à une œuvre unique en son genre tel le lien entre son réalisateur et l’œuvre est fort et prononcé. Nul autre que lui n’aurait pu proposer un film similaire. Pour ces raisons, pour la patience et la folie à la fois qui ont animées cet homme ces dernières années, je n’ai pu qu’être séduit devant The man who killed Don Quichotte. Un film riche et dénonciateur à l’histoire aussi folle qu’entraînante qui ne peut pas ne pas faire débat. Au final si un homme tua Don Quichotte, Don Quichotte a bien failli tuer Terry GILLIAM.

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