PREAMBULE :  Cet avitique contient une Spoiler/Analyse Zone, qu’il t’es possible d’éviter en sautant tout simplement le paragraphe !

EN BREF :
Placé à la deuxième marche de mes attentes 2018, The Shape of Water (VO) promettait un film unique en son genre à l’image de nombreuses productions de son réalisateur, Guillermo DEL TORO. Sans trop en dévoiler et en préservant le mystère qui va de pair avec le fantastique, la bande annonce du film avait réussi à me mettre l’eau à la bouche (M. JEUDMOTS) et donc à placer en lui de grands espoirs. 2 Golden Globes remportés, Lion d’or, 12 fois nominés aux BAFTA dont 3 récompenses, 13 fois nominés aux prochains oscars… Bref, le conte du réalisateur mexicain ne cesse d’accumuler les louanges et trophées de cinéma. Alors qu’en est-il vraiment Avec du Recul

La Forme de l'eau The shape of water critique avec du recul blog avitique

LE PITCH :
Au cours de la Guerre Froide et au début des années 60, Elisa, muette, mène une vie routinière mais convenable en tant que femme de ménage dans un laboratoire américain. Son petit quotidien va néanmoins être bouleversé quand elle va involontairement faire la rencontre d’une étrange créature retenue en captivité par les scientifiques. A force de rencontres et d’échanges paraverbaux, elle va nouer une relation hors du commun avec ce monstre aquatique …

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?

Il est beau le lavab-eau …

Cela ne fait aucun doute, La Forme de l’eau est un film splendide visuellement. Élaboré autour de tons bleuté et vert évoquant évidement les coloris de l’eau, chaque décor, chaque environnement est traité au peigne fin dans sa construction et sa mise en scène. On remarque également à quelques reprises des jeux d’ombres et de clair/obscur mettant alors en valeur une seule partie du corps du personnage ou simplement son profil en contre-jour. Je fais ici allusion au salon de Giles (l’ami d’Elisa) qui avec cette grande vitre donnant sur l’extérieur, permet une diffusion des rayons du soleil partielle ce qui rappel à mes yeux la lumière traversant l’eau lorsqu’on est immergé. Un rapport à l’eau évidemment très présent avec dès le début, une belle scène d’ouverture et l’introduction de la thématique principale avec la jeune femme qui se fait couler des bains chaque jour.

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Les décors et ambiances recréées sont sublimes.

Autre aspect visuel majeur de l’histoire : la créature. Interprété par Doug JONES (Star Trek : Discovery), déjà habitué aux créatures de DEL TORO puisqu’il jouait le faune dans Le Labyrinthe de Pan, je m’avoue séduit par le design de l’amphibien. L’équipe de production a réussi je trouve à créer un monstre hybride qui outre sa capacité à vivre sur terre et dans l’eau, bénéficie d’une belle justesse dans son traitement. En effet, il sait être effrayant et impressionnant quand la situation le demande, mais possède également un design plein de grâce et de poésie auquel s’ajoute un regard plein d’émotions.

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La créature impose un certain respect tout en émerveillant son public.

Des personnages seuls mais bien accompagnés

Parmi les qualités scénaristiques des œuvres de DEL TORO, on retrouve ses personnages. Souvent très délicats et travaillés, La Forme de l’eau met en avant 6 personnages très différents mais qui se retrouve sous un thème commun, celui de la solitude.

SPOILER/ANALYSE ZONE

Elisa bien qu’habituée, est forcément en retrait de la société en raison de son aphasie ; Zelda (OCTAVIA SPENCER) son amie et collègue afro-américaine, se plaint d’un mari qui ne l’écoute absolument pas et qui ne fait rien pour leur mariage ;
Giles (Richard JENCKINS) son voisin, est un artiste créateur de publicité lourdement affecté par son licenciement auquel s’ajoute une homosexualité difficile à assumer ; Strickland (Michael SHANNONHorse Soldiers) est le colonel dirigeant du labo et en dépit de sa petite vie de famille parfaite dont il n’a cure, peine à briller aux yeux de son supérieur ;
Le Dr Hoffstetler (Michael STUHLBARGPentagon Papers) encadre les études sur la créature et est réalité un agent double, ce qui l’isole dans son intention de rejoindre la Russie ;
Enfin, la créature elle-même qui souffre de ses différences avec l’Homme et se retrouve dans l’incapacité de pouvoir réagir face aux tortures du colonel.
Ces 6 personnages possèdent tous une part de solitude, d’enfermement, qui pèse sur leur personnalité, ce qui constitue un point clef dans les problématiques abordées par le film.

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Strickland (Michael SHANNON) est bien plus complexe qu’en apparence.

Une duplication de la créature … ?

J’aborde ici une interprétation qui prête à débattre. Tout au long de l’histoire, il m’a semblé déceler un parallèle entre Strickland et la créature au travers de plusieurs aspects qui deviennent plus parlant sur la fin. Cela s’articule principalement sur l’habitude du colonel à manger ses bonbons régulièrement et ce d’une manière bien particulière. En effet, il les mangent avec une telle exubérance que les bruits qu’ils provoquent ne sont pas sans rappeler les râles de la créature. Sur la fin de l’histoire, après avoir essuyer la pluie diluvienne, Strickland est totalement trempé et goutte littéralement sur place lorsqu’il menace Zelda. En plus de cela, il adopte une posture plus recourbée sur lui-même, jouant sur sa grande taille (1m90), ce qui le rapproche un peu plus de l’amphibien lorsqu’il sortait lui aussi de l’eau. Au final ce rapprochement semble un peu saugrenue mais il est intrigant de voir à quel point l’aversion du colonel envers cette espèce inconnue, le pousse à s’isoler encore un peu plus et se renfermer intentionnellement. Le tout à tel point qu’il devient en quelques sortes à son tour une créature inhumaine prête à tout pour parvenir à ses fins…

OVER

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Tous les personnages sont vraiment différents tout en partageant un point commun central dans l’histoire.

 

AVEC DU RECUL …
La Forme de l’eau est sans surprise un très bon film. Comme à son habitude, Guillermo DEL TORO nous embarque dans un monde que l’on croit connaitre en y ajoutant son grain de folie qui fait de ses films de réelles œuvres uniques. Grâce à un casting parfait, des personnages habilement traités et implicitement reliés, l’histoire ne faiblit pas et propose même un final surprenant. Outre les thèmes de la solitude, du rejet de la différence et bien évidemment de la forme de l’amour, The Shape of Water est une œuvre belle de sa première à sa dernière scène. Néanmoins, ce n’est pas le coup de cœur absolu pour ma part comme j’aurais aimé… Chose qui n’enlève rien au fait que j’ai bel et bien apprécié ce film qui fait véritablement du bien dans le paysage des sorties cinéma.

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)