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EN BREF :
Steven SPIELBERG fait partie de ces cinéastes qu’il est inutile de présenter tant le simple écho de leurs noms évoque des choses. A la sortie d’un de ses nouveaux films, la question n’est pas d’aller le voir ou non, mais simplement de savoir de quel manière il aura traité tel ou tel sujet. Avec Pentagon Papers, l’américain nous emmène dans ce scandale datant de tout juste 50 ans que tout le monde connaît, sans vraiment connaître. Une affaire adaptée au cinéma qui résonne comme une ode au journalisme et à la liberté de la presse tout en abordant au passage la place de la femme dans un monde masculin. Un long-métrage 6 fois nominé aux derniers Golden Globes mais qui est reparti bredouille malheureusement pour l’équipe…

Pentagon Papers critique avec du recul blog avitique The Post

LE PITCH :
En 1971, le rapport sur l’avancement des troupes américaines au Vietnam commandé par le secrétaire à la Défense, Robert McNamara, est dérobé, photocopié et communiqué secrètement au New York Times. Lorsque ce dernier publie une partie de ce fameux rapport, c’est la stupeur dans tout le pays qui découvre l’inefficacité totale et les échecs cuisants subis par les troupes US. Les Pentagon Papers sont lancés. Circonspect de voir des documents classés top-secret divulgués, le gouvernement interrompt la publication du Times. C’est alors au tour de Benjamin Bradlee et Katharine « Key » Graham, respectivement rédacteur en chef et directrice du Washington Post, d’entrer en jeu…

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?

Du beau cinéma qui n’a pas de temps à perdre

Avec une telle histoire, le scénario qui tient en haleine est déjà là. Reste à SPIELBERG de sublimer tout ça pour ne pas rendre ces joutes verbales trop soporifiques sur le long terme. Intelligemment le film s’étend sur un peu moins de 2h, ce qui je pense est largement suffisant et permet d’éviter les longueurs. Visuellement, le réalisateur parvient à donner vie à ce qu’il nous montre et ce, au-delà des actions qui y sont filmés. Je m’explique, outre les personnages et ce qui se passe factuellement à l’écran, la caméra se ballade régulièrement entre les divers protagonistes grâce à de multiples plans-séquence de durée variable. Un procédé que j’affectionne grandement car au-delà d’être techniquement complexe, il permet implicitement de dynamiser une action, même des plus calmes. Dans Pentagon Papers, SPIELBERG s’amuse de cette technique à plusieurs reprises avec des plans où la caméra ne déambule qu’à mi-hauteur des personnages, donnant une impression de suivre à la manière d’un enfant intrigué tout ce qu’il se trame.

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SPIELBERG nous livre une réalisation délicate et esthétique qui est la plus belle valeur ajoutée à l’histoire de base.

Une réalisation travaillée et esthétique qui m’a beaucoup plu et qui était nécessaire, pour ne pas dire vital à ce film. L’histoire ne s’étalant que sur quelques jours, c’est tout une intensité psychologique qui se dégage, porter par l’ampleur des révélations et leurs contextes. Tout cette cohue est d’ailleurs illustrée par de nombreux personnages qui se coupent la parole ou parlent tout simplement en même temps. Des situations très étranges au cinéma qui rendent les scènes particulièrement intrigantes pour le coup. Créer donc cet aspect extraordinaire du moment en faisant par exemple travailler les journalistes dans un salon, à même le sol, est des plus trépidant pour les personnages en raison du manque de temps mais également pour le spectateur qui est presque invité à les aider au final. Je ne sais pas si ce genre de scène à vraiment eu lieu, mais je dois bien avouer que cela fonctionne.

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Des jeux d’ombres et de lumières sont régulièrement présents, apportant une touche plus visuelle du mystère à l’intrigue.


Quand une affaire vieille de 50 ans sert toujours les mêmes problématiques…

Avec ce scandale datant d’un demi-siècle, SPIELBERG s’emploie à l’ancrer plus que jamais dans la réalité et nous invite également à nous interroger sur l’évolution de notre société depuis cette affaire. Avec l’investiture de TRUMP il y’a plus d’un an désormais, la liberté d’édition et de parole de la presse traitée dans le film prend un écho tout à fait singulier. D’autre part, dans un contexte où le #Metoo et #Balancetonporc sont les actuels piliers des débats sur l’égalité des sexes, le personnage de Kay GRAHAM (Meryl STREEP) et son courage avant-gardiste, intervient comme un nouveau soutient à ce mouvement. Ces deux notions sont donc les deux chevaux de batailles du réalisateur qui fait valoir l’importance qu’il attribue à ces deux causes. Dans un premier temps, la presse se doit d’aller à l’encontre de l’Etat car :

La liberté de la presse doit servir les gouvernés et non les gouvernants.

Une citation tirée du film qui résume parfaitement les enjeux. Puis dans un second temps, Kay était pour l’époque la première femme à la tête d’un journal. Cela ne manquait évidemment pas de faire beaucoup parler à une époque où les femmes restaient encore à attendre derrière les portes que les hommes aient finis de s’entretenir. SPIELBERG met d’ailleurs l’accent dans sa mise en scène sur l’incommodité de la directrice à évoluer, et s’épanouir, dans un milieu qui lui est si étranger, mais qui l’est à la Femme tout court en réalité.

Pentagon Papers critique avec du recul blog avitique The Post
Seule face à ce monde d’homme, la sensible Kay parvient à se réveiller au bon moment et croire en ses capacités… Un léger ouf de soulagement je te l’accorde.


Un champ de vision trop restreint ?

Si le réalisateur et les scénaristes Liz HANNAH et Josh SINGER (Spotlight, et bientôt First Man !) ont décidé de se focaliser sur le Washington Post, c’est certainement car c’était une femme qui le dirigeait. Au vu du message véhiculé, le contrat est rempli et cette intention est louable, mais il aurait été également intéressant, voire plus… de se focaliser davantage sur le Times dans un premier temps de l’histoire par exemple, ou bien de s’attarder un peu plus sur le lanceur d’alerte Daniel ELLSBERG qui est à l’origine de tout ça ! Un peu à la manière de Snowden au final… Enfin, on notera la fin réussie qui prête évidemment à sourire au vu de l’ironie dont le film fait preuve face à cette scène. On pourra aussi y voir un indice sur une potentielle ambition de réaliser la suite directe de cette histoire …

Pentagon Papers critique avec du recul blog avitique The Post
La tension face à la situation extraordinaire est bien menée.

 

AVEC DU RECUL …
Pentagon Papers
est donc un film aux nombreuses qualités aux échos bien plus actuels qu’on aurait pu l’imaginer avec un scandale des années 70. Totalement fan du travail de réalisation de SPIELBERG, c’est surtout cela que je retiens de tout le long-métrage, au-delà des thématiques qu’il aborde. Même s’il est évident que l’importance attribuée à la liberté de la presse et au rôle des Femmes dans le monde du travail restent des messages bien traités et plus que jamais d’actualité, d’autres fenêtres scénaristiques semblaient tout aussi intéressantes. Des pistes qui auraient certainement donné à The Post (VO) une dimension plus importante, alors que l’œuvre du réalisateur se veut ici bien plus intimiste. Un choix qui n’enlève évidemment rien à la qualité de son travail. Mais là où SPIELBERG est le meilleur, c’est avant tout sur des films peu conventionnels que je qualifierais parfois de rupture (cf : Indiana Jones, E.T, Jurassic Parc, Tintin), alors rendez-vous très bientôt pour découvrir un projet bien plus ambitieux : Ready Player One

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