PREAMBULE : Je tiens à remercier les cinémas L’Alhambra et Le Camion Rouge de Saint-Etienne, qui m’ont permis d’assister à la séance de ce film. Retrouve leur page Facebook ici ! Et retrouve aussi la mienne juste là !
En outre, cet avitique contient une partie spoiler indiqué par la rubrique « Spoiler Zone ». Si tu veux l’éviter il te suffit de te rendre jusqu’au « Over » situé quelques lignes en dessous pour reprendre ta lecture !

EN BREF :
Tout film de Pierre NINEY est un événement de cinéma qu’il me tarde de découvrir. Grand fan de l’ancien pensionnaire de la Comédie Française après l’avoir découvert dans Comme des Frères d’Hugo GELIN en 2012, chacun de ses rôles m’emporte dans une nouvelle histoire. Après 1970, cette seconde adaptation au cinéma de La Promesse l’Aube paru en 1960 nous raconte la vie si singulière du russe d’origine, Romain KACEW, plus connu sous les noms de Romain GARY et Emile AJAR. Les multiples identités de cet homme reflètent également sa vie si incroyable qu’il en aurait fallu plus d’une seule pour réaliser tout ce qu’il a fait. Aviateur, romancier, réalisateur, diplomate, militaire … il n’est donc pas si étrange de voir Pierre NINEY devenir un nouveau nom de Romain KACEW après tout.

La Promesse de l'aube critique avec du recul avitique blog

LE PITCH :
Élevé seul par une mère à l’amour inconditionnel pour son seul fils, Romain assiste toute son enfance celle qui a dédié sa vie à sa réussite. Elle lui donne une éducation des plus poussées en lui permettant l’apprentissage de multiples disciplines, lui assurant plus tard un avenir d’ambassadeur de France, de grand général de guerre ou d’écrivain célèbre. Conditionné dès son plus jeune âge à faire la fierté de sa mère, Romain KACEW va tout faire pour faire honneur à ses nombreuses attentes, quitte à en oublier de vivre pour sa propre personne …

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?

Un film avec un peu trop de pages

Avec un titre aussi énigmatique que poétique et un roman qui retrace quasiment une vie, la tâche n’était pas des plus facile pour le réalisateur Éric BARBIER. Avec tant de choses à raconter, il faut faire des choix et des impasses c’est inévitable et au regard de toute la première moitié du film, il est clair qu’il s’agit d’une adaptation d’un roman. Si lors d’une lecture un tel rythme est tolérable car l’écrivain peut se permettre de s’attarder sur tout ou presque, c’est moins le cas au cinéma. Ainsi les premiers 50% du film manquent de dynamisme et traînent clairement en longueur. Il est compréhensible que l’histoire doit se mettre en place et que l’enfance de Romain sous les yeux de sa mère est nécessaire pour comprendre ce qui fait l’essence même de cette histoire. Certains passages auraient pu être évités ou raccourcis à l’image de l’apparition du personnage de Didier BOURDON qui, bien qu’intéressant en soit, ne demandait pas autant de temps à mon sens.

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Tourné en partie au Maroc, le film propose à ce moment-là de jolis plans.


Plaira, plaira pas

Qui dit Pierre NINEY et Charlotte GAINSBOURG dit indubitablement acteurs de renoms aux jeux qui peuvent surprendre du bon comme du mauvais côté. Pour le plus jeune lauréat du César du Meilleur Acteur, j’ai encore une fois été bercé par ce qu’il fait et encore plus dans sa version du personnage lorsqu’il se trouve en compagnie de sa femme… NINEY nous expose un homme dont la vie est éternellement liée à celle de sa mère, bien que parfois certains dialogues semblent poussifs pour nous transmettre cette idée-là. Malgré tout, il ne fait qu’un avec l’aviateur et nous livre lors d’un instant de folie durant sa maladie une scène saisissante où son visage se transforme face à son impuissance à réaliser les vœux de sa mère.

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Le comportement de Nina peut choquer en raison de son intransigeance sans égal, mais qui façonne la personnalité de son fils


SPOILER ZONE :
Si Romain a eu plusieurs identités, il a également eu deux vies. La première est sans surprise la vie rationnelle de sa naissance à son suicide. Mais sa vraie vie est en réalité beaucoup plus courte que cela. Elle démarre lors de la parution de son roman Education Européenne puis se termine lorsqu’il apprend que sa mère est morte (depuis plus de 2 ans). Sa naissance est alors symbolisée par sa joie de réussir, ce que sa mère souhaitait qu’il fasse – soit écrire un roman reconnu -. Il dit d’ailleurs lui-même à cet instant « Je suis né ». Quant à la découverte de sa mort, il déclare ensuite « J’ai vécu ». Une vie morale bien plus courte en somme qui soulève au passage une certaine incohérence dans le film. En effet, son roman fut publié en 1945 tandis qu’il découvrira la disparition de sa mère en 1943, alors décédé depuis février 41. Par ailleurs, au sujet des quelques 250 lettres écrites à l’avance pour continuer de vivre dans l’esprit de son fils, il écrit dans son roman « Le cordon ombilical avait continué à fonctionner », une allusion au lien le plus fort et le plus naturel entre une mère et son enfant qui aurait pu/dû se trouver dans le film.
OVER

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L’amour maternelle si fort qu’elle a pour son fils l’entraîne dans une sorte de folie bien particulière.

Quant à Charlotte GAINSBOURG, son jeu peut sans nul doute repousser certains puisqu’elle frôle parfois un surjeu qui peut déranger. Néanmoins, je juge cette interprétation fondamentalement obligatoire pour cerner le personnage de Nina, cette mère qui vit pour son fils. Cette passion est si intense qu’elle imagine parfois des choses surréalistes pour Romain donnant lieu à des scènes cocasses et amusantes. Sa relation avec son fils en arrive d’ailleurs à un point qui peut choquer certaines personnes comme ce fut le cas pour deux dames derrière moi lors d’une certaine scène dans la cuisine alors qu’il n’a pas 10 ans. Mais GAINSBOURG, avec un accent russe travaillé et un maquillage remarquable tout au long film, représente bien cette mère à la force incroyable, indépendante, ultra possessive et aux valeurs très arrêtées qui ont façonnées Romain et permis de devenir l’homme qu’il est devenu sans aucun doute.

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Tout ça en une seule vie… Wouahh !


Je n’étais qu’un fou … un fou d’amour

Si l’on entend parfois que l’on peut aimer à perdre la raison… C’est souvent pour parler d’une relation de couple. Mais avec La Promesse de l’aube, Romain GARY nous prouve que le seul amour de sa vie ne sera jamais que sa mère. En dehors de Nina, les femmes sont d’ailleurs très peu présentes à l’écran et, quand elles le sont, elles ne servent que de décors ou d’accessoires dans la vie du romancier au passage élevé dans l’idée de faire souffrir les femmes après les avoir séduit. Cet amour fou qu’elle voue à son fils lui permet de devenir cet homme si extraordinaire et génère par la même cette sorte de folie … Un lien entre les deux s’est alors créé, donnant à Romain une vie sentimentale particulière et quelque part impossible.

Enfin, côté mise en scène, BARBIER nous propose quelques fois de beaux paysages et une séquence intéressante lorsque Romain enfant, caché sous une table, observe avec effroi ce qu’il se passe dans son salon… Bien plus tard, un plan en contre-plongée de Romain parlant à sa mère avant de décoller pour partir combattre est l’un des plus réussi du film.

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Leurs discussions sont toujours filmées de manière à les voir tous les deux, sauf lorsque leur relation bat de l’aile, où ils seront alors cadrés séparément.

 

AVEC DU RECUL …
La Promesse de L’aube
est une œuvre qui perd de son intensité en raison de ses trop nombreuses longueurs dans sa première partie. La mère de Romain est incroyable tant par sa force que par sa dévotion à la réussite de son fils et Charlotte GAINSBOURG permet aisément de comprendre cela bien que son jeu puisse déranger. Trois acteurs incarnent successivement Romain GARY au fil de sa vie, et tous sont convaincants sous la direction d’Éric BARBIER. Si ce n’est pas pour moi le meilleur film de Pierre NINEY, l’histoire impressionnante de La Promesse de l’aube reste un bon film, dont la fin réussie invitera aisément certains d’entre vous à frotter leurs yeux un peu trop humides.

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)