PREAMBULE : Cet avitique comprend une partie Spoiler, dans le paragraphe intitulé « ANALYSE & SPOILER ZONE ». Si tu souhaites l’éviter, descends jusqu’au « OVER » situé quelques lignes plus bas pour reprendre la lecture.

EN BREF :
Interpellé par une affiche sortant de l’ordinaire, la bande-annonce et son univers particulier m’ont suffisamment intrigué pour me donner l’envie de découvrir le nouveau film d’Albert DUPONTEL. Couvert de fleurs par la presse et le public, cette adaptation du roman éponyme de Pierre LEMAITRE (Prix Goncourt 2013) se devait d’avoir un avitique sur ce blog.

Au revoir là-haut critique avec du recul avtique
Whouoh …

LE PITCH :
Après avoir perdu une moitié de son visage et l’usage de sa voix à la toute fin de la Première Guerre mondiale, Edouard se fait passer pour mort et décide de s’exprimer grâce à sa passion : le dessin. À l’aide de ses talents d’artiste et de son ancien camarade au front, Albert, il va mettre en place une escroquerie qui les conduira jusqu’à la fortune, mais pas forcément jusqu’au bonheur…

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Au revoir là-haut
m’est apparu comme un petit paradoxe une fois sorti de la salle. D’un calme poétique et d’un rythme très linaire, je ne me suis pourtant jamais ennuyé durant les 1h55 du film. L’adjectif qui correspond le mieux à cette adaptation est sans nul doute celui de la beauté. Un mot bien étrange quand on sait que nos 2 personnages principaux reviennent de la Grande Guerre complètement bouleversés et traumatisés Le film reprend donc sans aucun doute la force du livre, c’est-à-dire cette capacité à apporter une dose de magie et de féerie dans cet après-guerre où seul ceux qui ne l’ont pas vraiment connue profitent de ces années folles. Un équilibre permanent entre le drame et la poésie qui construit au fur et à mesure une histoire en dehors du temps.

Au revoir là-haut critique avec du recul avtique
Les costumes nous replongent très rapidement dans l’époque du film.

Pourtant bien ancrée dans la réalité – puisque le trafic présenté dans le film a réellement eu lieu dans les années 1919-1920 – l’histoire semble nous emporter dans un monde presque inconnu pour nous. La reconstitution magnifique du Paris de l’époque avec ses costumes colorés et ses fêtes endiablées y est évidemment pour quelque chose, mais c’est aussi dû à l’univers si particulier d’Edouard (Nahuel PEREZ BISCAYART). Défiguré par la guerre, son aversion envers cet événement et son Lieutenant Pradelle (Laurent LAFITTE) le pousse à faire preuve de toute sa créativité. Désormais « Gueule cassée », l’artiste va donc se prendre au jeu en confectionnant une multitude de masque tous plus exubérant les uns que les autres afin de nous partager ses émotions. Des masques créés par Cécile KRETSCHMAR qui dès le premier regard tantôt nous font froid dans le dos, tantôt nous émerveille.

Au revoir là-haut critique avec du recul avtique
Les masques portés par Edouard sont tous unique et dégagent une émotion particulière à chaque fois.

Bercées par les secrets, les non-dits et les apparences, la mise en scène et la réalisation de DUPONTEL est des plus agréables. Le réalisateur use ainsi des reflets de miroirs à plusieurs reprises, permettant alors des plans originaux et moins conventionnel. En outre, de multiples scènes en faux et véritable plan-séquence donnent cette poésie et cette légèreté au film qui l’anime tout du long. Parfois en contre-plongée pour renforcer l’admiration devant l’arrivée du grand PradelleL. LAFITTE et son mètre 89, ou parfois en plan zénithal pour comprendre la détresse des soldats au front, DUPONTEL nous fait voyager d’une bien belle manière dans cette histoire par l’intermédiaire de sa caméra baladeuse.

Au revoir là-haut critique avec du recul avtique
Bien que tourné en numérique, l’image possède un grain (ici très accentué je te rassure) particulier qui apporte le cachet d’un « vieux film » au long-métrage…

Côté casting et personnages désormais, je n’ai pu qu’apprécier chacun d’entre eux. Principal ou secondaire, tous possèdent ce petit quelque chose qui nous donne cette envie d’en savoir plus. Laurent LAFITTE est pour moi bien meilleur dans ce genre de rôle que dans la comédie, quant à Albert DUPONTEL qui accumule les casquettes sur son film… c’est sans grosses fausses notes puisqu’il est tout aussi bon devant que derrière sa caméra. Mélanie THIERRY (La Danseuse ; Comme des frères) dans le rôle de Pauline et Emilie DEQUENNE (À perdre la raison ; The Missing) en Madeleine Pericourt ne manquent pas l’occasion de se faire remarquer positivement malgré des personnages moins clefs dans l’intrigue. Enfin, la révélation de 120 battements par minute (Robin CAMPILLO – Grand prix du festival de Cannes 2017) Nahuel PEREZ BISCAYART, sous les traits d’Edouard Pericourt, nous livre une prestation à 95% par le regard. Une difficulté qu’il surmonte en étant tout à fait au niveau. Néanmoins, je trouve que le film ne s’attarde presque pas assez sur les états d’âme de ce pauvre homme. Des précisions qui auraient permis d’en comprendre davantage sur son état d’esprit au fur et à mesure de l’histoire. Quelques scènes où il n’aurait eu que sa solitude et sa douleur pour compagnons auraient été les bienvenus il me semble.

« AU REVOIR LÀ-HAUT » Réalisé par Albert DUPONTEL
Les personnages secondaires (ici Emilie DEQUENNE et Niels ARESTRUP) sont tous très réussies et la touche d’humour subtile qu’ils apportent parfois renforce la sympathie éprouvée envers eux.


ANALYSE & SPOILER ZONE
Dénonçant et critiquant les hommes de pouvoir de l’époque, l’escroquerie des monuments au mort à sûrement un sens plus poussé que l’unique appât du gain. Difficile de croire en plus que l’argent intéresse réellement Edouard… Alors pourquoi veut-il monter cette arnaque ? Si son but est vraiment celui de devenir riche alors soit je ne l’ai pas saisi, soit ce n’est pas claire du tout, mais dans tous les cas, c’est un peu étrange. Mais mon hypothèse qui me semble la plus… probable, se rattache à son dégoût de la guerre. Au travers de cette entreprise fallacieuse, Edouard pourrait donc chercher à s’indigner contre cette volonté des instances de faire honneur à la Guerre et ses défunts par le biais des monuments aux morts. Initié et mise en place par les mêmes hommes qui sont à l’origine de ce drame, le dessinateur souhaite peut-être volontairement tromper ces gens hauts placés afin de dénoncer leur vanité et leur orgueil…
OVER

Au revoir là-haut critique avec du recul avtique
Laurent LAFITTE est tout à son aise dans ce personnage odieux.

 

AVEC DU RECUL …
Au revoir là-haut est aussi aérien que terre-à-terre. Poétique dans sa réalisation, ses musiques reprises et originales (bien que pas si marquantes, mais efficaces), ou encore sa direction artistique… le film est aussi très triste à voir dans sa première partie ainsi qu’à certains moments de la narration. Avec un casting haut en couleur, des dialogues fin, une pincette d’humour et un rythme maîtrisé, l’œuvre de DUPONTEL tirée de l’imagination de LEMAITRE nous fait passer un moment hors du temps. Le tout mélangeant le drame et la beauté, presque à la manière d’un certain Lac des cygnes dont TCHAÏKOVSKI nous jouerait la symphonie…

note Au revoir là-haut critique avec du recul avtique

Merci pour ton intérêt à mon blog !
N’hésite pas à t’abonner à celui-ci en cliquant sur « suivre » afin d’être alerté par mail de la parution de mes articles ! Tu peux aussi me suivre sur Instagram et Facebook afin de garder un œil sur mon actualité !


(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)