PREAMBULE : Cet avitique comprend une partie spoiler, dans le paragraphe intitulé « « SPOILER ZONE ». Si tu souhaites l’éviter, descends jusqu’au « OVER » situé quelques lignes plus bas pour reprendre la lecture.

EN BREF :
Sans faire grand bruit, Detroit de Kathryn BIGELOW (Zero Dark Thirty – 5 nominations aux Oscars 2013) a attiré mon attention au vu des notes et critiques excellentes qu’il recevait de toute part. Traitant de l’éternel problème du racisme et de ses conséquences aux Etats-Unis, il arrive sur les écrans cette année après The Birth of a Nation et (dans un tout autre genre) Get out, eux aussi traitant de ce fléau sociétal. Mais sur ces trois films, Detroit est indubitablement le plus effrayant d’entre eux. En effet The Birth of a Nation, bien que basé sur une histoire vraie également, se déroule en 1831. Ainsi bien que prenant, les quasi 200 ans d’écart imposent une certaine distance entre nous et ces fameuses révoltes. Quant à Get Out, il n’est que pure fiction et n’avait pour but principal que de nous faire peur, tout en dénonçant évidemment l’impact de la ségrégation raciale. 50 ans après ses événements de la 12th Street riot, il était temps d’en apprendre un peu plus sur le sujet.

LE PITCH :
En juillet 1967 à Detroit, des émeutes éclatent dénonçant la ségrégation raciale aux USA. Affrontements entre afro-américains et policiers, pillages, vandalisme, incendies, coups de feu… En l’espace de 5 jours, la ville est en proie au chaos. Une nuit des coups de feu sont entendu à proximité d’un hôtel, la police va alors intervenir et faire subir un interrogatoire des plus effroyables aux clients noirs présents sur les lieux. Le bilan sera terrible, et la justice difficile à rendre…

affiche Detroit film critique avec du recul blog avitique
Je préfère de loin ce genre d’affiche plutôt que ses variantes où seuls les critiques sont mises en avant.


ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Commençons avec la réalisation de Kathryn BIGELOW qui n’est pas des plus anodines. En effet, une multitude de séquences sont filmées caméra épaule donnant un déséquilibre quasi permanent à notre point de vue. Une décision qui nous donne l’impression d’être bien plus proche de l’action, et de ce que subissent les personnages. En outre cette technique rappelle aussi une certaine mise en scène à la manière d’un reportage, un côté très immersif s’en dégage. Mais au-delà de ça, BIGELOW ne reste pas uniquement contemplatrice de ce qu’il se passe mais fait parfois le choix de nous montrer ou de ne pas nous montrer certains éléments afin de donner une dimension bien plus travaillée au scénario écrit par Mark BOAL. Le montage nous permet également à plusieurs reprises de voir ce qui semble être de réelles vidéos et images d’archives des délits commis en ce mois de juillet. Un plus qui est appréciable et nous rappelle simplement que tout ça n’est pas (que) de la fiction.

Detroit film critique avec du recul blog avitique
BIGELOW mène son film du main de maître.

D’autre part, qui dit afro-américain, dit souvent musique. La bande-son de Detroit prend sa source en premier lieu dans l’histoire du film puisque nous suivons les débuts du groupe The Dramatics puisqu’originaire de Detroit. Les musiques originales sont composées par l’incontournable James NEWTON HOWARD (The Dark Knight, Les Animaux Fantastiques, Hunger Games, Incassable, Pretty Woman, Je suis une légende …), mais ce sont surtout des morceaux de blues et de soul qui accompagnent le long-métrage. Martha and the Vandellas, John Coltrane, The Devotions, Marvin Gaye... nos oreilles sont donc entre de bonnes-mains tout au long du film et il est même possible de découvrir un morceau d’un des acteurs du film : Algee SMITH (– Larry Reed).

Detroit film critique avec du recul blog avitique
La violence est une torture autant psychologique que physique.

Pour en finir côté sonore, le film est souvent bruyant en raison de l’atmosphère quasi apocalyptique qui règne dans la ville. Mais cette ambiance qui n’est évidemment pas des plus rassurantes donne encore plus de cachet au cadre dans lequel évolue les protagonistes.

Côté casting, Will POULTER déjà vu dans la saga Le Labyrinthe et Narnia 3, est le personnage le plus fascinant et affreusement génial de l’histoire. Principal « antagoniste » du film, il incarne un membre de la police raciste au plus haut point mais également sadique et psychopathe. Génialissime dans ce rôle troublant, POULTER doit désormais aller chercher bien plus loin dans le choix de ses rôles et délaissés les Teenage movies à d’autres. En revanche l’acteur le plus bancable du film en la personne de John BOYEGA, est assez transparent. Le rôle de son personnage dans l’histoire est compréhensible mais je dois bien avouer que je l’ai trouvé assez passif dans son jeu et sans grand intérêt. Dommage car on voit facilement ou l’histoire veut en venir avec lui, mais dans les faits… bof.

affiche Detroit film critique avec du recul blog avitique
Will POULTER – Philip Krauss – campe un personnage atroce de la plus brillante des manières.

Enfin, bien que la fin nous précise certaines données historiques – en nous expliquant par exemple que l’histoire a été partiellement romancée en raison du manque d’information – Elle ne nous précise pas de quelle manière les informations connues à jour ont été divulguées. Enquête menée à posteriori ? Témoignages, révélations de certaines victimes … ? On ne sait pas.

SPOILER ZONE
Si l’incompréhension (prévisible) du jeune policier face aux ordres de Philip Krauss (Will POULTER) donne lieu à un homicide effroyable, le film nous montre que les hommes cherchent désespérément une excuse pour justifier ce meurtre… Mais ce n’est pas du tout le cas lorsque Krauss tue à son tour à bout portant l’un des membres du groupe lorsqu’il permet aux otages de s’échapper. Un peu incohérent…
OVER

Detroit film critique avec du recul blog avitique
La musique du film est une échappatoire pour les personnages comme pour le public.

 

AVEC DU RECUL …
Detroit est un film bouleversant qu’il n’est pas facile de regarder sans réagir. Une spectatrice a même quitté la salle en cours de séance. La violence psychologique qui y est perceptible est assez effroyable mais fait de ce film une belle réussite. Sans tomber dans le piège de la violence gratuite, Kathryn BIGELOW sait s’arrêter et doser ses scènes choquantes. Si ces événements ce sont déroules il y a 50 ans, il est clair que la violence liée au racisme, bien que moins impunies et répandues, reste un fléau toujours très présent aux Etats-Unis et dans le monde, à l’image des affrontements de Charlottesville en août 2017. Événements longtemps couvert par les médias, ce genre de film est « totalement nécessaire » comme l’écrit le Los Angeles Times, et de la plus grande importance pour faire avancer les mentalités à ce sujet.

note Detroit film critique avec du recul blog avitique

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)