PREAMBULE : Cet avitique ne contient pas de partie spoiler, tu peux lire tranquille …

EN BREF :
La première fois que j’ai entendu parler de ce projet je ne te cache pas mon énorme OULAAAA vis-à-vis de cette comédie. Le cinéma humoristique prônant la cohésion sociale et la tolérance à toujours séduit dans l’hexagone, il n’y qu’a regardé les succès colossaux de Bienvenue chez les Ch’tis ou Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? Et justement, depuis 2014 et la sortie du film de Philippe de CHAUVERON, (dont la suite prévue pour fin 2018 n’est pas forcément une bonne nouvelle…) je trouve que le concept a fait son temps et qu’il est difficile de faire rire ou d’apporter du neuf là-dedans, tout du moins avec les thématiques actuelles. Bien sûr c’est un peu paradoxal car au fond, ce genre de message et de comédie sont ce qu’il y a de plus intemporel, mais c’est aussi quelque chose de très périlleux, particulièrement en France. Bravo donc à M. Fabrice EBOUÉ pour avoir relevé le défi d’écrire ce genre de scénario. Reste à savoir s’il est réussi …

Coexister film critique avec du recul avitique
Le titre sur l’affiche du film n’est pas des plus attrayant, un vrai logo du groupe aurait été plus plaisant je trouve.


LE PITCH :
Mise à l’épreuve par sa directrice, Nicolas, producteur, va devoir former le nouveau groupe capable de remplir un Olympia. À court d’idée, il en vient à lancer l’idée originale de rassembler un imam, un curé et un rabbin dans un groupe chantant le vivre ensemble. Bien entendu, si l’idée de coexister est facile à dire et à chanter, elle est bien plus délicate à respecter.

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Il va sans dire qu’au vu des 10 premières minutes de Coexister, j’ai eu très, très peur, quant à ce que j’allai voir. Plans caméras épaule désagréables, blagues d’une lourdeur assez déconcertante pour une mise en situation… Bref, voyons le côté positif, Coexister démarre au plus bas niveau et ne pouvait que faire mieux par la suite.

Coexister film critique avec du recul avitique
Audrey LAMY nous fait à nouveau preuve de ses talents de comédienne.

C’est en effet plus ou moins ce qu’il s’est produit malgré que l’histoire ne possède aucun rebondissement, aucune surprise, du début à la fin. De la chute d’un personnage à la résolution évidente de leurs problématiques en passant par environ 75% des vannes, tout est prévisible.

Coexister film critique avec du recul avitique
Le mythomane le plus connu d’internet, Jonathan COHEN, est génial avec un personnage qui est au passage, plus profond que tous les autres.

Mais alors ce film est une vraie daube mon ami ?! Penses-tu derrière ton écran, et bien heureusement pour nous tous, Fabrice EBOUE évite tout de même le pire. Ce n’est évidemment pas par les répliques et dialogues souvent bateau sur les guéguerres de religions qu’il sauve son film, mais sans surprise grâce à son casting. Que dire d’Audrey LAMY qui vole la vedette à tous les autres acteurs dès qu’elle est présente dans une scène. Comme un poisson dans l’eau avec ce genre de rôle, LAMY s’éclate à nous montrer ses multiples mimiques et grimaces qui font de son personnage l’un des deux plus attachant de l’histoire à mon goût. Alors diable ! Qui peut bien être le second ? Et bien nul autre que ce plaisantin de Guillaume de TONQUEDEC. Déjà fan à 100% de ce comédien depuis Fait pas ci, fait pas ça, le retrouver ici est un vrai plaisir. Le rôle du curé lui va comme un gant, et pour le coup ses répliques sont souvent les plus élaborés et celles que j’ai préférées. Enfin comment ne pas faire mention de l’excellent Jonathan COHEN qui nous livre une prestation mémorable d’un imam dépressif, magique.

Coexister film critique avec du recul avitique
Le scénario et les vannes sont bien trop conventionnelles et prévisibles.

Dans le reste du casting, Fabrice EBOUE et Ramzi sont plutôt bon mais ne peuvent que s’effacer face aux trois noms précédemment cités. Malgré tout son charme dans le petit rôle de la femme de Nicolas, Amelle CHAHBI nous propose une prestation tantôt digne d’un parfait amateur, tantôt 100x exagérée pour la situation. Le juste-milieu semblait difficile à trouver.

Péché inavouable ou pas, à vous de voir, mais je suis plutôt séduit par les quelques chansons du groupe présent dans le film composé par Guillaume ROUSSEL (également à l’œuvre sur HHhH). Complètement fan de « savoir aimer » à l’origine, cette version second degré est très réussi et je regrette presque qu’il n’y est pas eu plus de reprises de ce style. Un manque qui s’explique certainement par le tout petit budget de la production (<10 M€). Par ailleurs, les scènes de concert du groupe ne sont pas vraiment crédibles. Un public de jeunes adultes complètement fan du groupe religieux, créant une ambiance digne d’un concert des One Direction… Faut pas pousser non plus.

Coexister film critique avec du recul avitique
Le clip de « savoir aimer » est tout simplement ma séquence favorite.

Enfin, quelques mots sur la réalisation de Fabrice EBOUE qui fait par moment preuve de sa bonne volonté dans son film (plutôt logique je te l’accorde, personne ne veut faire un navet à la base). On remarque par exemple la symbolique de la tentation et du diable que représente Sabrina (Audrey LAMY) lorsqu’elle est tout de rouge vêtue, ou encore un montage en cut très dynamique et plutôt sympa où s’entremêle plusieurs scènes lors d’une séquence « explosive » pour chacun des personnages.

Coexister film critique avec du recul avitique
Les 3 acteurs choisis pour les 3 protagonistes sont sans aucun un pari gagnant.


AVEC DU RECUL …
S’il fallait donner un mot pour Coexister, je choisirai indéniablement sans surprise. Bon ok y en a deux, mais fait pas le relou. Prévisible dans le moindre de ses rebondissements, pour une grande partie de ses situations comiques, et de son histoire, le film de Fabrice EBOUÉ ne déçoit néanmoins pas du tout avec un bon casting qui colle parfaitement aux personnages. Si le réalisateur prenait des risques en réalisant ce genre de film, il n’en prend en revanche pas assez dans ses textes et son histoire pour nous proposer un film mémorable à l’image de la référence en la matière : Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu. En dépit d’une fin avec une chute totalement nulle et bidon, je retiendrai en somme un trio LAMY – TONQUEDEC – COHEN vraiment au-dessus, ainsi que les morceaux du groupe Coexister qui m’ont, je l’avoue, bien fait rire.

note Coexister film critique avec du recul avitique

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)