PREAMBULE : Cet avitique comprend une partie analyse de l’histoire, et donc spoiler… dans le paragraphe intitulé « ANALYSE & SPOILER ZONE ». Si tu souhaites l’éviter, descends jusqu’au « OVER » situé quelques lignes plus bas pour reprendre la lecture.

EN BREF :
J’ai découvert Darren ARONOFSKI au travers de Black Swan en 2011, un film plus qu’intriguant quand on le regarde à 14 ans. En 2014, l’américain est de retour avec une adaptation de Noé dans un film aux thématiques très religieuses. Aujourd’hui c’est en présentant Mother ! qu’il nous revient . Avec sa compagne Jennifer LAWRENCE ainsi que Javier BARDEM dans les rôles principaux, le film aux allures de thriller est en réalité une œuvre bien plus inclassable que cela. S’il divise grandement le public sur internet, quand est-il de mon point de vue ?

Mother! critique explication analyse avec du recul avitique
La position et le regard de J.LAWRENCE est tout sauf anodin.

LE PITCH
Mother ! nous raconte l’histoire d’un couple où Lui est un poète célèbre et Elle, sa femme aux petits soins de son mari dans leur magnifique maison en fin de reconstruction. Alors qu’il fait face à la feuille blanche depuis des mois, leur vie paisible va être perturbée par l’arrivée d’une succession d’invités aux attitudes plus qu’étranges.


ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Avec une campagne promotionnelle assez forte, le film attirera sans nul doute bon nombre de spectateurs en quête de frissons devant ce nouveau « thriller horrifique ». Ce fut d’ailleurs le cas dans ma salle où un groupe de 7-8 jeunes lycéens et lycéennes venaient passer leur mercredi après-midi. Mother ! n’est en aucun cas un film du type Conjuring, Insidious ou Ça qui sort la semaine prochaine. Avec un réalisateur comme ARONOFSKI, le film n’a évidemment pas du tout les mêmes ambitions.

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Le film n’ai pas un scary-movie destiné à nous faire frémir, mais plutôt réfléchir.

Si le début du film est long à démarrer, la fin de celui-ci en choquera plus d’un tellement la violence et les images véhiculées sont difficilement supportables. Le climax du film est donc amplifié par une empathie envers Elle qui se renforce tout au long de l’histoire par l’intermédiaire des épreuves qu’elle va traverser. Jennifer LAWRENCE est le personnage principal de l’histoire, principal au sens le plus juste puisqu’elle est présente dans chaque scène du long-métrage. Nous suivons son point de vue, ses déplacements, ses réactions du début à la fin sans jamais la quitter (Hormis pour quelques plans très particuliers). Un choix qui nous lie à l’histoire de cette femme, renforcé par la réalisation de d’ARONOFSKI. En effet, nous suivons ces faits et gestes par l’intermédiaire de très gros plan sur son visage à de très nombreuses reprises dans le film. En étant aussi proche d’elle, nous partageons même parfois son regard avec quelques brèves séquences ou voyons directement ce qu’elle voit.

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Les très gros plans sur Elle nous font partagé toutes les émotions par lesquelles elle passe.

Au-delà de presque ne faire qu’un avec la protagoniste, le gros travail sur le son accentue ce rapprochement avec elle. Je m’explique : tout au long de l’histoire de nombreux chocs, coups, craquements, grincements, éclats et autres bruits sont audibles d’une manière très forte à laquelle se rajoute régulièrement un écho. L’effet produit est alors désagréable et nous donne rapidement la sensation de mal-être qu’éprouve Elle. De surcroît, la présence de plans-séquences lorsqu’elle cherche à trouver son mari par exemple tend à nous évoquer le même genre de sensation ainsi que la solitude qu’elle éprouve.

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Elle ne fait en quelque sorte qu’un avec sa maison.

L’arrivée du couple interprété par Michelle PFEIFFER et Ed HARRIS dans leur vie va ainsi complètement chambouler Elle. Sans aucune gêne et avec une courtoisie qui laisse à désirer, ils vont véritablement envahir l’espace du couple avec leurs histoires personnelles sans que cela ne dérange vraiment Lui pour une raison qu’il explique à sa femme. Une raison qui peut se comprendre, mais reste un peu exagérée à partir d’un certain niveau. Le manque de reconnaissance de la part des invités et de son mari va donc l’insupporté de plus en plus, au même titre que j’ai trouvé ça insupportable et plus que désagréable pour elle. En partageant toute sa vie, nous partageons également son impuissance face à cette situation et son envie croissante de hurler pour que tout rentre dans l’ordre… Parce qu’il faut le dire, ce qu’elle vit est atroce dès le début et ne fera que s’accentuer jusqu’à un point où l’histoire nous mène dans un autre délire…


ANALYSE & SPOILER ZONE


Si depuis le début je ne fais que parler d’Elle et de Lui c’est parce qu’aucun personnage dans l’histoire ne possède un nom. ARONOFSKI nous présente en réalité des symboles par le biais de ses différents protagonistes et antagonistes. Elle, représente la vie, la mère de toutes choses, puisqu’elle redonne vie à la maison et représente également sa maison, elle est aussi la source d’inspiration pour Lui et donnera la vie au sens propre. Lui est le créateur, l’artiste (poète) et donc en quelques sortes Dieu… Quant au couple qui intervient pour tout chambouler dans la maison, il peut s’apparenter à celui d’Adam et Ève, les créations de dieu. En effet, ces derniers sont des fans du poète et désiraient ardemment le rencontrer, tout du moins surtout le personnage de HARRIS. Puis vient l’arrivé de leurs enfants qui s’entretuent pour une histoire d’héritage. À nouveau on peut les assimiler aux enfants du couple du Jardin d’Eden, Abel et Caïn, ou ce dernier tuait effectivement son petit frère dans le récit biblique.

Je te rassure, ces interprétations ne sont pas de moi à 100%. J’avais néanmoins saisi la personnalisation de la création divine et de la mère de toutes choses, mais la connotation des deux frères ne peut être saisi que par ceux possédant une bonne connaissance de la Bible. Le film en cela est ainsi peut-être un peu trop complexe et demande une deuxième lecture un peu trop poussée pour le public, quand bien même on arrive à en saisir le sens en partie comme ce fut le cas pour moi.

Le film est un huis clos puisque tout se passe dans la maison, qui pourrait ainsi représenter la Terre, créée par la vie (donc Elle, puisqu’elle a reconstruit la maison de ses mains). L’arrivée du couple Adam & Ève va alors tout perturber en détruisant entre autres l’objet auquel ils ne devaient absolument pas toucher d’après Lui/Dieu, –> soit le fruit défendu ?

Mother! critique explication analyse avec du recul avitique
Nous suivons le moindre déplacement du personnage et découvrons ainsi les événements en même temps qu’elle.

Au delà de tout cela, ARONOFSKI nous dépeint le créateur/l’artiste comme un être qui se doit de partager ses créations, qui se doit de partager tout ce qu’il créer avec ses fans puisque c’est grâce à eux qu’il est ce qu’il est. Un sens du partage qui va atteindre un point inconcevable à la fin du film. Paradoxalement, le créateur/l’artiste symbolisé par Lui, est très égoïste et ne pense qu’a ses créations ainsi qu’à la reconnaissance qui en découle, ce qui fait qu’il délaisse totalement sa femme.

Délaissée par son mari qui comme elle le dit, « ne l’aime pas, mais ne l’aime que parce qu’elle l’aime », à l’image de ses fans… Ignorée et irrespectée par les invitées qui déambulent dans sa propre maison, (comme les Hommes sur la Terre qui n’écoute pas les avertissements qu’elle leur fait – ex : Catastrophes naturelles) … Elle va donc décider de tout détruire, de tout effacer au vue de l’échec de sa création – A l’instar du déluge de Noé pour faire un clin d’œil au précédent film du réalisateur.

ARONOFSKI nous montre dans les dernières scènes, un élément qui bien que prévisible, représente le cycle de la vie. Une fois que tout est détruit et réduit à néant, l’Homme recommence… pour en arriver sûrement une énième fois au même point – Guerre mondiale, tsunami, tremblement de terre etc.

END


Mother! critique explication analyse avec du recul avitique
Il est assez facile d’imaginer ce qu’Elle ressent tant ses épreuves sont douloureuses et paradoxalement inconcevables …

AVEC DU RECUL …
Mother !est un film qui est intéressant à suivre pour ses thématiques et les dénonciations macabres que fait son auteur. Presque ennuyant dans sa première partie, la réalisation maintient le navire à flot notamment avec l’excellent travail sonore qui donne un résultat déstabilisant à souhait. Nous sommes vraiment perturbés par ce que vie Elle, et nous partageons sa peine et sa souffrance face aux événements. C’est SA maison, c’est SON mari, C’est SON (voit le film et tu sauras). Aucun de nous n’aurait envie de partager ou d’exhiber tout cela avec des inconnus. En outre, non le film ne fait pas peur, mais il nous effraie au plus profond de nous-mêmes en atteignant des valeurs, des symboles qui sont ancrés dans notre éducation et nos principes. Enfin, bien que cela reste cohérent dans l’ensemble, le film aborde tellement de thématiques qu’il en devient complexe de tout interpréter et tout comprendre du premier coup. De ce fait, certains éléments restent inexpliqués et encore flous. En somme, il est très difficile de savoir ce que je pense de ce film qui m’a au fond choqué en voyant jusqu’où ARONOFSKI a poussé ses idées, mais ne m’a pas non plus transcendé en soi. LAWRENCE a déclaré ne plus vouloir jouer dans ce genre de film avant au moins 30 ans… Tu m’étonnes.

note Mother! critique explication analyse avec du recul avitique

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)