PRÉAMBULE : Qu’est ce qu’un ADR ? Signification : Avec du retard. Il s’agit d’une catégorie d’article (autre que mes avitiques) qui a pour but de traiter des films sortis en salle depuis un certain temps, et que je n’ai pu voir lors de leurs sorties. Voici donc l’ADR, qui est en quelque sorte un mini-avitique, où je te propose mon avis sur des films que j’avais à cœur de visionner et commenter …

Affiche The search critique avec du recul Hazanavicius avitique


C’EST QUOI TON EXCUSE ?
Outre le fait qu’il soit passé quasiment inaperçue aux yeux du grand public, The Search est sorti en novembre 2014 et mon assiduité aux salles obscures était bien évidemment bien plus faible à l’époque. Par ailleurs sa nomination à la sélection officielle du Festival de Cannes de cette même année place le film dans un genre qui évidemment ne s’adresse pas au grand public, du moins aux premiers abords. Ayant plutôt apprécié The Artist, fan des OSS117, ainsi qu’à l’approche de son nouveau film, j’avais pour volonté de découvrir The Search de Michel HAZANAVICIUS.

VERDICT ?
Se déroulant au tout début de la seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009), l’histoire de The Search nous fait suivre les péripéties de 4 personnages tous en lien plus ou moins direct avec la guerre. Le premier de ces 3 est un jeune garçon du nom de Hadji (Abdul Khalim MAMUTSIEV). Âgé de 9 ans, il va devoir se débrouiller seul après avoir vu ses parents se faire tuer, jusqu’à ce qu’il rencontre Carole (Bérénice BEJO). Cette dernière est militante pour les droits de l’homme et rédige un rapport pour tenter d’informer le monde de ces événements ignorés de tous, ou presque. Alors que ces 2 premiers protagonistes voient leur chemin se croiser, la sœur aînée du petit Hadji (Zukhra DUISHVILI) tente désespérément de retrouver sa trace. Enfin, le dernier personnage se situe dans le camp russe, et n’est autre qu’un jeune soldat enrôlé par l’armée en vue de gagner cette guerre (Maxim EMELIANOV).

The search critique avec du recul Hazanavicius avitique
Le jeune garçon est impressionnant, bravo au réalisateur qui a su l’amené à un tel niveau d’implication.

4 Histoires (ou 3 lorsqu’Hadji et Carole se rencontrent) qui s’enchaînent d’une manière plutôt fluide et pas vraiment compliquée contrairement à ce que l’on pourrait croire. Bien que l’on se demande où HAZANAVICIUS veut en venir au début, on comprend assez vite l’intérêt de ces différents points de vue, en particulier l’opposition soldat Russe/victime tchétchène qui est la plus intéressante. Un procédé similaire à celui reconnaissable dans HHhH.

The search critique avec du recul Hazanavicius avitique
Bien qu’elle soit en marge du film, l’histoire de l’évolution du personnage russe est assez aussi intéressante que perturbante.

Commençons tout d’abord avec la plus grosse claque du film en la personne du jeune « acteur » Abdul Khalim MAMUTSIEV – Hadji. Ce gamin simplement casté parmi 400 enfants dans les écoles en Géorgie (lieu de tournage du film) est un petit prodige. D’une simplicité et d’une authenticité déconcertante, l’interprète d’Hadji est sidérant dans sa facilité à transmettre ses émotions la plupart du temps sans prononcer le moindre mot. La performance du soldat russe, Kolia, est également remarquable de par l’évolution du jeu de l’acteur en lien avec le développement marquant de son personnage.

The search critique avec du recul Hazanavicius avitique
Avec 5 langues différentes sur ses plateaux, HAZANAVICIUS a dû s’armer de patience pour arriver à ses faims.

A contrario, bien que cela soit une volonté de sa part en installant une distance et une froideur dans son jeu, j’ai trouvé Bérénice BEJO en sur-jeu dans toute la première moitié du long-métrage. Certes, l’exercice est complexe dans une situation où elle doit s’adresser à un enfant qui ne dit pas un mot. Au final, c’est indéniablement ce dernier qui s’en sort le mieux et de loin. À chercher une relation neutre avec le garçon pour son personnage, elle prend soudainement l’apparence d’une « novice » aux répliques souvent bateaux…

The search critique avec du recul Hazanavicius avitique
Malgré tout l’amour que je porte à l’épouse du réalisateur, sa performance est loin d’être la plus réussie pour la franco-argentine.

D’un point de vue plus général, Michel HAZANAVICIUS cherche au travers de son film à se rapprocher quasiment au plus près d’un reportage, tout en étant bel et bien un film. Ainsi aucune bande son n’est audible, la caméra épaule est utilisé la plupart du temps et une teinte grisâtre vient ternir l’image continuellement. Le tout cumulé donne sans aucun problème l’impression d’un reportage réalisé en pleine action. Un effet que je salue puisque je l’ai trouvé plutôt esthétique et immersif.

Néanmoins, et c’est là que ça coince, un reportage a pour objectif primaire de rapporter des faits, sans aucune dimension émotionnelle. Bien que cela soit discutable face à certains reportages de nos jours, le principe de base d’un reportage n’est pas de faire pleurer ou rire, aimer ou détester, mais simplement de nous expliquer. Tandis qu’un film nous raconte une histoire, avec des personnages mises en scène, où rien n’est laissé au hasard et tout est dirigé pour amener le spectateur à réagir et partager ce que traverse le personnage. Dans The Search, l’aspect reportage prend le dessus sur la narration, créant alors une sorte de distance entre l’histoire touchante des personnages et nous derrière l’écran. Parce que oui, l’histoire du film reste belle à suivre.

The search critique avec du recul Hazanavicius avitique
Le film est tourné à 99% en décors réels avec de vrais « accessoires ». A l’image de ces chars ci-dessus. Impressionant.

A sa décharge, l’objectif pour le réalisateur français n’était pas, je pense, de nous faire pleurer à chaudes larmes, mais de nous faire prendre conscience de ce conflit et de ce qu’il en est. De plus le traitement d’un soldat russe nous montre également que cette guerre fut source de choses horrible d’un côté… Comme de l’autre. En parallèle, il cherche également à nous faire comprendre au travers du film que : dans un peuple en guerre tchétchène (ou autre d’ailleurs) ou dans l’armée russe (ou autre d’ailleurs), ce ne sont jamais que des êtres Humains qui se retrouvent dans cette situation sans jamais l’avoir demandé. La vie de ces millions de personnes est transformée à jamais, voire détruite. Le tout en raison d’un petit groupe de dirigeant aux idéaux monstrueux apparaissant parfois comme gages de solutions à certains autres…

 

EN SOMME, The Search n’a absolument pas fonctionné pour son auteur et bien que le film ne soit pas fantastique, il aurait quand même mérité une reconnaissance à la hauteur de son travail énorme (moyens techniques mobilisés, humains, financiers …). Séduisant dans le traitement de l’histoire en abordant les deux camps, le film reste malgré cela bancale avec une histoire touchante, mais qui ne m’a pas vraiment ému. SPOIL : exemple avec la scène de retrouvailles qui est d’une telle simplicité … Alors que c’est quelque part le moment le plus important de l’histoire ! Mention spéciale pour finir au plan-séquence caméra épaule en plein champ de bataille qui impose son style, ainsi qu’à certains plans larges magnifiques. The Search n’est donc certainement pas la plus belle réussite de M. HAZANAVICIUS qui va tenter de rebondir très bientôt avec un film plus léger sur la vie de J.L GODARD …

MA NOTE : 5,5/10

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(Pour rappel, mon ADR est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)