PRÉAMBULE : Qu’est ce qu’un ADR ? Signification : Avec du retard. Il s’agit d’une catégorie d’article (autre que mes avitiques) qui a pour but de traiter des films sortis en salle depuis un certain temps, et que je n’ai pu voir lors de leurs sorties. Voici donc l’ADR, qui est en quelque sorte un mini-avitique, où je te propose mon avis sur des films que j’avais à cœur de visionner et commenter …

 

Imitation Game affiche critique avec du recul blog avitique
Sorti (depuis) le 28/01/2015

C’EST QUOI TON EXCUSE ?
Sorti sur nos écrans français en janvier 2015, Imitation Game m’avait déjà à l’époque attiré l’œil pour son casting et son histoire à première vue incroyable. 8 fois nominé aux Oscars, (pour un remporté – Meilleur scénario adapté) il ne faisait aucun doute que je me devais de voir le film de Morten TYLDUM (Passengers). Mais fréquentant les salles de cinéma beaucoup moins assidûment qu’aujourd’hui, je n’avais pas eu l’occasion de découvrir la vie d’Alan Turing.

VERDICT ?
Aficionado des films traitant de grands personnages de notre histoire, la 2nd Guerre Mondiale a bien évidemment un nombre incalculable de héros dont l’histoire nous laisse … sur le cul, clairement. Pour faire court, Imitation Game retrace la vie d’un mathématicien britannique brillant du nom d’Alan Turing. Travaillant avec son équipe pour le gouvernement de Sa Majesté dans le plus grand des secrets, Turing et ses 5 collaborateurs ont pour objectif de casser Enigma. Une machine de cryptage électromécanique réputée inviolable, utilisée à l’époque par les Nazis afin de communiquer par messages codés.

Imitation Game critique avec du recul blog avitique
L’équipe est intéressante à suivre et les relations qu’ils tissent le sont tout autant.

Le film aborde différentes thématiques toutes plus intéressantes les unes que les autres. La capacité de penser est-elle propre à un être humain ? ou une machine peut-elle penser aussi ? A partir de cette différence Homme vs Machine, se rattache d’autres questionnements tout aussi intéressants et subtiles. La différence est-elle une source tangible pour justifier l’exclusion ? En apparence cela concerne la machine d’Alan. N’étant pas un être humain, et donc en capacité de penser, elle ne pourrait résoudre ce problème.

Imitation Game critique avec du recul blog avitique
La relation très particulière entre Alan (Benedict CUMBERBATCH) et Joan (Keira Benedict CUMBERBATCH et Keira KNIGHTLEY) est vraiment originale et honnête.

Au-delà de ça, Alan est homosexuel. Une nature qui dans les années 40 était toujours punie de licenciement, prison, castration chimique voire d’exécution atroce. A ce propos l’histoire ne fait pas l’apologie de l’homosexualité et traite cela comme une banalité. Une sorte de normalité pour le mathématicien sur laquelle le film ne juge pas important de s’attarder. TYLDUM et son scénariste Graham MOORE ne cherchent pas à nous montrer une scène explicite où Alan nous exposerait son goût pour les hommes, cela se comprend de manière subtil et poétique lors des différents flashbacks sur son enfance. C’est intelligent, et ça fonctionne.

Imitation Game critique avec du recul blog avitique
Benedict CUMBERBATCH est tout simplement excellent dans son rôle.

Alan rejoint ainsi la position dans laquelle se trouve sa machine à laquelle il tient tant. Différent de la plupart des êtres pensants autour de lui, parce qu’elle est faite de cuivre et d’acier pour l’une et qu’il n’aimera jamais les femmes pour l’autre, ils n’en restent pas moins brillants et capables de grandes choses.
Ainsi, le film nous montre tout au long de ses 1h55 d’images que la Différence n’a rien de rédhibitoire et qu’en bien des aspects elle peut-être surprenante. Une phrase est d’ailleurs répétée à plusieurs reprises pour appuyer également le fait que les apparences sont souvent trompeuses.

« Parfois ce sont les personnes qu’on imagine capable de rien qui font les choses que personne n’aurait imaginé … »

Dans le rôle titre, Benedict CUMBERBATCH est impressionnant et (sans savoir si l’homme était réellement comme ça…) nous livre une prestation saisissante d’authenticité avec un personnage aussi sûr de ses capacités que déstabilisé face à l’utilisation du langage et de ses subtilités. Effectivement Imitation Game aborde aussi la thématique de la parole et de l’art qui lui est propre. Car si l’expert en mot croisés brille avec les chiffres, il ne comprend que difficilement l’utilisation réfléchie des mots. Cela donne d’ailleurs lieu à des scènes cocasses où il ne passe pas par 4 chemins pour dire ce qu’il pense et expose toujours de manière crue ses idées. Ne comprenant pas pourquoi le sous-entendu existe et à quoi bon s’en servir lorsqu’on peut dire la chose telle quelle, il est évident qu’il est loin d’être utilisateur des principes de courtoisie. Le paradoxe connu du génie des maths mal à l’aise avec la compagnie est donc visible chez Alan mais le film ne le traite pas de manière clichée. C’est surtout grâce à la prestation de CUMBERBATCH que cela ne sonne pas comme trop niais mais bien comme une personnalité aussi complexe que sa machine.

Imitation Game critique avec du recul blog avitique
Chaque personnage apporte un plus à l’histoire.

Pour finir, certains plans larges sont plutôt beaux à voir et la course contre le temps que mène l’équipe nous est habilement montrée au travers d’images authentiques de guerre en noir et blanc. Elles suffisent à nous faire comprendre que chaque jour sans décoder les messages, de nouveaux soldats et plus innocents meurs. Cela rend ainsi inutile l’évocation de cette tragédie plus d’une fois pour les protagonistes, et l’effet bien plus marquant que les mots.

 

EN SOMME, Imitation Game nous tient en haleine du début à la fin. Grâce aux personnages autant intéressants dans leurs personnalités que dans leurs relations entre eux, le film de Morten TYLDUM est (ce n’est pas vraiment une nouvelle surprenante) une réussite de bout en bout. Accompagné d’un beau travail musical d’Alexandre DESPLATS, Benedict CUMBERBATCH et Keira KNIGHTLEY forme un duo fantastique à voir en raison d’un lien si particulier qui se créer entre eux et que l’on ne voit que très peu au cinéma. Malgré quelques séquences qui auraient méritées davantage d’explications, les thématiques abordées par le film à l’image de la différence et de la parole, sont traitées avec intelligence et d’une bien belle manière qui nous amènent à réfléchir. Au-delà du long-métrage, l’histoire d’Alan TURING est donc trop extraordinaire pour passer à côté et doit ainsi être entendue, vue ou lue.

MA NOTE :  9/10

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(Pour rappel, mon ADR est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)