PREAMBULE : Cet avitique ne comprend aucune partie spoiler. Tu peux te détendre…

EN BREF :
Réalisé par Cédric JIMENEZ (La French), HHhH est adapté du roman de Laurent BINET paru en 2010 et récompensé du titre de « meilleur premier roman » au prix Goncourt. Possédant un titre particulier, il est nécessaire d’en connaitre la signification avant d’aller voir le film. HHhH est l’acronyme de « Himmlers Hirn heißt Heydrich », soit « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Un titre mystérieux au départ mais très bien choisi lorsque l’on en sait un peu plus. Dans le rôle principal, JIMENEZ a fait appel à Jason CLARKE (La planète des singes : l’affrontement – Terminator : Genisys) puis à Rosamund PIKE (Orgueil et préjugés – Gone Girl) pour jouer sa femme. On retrouve aussi Jack O’CONNELL (Skins), Jack REYNOR (Transformers 4), Mia WASIKOWSKA (Alice dans Alice au pays des merveilles 1 & 2) et une petite apparition de notre frenchy Gilles LELLOUCHE.

Sous l’impulsion de sa femme Lina, Reinhard Heydrich développe une passion pour les idéaux nazis et devient très vite le bras droit du dirigeant de la SS Heinrich Himmler. Nommé par Hitler au protectorat de Bohême-Moravie en Tchécoslovaquie (entité politique installée pour assurer le gouvernement des territoires), Heydrich est en charge de définir un plan d’organisation pour la solution finale. Dans un tout autre environnement, deux résistants, Tchèque et slovaque, venus de Londres, ont pour mission d’éliminer l’un des hommes les plus dangereux du régime : Reinhard Heydrich.

HHhH critique avitique avec du recul
Une très belle affiche.

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
La première moitié du film se concentre sur l’évolution d’Heydrich au sein du parti et de l’organisation Nazi. L’homme au cœur de fer, comme il est surnommé, nous apparait comme un être ni sympathique …ni antipathique. Il aime fortement les femmes et les plaisirs qui lui sont liés tout en étant dévoué corps et âme à la cause d’Hitler. Lorsque dans une scène, Heydrich entretien un intense rapport sexuel avec sa compagne, il est plutôt amusant de voir que la scène qui suit avec un simple cut, est le gros plan d’un salut fasciste. Voir un bras se lever soudainement, comme le faisait l’organe reproducteur masculin dans la scène d’avant… Le plaisir charnel était-il aussi fort pour lui que celui de fêter l’élection d’Hitler au poste de chancelier ? Une analogie peut-être un peu saugrenue je te l’accorde, mais qui a le mérite d’être soulevée !

HHhH critique avitique avec du recul
Jason CLARKE est très convainquant.

En somme, l’individu est intéressant à suivre lors de sa montée en grade tant que le film ne nous présente pas les résistants. En effet dans cette première partie, JIMENEZ nous dévoile l’homme et ses convictions d’une manière objective sans porter de jugement. Traitement qui rend le personnage d’autant plus intéressant et en quelque sorte, fascinant, de par sa froideur et sa cruauté. Ces traits de caractère qui ont fait de lui l’homme si craint qu’il était, sont renforcé par les scènes atroces où les Juifs se font fusiller tour à tour. La pitié et l’espoir n’existent pas sous ses ordres. On le voit lors d’une scène où une lignée de Juif sont abattu d’une balle dans le dos. Un soldat ne peut faire feu sur sa cible et il est désormais seul en vie devant les corps de ses amis. Un moment en suspens car on ne sait pas ce qu’il va se passer pour lui, ni comment va réagir Heydrich face au problème de fusil de son soldat …

HHhH critique avitique avec du recul
Lina aurait mérité un rôle plus important.

Je regrette que sa femme, Lina, ne soit pas davantage mise en avant (chose que doit faire le roman c’est quasi sûr). Elle joue en effet un rôle majeur dans la construction du personnage et n’est réduite qu’à un rôle très secondaire passé le 1er tiers de l’histoire. Quelques scènes la présentent à nouveau pour nous montrer qu’elle supporte difficilement le rôle si important de son bien-aimé, mais il est déductible que JIMENEZ ne pouvait pas en dire plus à son sujet par simple manque de temps.

HHhH critique avitique avec du recul
Certaines scènes font froid dans le dos.

Par ailleurs, si j’avais lu que des internautes louaient le film sur sa capacité à ne pas prendre parti pour un des deux camps (Heydrich ou les Résistants) … Je trouve que ce n’est pas du tout le cas. Au contraire…

En effet la seconde partie du film se concentre sur l’arrivée des Résistants en Tchécoslovaquie et la planification de leur projet d’assassinat. Ainsi à partir de ce moment-là, Heydrich est clairement la cible de ces « nouveaux héros » et le traitement de ces résistants nous pousse à nous identifier à eux. Donc à nous éloigner de plus en plus de l’allemand. Néanmoins je trouve cette prise de position louable et dérangeante en même temps : Car pourquoi Heydrich ne subit pas le même traitement que les Résistants ? Est-ce un choix volontaire du réalisateur ou est-ce parce que l’homme était comme tel et donc il est normal de le découvrir comme ça. Je miserai sur la deuxième option, qui rend ainsi le film vraiment appréciable.

HHhH critique avitique avec du recul
Les relations entre les Résistants sont très belles à suivre.

La différence de présentation à notre égard est visible sur différents points. Par exemple le rapport aux relations sexuelles des personnages. Là ou Heydrich est filmé de loin en plan large lors d’une scène où il ne voit même pas le visage de sa femme pendant leurs ébats… on retrouve un résistant fou amoureux de celle qui l’héberge, avec un gros plan de leurs deux visages accolés sous les draps. Une scène bien plus intimiste, chaleureuse, et agréable à regarder, ce qui n’est évidemment pas le cas pour le couple allemand. Toujours dans cet ordre d’idée, il est fréquent de voir le réalisateur mettre en valeur la fraternité qui s’est créée au sein du groupe résistant au travers d’accolades, de baisers ou de pleurs.

HHhH critique avitique avec du recul

Heydrich possède également un côté bien plus humain au tout début du film. Mais il disparait totalement au fur à mesure de sa montée en grade. Cela s’explique également, il me semble, par la trahison de cette femme (dont j’ai perdu le nom) qui provoque sont renvoi de la marine Allemande – Reichsmarine. Un bouleversement dans sa vie qui le pousse à devenir aussi froid par la suite.

Enfin, certains plans du réalisateur se positionnent du point de vue de certains personnages. Une prise de position très intéressante pour que le public se pense à un moment ou un autre, à la place de tel ou tel personnage. On se retrouve ainsi à la place d’un Juif avant d’être fusillé, marchant jusqu’à sa place devant les soldats, mais aussi à la place de Heydrich lui-même lors d’un évènement marquant ou encore d’un résistant en fin de vie après une violente fusillade.

 

AVEC DU RECUL …
Pour son troisième film, notre réalisateur Français signe une très belle copie. Il est clair que l’adaptation du livre au cinéma à nécessité de faire l’impasse sur certains éléments et cela se ressent clairement à l’écran. Mais la timeline narrative désordonnée est tout à fait intéressante à suivre et dynamise énormément le film (à la manière des 8 salopards de TARANTINO par exemple). Les personnages sont tous très intéressants à suivre et certaines scènes sont d’une telle atrocité qu’elles font froid dans le dos. En somme HHhH est un bon film qu’il faut voir pour se rendre compte une nouvelle fois de la chance de vivre à une époque telle qu’aujourd’hui, qui plus est dans l’hexagone…

note HHhH critique avitique avec du recul

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)