PREAMBULE : Cet avitique ne comprend aucune partie spoiler. Tu peux te détendre…

EN BREF :
Après avoir vu la bande annonce moulte fois lors des séances cinéma qui ont précédées celle-ci, je m’attendais à une belle parenthèse WTF dans la carrière de Guillaume CANET qui me semblait des plus curieuse. C’est en effet ce qui s’est produit tant le film a surpris bon nombre de spectateur. Je suis certain d’ailleurs en entendant les retours de mon entourage, que le mari de Marion COTILLARD a réussi à transmettre l’effet recherché dans son travail…

Film faussement autobiographique, Guillaume joue son propre rôle en compagnie de sa femme Marion, et de ses amis tel que Gilles LELLOUCHE, Johnny HALLYDAY ou encore les frères producteurs ATTAL.  Lorsqu’une comédienne lui déclare qu’il n’est pas très « rock » et qu’il ne se trouve pas dans la liste des acteurs français avec qui les filles révéraient de coucher. C’est le déclic pour Guillaume qui décide de sortir de sa vie bien rangée pour ne plaire qu’à lui-même. Un changement radical psychologique et physique qui ne laissera personne indifférent…

Rock'n Roll Avec du recul Avitique
L’affiche ne laisse pas vraiment présager le WTF total du film…

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Le gros point fort de cette production est sans nul doute la stratégie marketing opérée autour de sa sortie. Via les réseaux sociaux par exemple ou le couple d’acteurs postait bon nombre de photos décalées et illustrant leur vie totalement « normale ». Une recherche de proximité et de sympathie envers le public qui a bien entendu l’objectif d’augmenter le nombre d’entrées. Dans le même ordre d’idée, la bande annonce est certainement l’une des plus réussite que j’ai pu voir cette année. Il est vrai que ce sujet revient régulièrement dans mes avitiques car c’est pour moi un outil de promotion très paradoxal. C’est en voyant le film et en repensant à cette bande annonce que l’on comprend que c’est M. CANET qui le réalise et pas un novice dans le milieu. Ce qui a surpris la plupart des spectateurs est le côté « no limit » dont le réalisateur a fait preuve, et qui n’est montré que très subtilement dans le trailer. En effet, elle ne dévoile en réalité que des images de la première partie du film, tandis que c’est la seconde qui véhicule le message principal de l’œuvre. Il a réellement été au bout de son concept d’ego trip en sachant pertinemment que cela ne séduirait pas tout le monde. Néanmoins, si le film n’est pas vraiment séduisant dans son ensemble, je ne peux qu’applaudir le courage d’entreprendre ne serait-ce que l’écriture de ce film.

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Le côté intimiste du film donne naissance à des séquences entre amis du cinéma plutôt agréables. 

Si l’humour est très lourd et de très nombreux passages « malaisants » voire à la limite du pathétique, c’est à mon sens un effet totalement recherché par son auteur. Désireux de transmettre sa vision du cinéma et des comportements du monde qui le compose, CANET accumule les faux pas et les dérapages en tombant dans l’excès total sur tous les points : famille, amis, média, physique, idéaux, métier… Le plus intéressant dans tout cela est de voir à quel point Marion COTILLARD le soutient dans sa démarche notamment au travers de son accent québécois hilarant et illustrateur de l’absence de communication et d’échanges entre les deux. L’unique lien qui les unit encore est leur enfant Lucien (qui est d’ailleurs le seul personnage de l’histoire à être joué par un autre acteur). Il est en quelque sorte le seul élément qui ramène Guillaume à son passé tant sa vie est désormais transformée en tout point.

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COTILLARD est parfaite…

Ma grande surprise est aussi la fin du film qui boucle la boucle du n’importe quoi… Ces mots ne sont cependant pas à prendre au sens critique qu’ils pourraient évoquer, mais bien dans le sens où le film s’assume du début à la toute fin. Il aurait été en effet très étrange si CANET cherchait à revenir en arrière dans son film et son personnage comme pour s’excuser auprès de son public. Peut-être que certains auraient davantage apprécié, car cela correspondait plus aux traditionnels « tout rentra dans l’ordre et ils se retrouvèrent tous autour d’un barbecue en souriant ». Mais le réalisateur de « Ne le dis à personne » (2006) n’hésite absolument pas quant à l’objectif de son film et en aucun cas ne pouvait tomber dans la facilité et la banalité d’une happy end dans le sens ou les gens l’attendait. Car in fine, cette fameuse happy end est belle et bien présente mais d’une manière que personne ne pouvait envisager en découvrant le film.

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CANET transmet sa détermination au travers des ambitions de son personnage, mais elle traduit également la profonde envie pour lui de faire ce film. 

AVEC DU RECUL …
Rock’n Roll est pour résumé une sorte d’OCNI à mes yeux (œuvre cinématographique non identifié). Véhiculant des messages forts et hautement satiriques, le film de Guillaume CANET va droit au but et comme un rockeur le ferait, choque et casse tout sur son passage. Nonobstant toutes ces bonnes intentions et le bon travail du français, je reste sceptique quant à mon appréciation du film. Comme le dis Johnny à un moment du film, les rockeurs et le rock à changer, ils n’ont plus le même comportement et les coups de théâtre du passé ne sont plus vus de la même manière par la société d’aujourd’hui. Le Taulier évoque ici ce qui empêche ici à mon sens le film de réussir pleinement. Le comportement d’un rockeur ne fait plus rêver personne au XXIe siècle et en dépit du côté satirique du film, cela ne fonctionne pas vraiment.

MA NOTE : 5/10

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)