EN BREF :
« Il n’est pas en retard de 10 ans le gars avec son avitique sur Lala Land ?! » Et bien si en effet… Très légèrement ! Et si vous savez déjà sûrement tout du film aujourd’hui je me devais de commenter ce film de mon point de vue. En effet il est ici très important d’insister sur le côté personnel de l’article aux vues des dizaines, voire centaines, de commentaires attribués à l’œuvre du Franco-Américain Damien CHAZELLE.

7 nominations au Golden Globes : 7 fois vainqueur. 4,3/5 de moyenne sur Allociné (Presse et Spectateurs assemblés), 14 nominations aux Oscars (Record égalé) dont 6 remportés … Que dire de plus devant un tel engouement face à ce film ? Cela fait maintenant plus de 2 semaines que je l’ai vu, mais ce temps m’a été bénéfique afin de mieux comprendre ce que j’avais pensé du long-métrage. Verdict ?

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Une affiche qui donne un bel avant goût des couleurs du film.

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Le premier élément marquant du film se remarque dès le debut et ce dans toute sa première partie. En effet, les couleurs des séquences sont remarquablement belles. A l’ouverture, ce désormais célèbre (faux) plan séquence chanté et dansé nous présente un échantillon de la beauté à venir du film. Grâce au lieu de tournage de la scène située à 30m du sol, l’arrière-plan est souvent occupé par le bleu du ciel estival. Le fossoyeur de film a d’ailleurs réalisé une vidéo géniale à ce sujet que je t’invite à visionner si tu désires en savoir plus à propos de toutes ces couleurs. Ce fond clair fait ressortir et éclater les coloris des costumes des danseurs. De toutes les scènes du film, c’est pour moi clairement la plus réussie, la plus extraordinaire et la plus jouissive à regarder même si les deux protagonistes n’en font pas partie.

LA LA LAND
Une scène d’ouverture géniale.

Les couleurs et la danse se mélangent à nouveau lors de la scène où Mia est forcée de sortir avec ses amies. Chacune d’elles porte alors une robe de couleur unie dans la nuit de Los Angeles. Une scène très colorée tout comme sa chambre au début (si mes souvenirs sont bons). Le jeu des couleurs est vraiment fascinant et représente un second axe de visionnage pour le film puisqu’elles suivent les péripéties des personnages et s’adaptent en fonction des situations.

Ce monde si coloré nous fait presque croire à un monde imaginaire. Un monde où il est normal de sortir de sa voiture pour chanter. La scène du planétarium peut également nous inviter à croire à ce monde parallèle. Tout au long du film, cette différence entre monde réel et imaginaire est plus ou moins ambiguë. Mais cela représente bien la situation dans laquelle se trouve les 2 protagonistes. Ils ont tous deux les yeux pleins d’étoiles face à leurs rêves, mais la vérité du monde dans lequel ils évoluent n’est pas comme ils aimeraient. Un monde imaginé, dans le monde réel.

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Damien CHAZELLE.

Désormais titulaire de l’oscar de la meilleure actrice, Emma STONE campe le rôle de Mia et propose une prestation parfaitement maîtrisée à l’image de Sebastian qui lui donne la réplique, interprété par Ryan GOSLING. Ce dernier m’a néanmoins plus séduit que la demoiselle, ne serait-ce que par ses prestations au piano qui résultent d’un apprentissage de l’instrument en seulement 3 mois !!!… Chapeau l’artiste. Les plus attentifs d’entre vous auront sans doute remarqué le personnage de John LEGEND qui pour le plus grand plaisir de nos oreilles participe au casting ainsi qu’à une scène de concert du film.
La musique, je ne te l’apprends pas, est la pièce centrale du film comme on me l’avait maintes fois annoncé. Cependant je n’ai pas trouvé qu’il y avait une si grande quantité de chansons que ça. Beaucoup de thèmes sont réutilisés à plusieurs reprises en fond ou mélangés à d’autres, tel que City of Stars ou Mia and Sebastian’s Theme. Le film ne délaisse pas pour autant son histoire et se concentre longuement sur celle-ci, ce qui donne un film de 2h06. Plutôt long pour une production de ce genre. Cela donne donc un scénario qui traîne parfois en longueur à l’image de la scène du planétarium que j’ai trouvé inutile hormis son petit côté esthétique.

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John LEGEND est une réelle bonne idée pour ce rôle.

Nommé mais pas vainqueur au profit de Tu ne tueras point (Mel GIBSON) pour l’Oscar du meilleur montage, CHAZELLE et son monteur Tom CROSS (Whiplash ; Joy) font également du bon travail, particulièrement lors de la juxtaposition des présentations de la vie de Mia puis de Sebastian. On retrouve pour les deux introductions, un schéma de construction assez similaire avec un point de départ qui est également leur « première rencontre », plutôt séduisant.

AVEC DU RECUL …
Une fois sorti de la salle, je restais dubitatif. Il est indéniable, Damien CHAZELLE innove avec de grandes inspirations des films musicaux du célèbre Jacques DEMY et nous livre un film riche et séduisant tant par son duo d’acteurs étincelant que par ses techniques de réalisations. Je n’irais pas jusqu’à dire que LaLaLand ne mérite pas toute cette ferveur car c’est un très bon film c’est certain. Néanmoins, en ce qui me concerne, je n’ai pas eu le petit pincement au cœur qui me fait dire que j’ai vraiment ADORÉ. Je reste malgré cela totalement fan du travail de CHAZELLE et attends comme beaucoup de voir ce qu’il sera capable de produire après ça. Toujours en compagnie de GOSLING, un biopic sur Neil ARMSTRONG intitulé First Men est dans les cartons, comme quoi cette scène du planétarium semble nous révéler un certain goût du réalisateur pour les étoiles …

MAJ : Au cours des 8 mois qui ont suivi mon visionnage du film, j’ai plusieurs fois repensé à LalaLand . Une réflexion en plusieurs étapes ainsi qu’un souvenir toujours aussi fort de certaines séquences et musiques, qui m’ont conduit à l’évidence suivante : Ce film est génial. Si comme je le dis plus haut, j’étais sceptique en sortant de salle, le temps m’a prouvé que le travail de CHAZELLE m’a véritablement marqué. Voilà donc pourquoi j’ai le plaisir de modifier la note attribuée à l’époque…

MA NOTE : 9,5/10

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)