EN BREF :
Avec une actrice aussi talentueuse, le biopic sur la vie de Jacqueline KENNEDY promettait de grandes choses. Natalie PORTMAN revêt donc les nombreuses tenues colorées de celle qui fut l’épouse du président tristement célèbre, tragiquement assassiné le 22 novembre 1963.
Quelques jours après l’assassinat du président Kennedy à Dallas, Théodore H. WHITE – Un célèbre journaliste politique américain – rend visite à sa veuve Jackie. Dévastée autant que distinguée, celle à qui la vie a pris tant de choses accepte de révéler les détails de ce jour si noir.

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Une élégance presque innocente qui cache sa souffrance.

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Nommée aux prochain Oscars en tant que meilleur actrice, Natalie PORTMAN ne déçoit pas. La scène qui succède au drame qu’elle vient de vivre et clairement la plus réussie du film à mon sens. Seule face à son miroir, elle essuie les nombreuses traces de sang disséminées sur son visage et son veston rose. La prestation que nous délivre PORTMAN lors de cette scène semble tellement honnête que la douleur affreuse ressentie par son personnage se propagerait presque jusqu’à nous. Elle ne fait pas que pleurer ou sangloter, son désespoir et son infinie tristesse nous font prendre conscience de ce qu’elle vient de vivre. Si elle avait uniquement enlevé les morceaux de chairs et de cervelles de son mari, cela n’aurait pas suffi et n’aurait eu aucun impact sans son interprétation.

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les scènes ou Jackie traverse les pièces le regard vide sont nombreuses.

Une autre scène est également intéressante et c’est sans doute pour cela que Madeline FONTAINE (la série Versailles) concours aux Oscars dans la catégorie Meilleurs costumes. Jackie, dans son mal-être, revêt plusieurs de ces plus belles tenues qui ont fait d’elle la Première dame symbole de l’élégance et de la mode ($45 000 dépensés en un an juste pour ses vêtements… Heureusement qu’elle avait du goût). Une scène qui en plus d’être émouvante, met en valeur son désarroi, car elle se retrouve seule face au monde entier qui attend ses décisions quant aux obsèques de son époux.

D’autre part, j’ai été plutôt surpris par la manière choisit par Pablo LARRAÍN pour traiter son sujet. Avec une timeline parfois déroutante, alternant interview actuel et narration des évènements par Jackie, je me suis parfois demandé dans quelle histoire j’étais… Néanmoins, la relation entre Théodore et Jackie est intéressante et les dialogues bien construits.

« Je ne suis plus la Première dame, appelez-moi Jackie »

Mme Kennedy tente de garder la tête haute face au journaliste et donc face à nous également. Mais il est visible qu’elle souffre énormément et lutte pour ne pas craquer en se laissant aller à des explications trop précises.

« Vous voulez que je vous explique le bruit qu’a fait la balle dans la tête de mon mari ? »

Ce genre de question posée par Jackie elle-même de manière ironique nous démontre que c’est une femme intelligente, qui sait parfaitement ce qu’attend WHITE, et qui le devance en lui disant ce qu’il veut entendre, mais lui interdit de le publier.

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Toujours au centre, ses nombreuses tenues font d’elle une icône de la mode.

On notera aussi la présence de scènes en noir et blanc lorsque Jackie présente aux américains les rénovations qu’elle va entreprendre dans la Maison-Blanche. Des scènes assez amusantes qui nous montre la volonté de bien faire chez la Première dame en dépit d’une aisance discutable face à la caméra. Par ailleurs le film est tourné en 16mm, (un format davantage utilisé pour les reportages et plus trop au cinéma au profit du 35mm) et parfois en 1,33 :1. Ces outils utilisés par les « vieux films » donnent une touche surprenante au long-métrage lorsqu’il commence. Ces effets permettent d’ancrer un peu plus le film dans un reportage de l’époque.

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Son désarroi et sa solitude exprimé en un cliché.

LARRAÍN a décidé de centrer son film majoritairement sur Jackie du début à la fin. Normal me diras-tu, c’est un biopic. Cependant, la position de sa caméra est bien plus centrée sur son personnage principal que dans les autres biopics que j’ai pu voir ces derniers mois. On retrouve à de nombreuses reprises des plans poitrine, taille et italien de face et même de dos lorsqu’elle se déplace. Un aspect de reportage en ressort à nouveau. Avec une démarche lente et faussement sereine, mise en valeur par ses tenues, ces plans du personnage sont calmes et reposés. Son regard est souvent un peu perdu car elle n’arrive pas à réaliser complètement la situation qu’elle traverse et tente de s’en sortir avec de nombreuses hésitations.

 

AVEC DU RECUL …
Jackie est une proposition de biopic qui se démarque des autres par ses choix de réalisation originaux, intéressants mais parfois légèrement brouillon, à l’image de sa timeline. PORTMAN ne fait qu’un avec la Première dame et rend un bel hommage à la vie ô combien difficile et atroce de cette femme.  Avant de finir je tiens à souligner la ressemblance saisissante entre Caspar PHILLIPSON et son rôle JF. Kennedy. Trop flagrant pour ne pas être mentionné ! En somme, l’œuvre du réalisateur Chilien est plutôt intéressante avec un coté reportage très intimiste qui permet de transmettre la vive douleur de Jackie. Néanmoins il manque à mes yeux un petit quelque chose qui me donnerait envie de le revoir à l’avenir. Quoi exactement ? Telle est la question.

MA NOTE : 6/10

Clique ici pour voir le trailer !

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)