PREAMBULE : Cet avitique comprend une partie spoiler seulement dans le paragraphe intitulé « SPOILER ZONE ». Si tu souhaites l’éviter, descends jusqu’au « OVER » situé quelques lignes plus bas pour reprendre la lecture. Merci de ton intérêt pour mon blog !

EN BREF :
A l’heure où Warner Bros et Ben AFFLECK n’en finisse pas de se quereller au sujet du prochain Batman (2018) que ce dernier doit réaliser, (MAJ : au final il abandonne le projet ! …..) c’est avec Live by Night qu’il est de retour au cinéma. Réalisateur, producteur, scénariste et acteur principal, le cousin éloigné de Matt DAMON aime entreprendre c’est indéniable. Néanmoins, ne voudrait-il pas trop en faire… ? C’est ce qui pourrait en effet faire peur aux vues de ses nombreuses ambitions. Par ailleurs, le film n’a pas attiré autant de gens qu’espérait WB puisqu’il n’a rapporté (à l’heure actuelle) que 16 millions de dollars sur les 65 investis. Avec une promotion aux USA réalisée fin décembre,face à un Rogue One… C’est sûr que niveau stratégie, on a déjà vu mieux.

En 1926 à Boston, Joe Coughlin décide de se faire une place au sein de la pègre à son retour de France après la guerre. Mais il va se faire un ennemi de taille lorsqu’il séduit la compagne du leader criminel de la ville : Albert White. Trahi par un proche, le caïd White va vouloir lui régler son compte, mais Jo échappera de justesse à la mort pour ensuite purger une peine de prison des suites d’un casse raté. À sa sortie, dans l’objectif de se venger et de tuer celui qui lui a fait tout perdre, il s’allie avec le plus grand ennemi de White, Mazo Pescatore, et va diriger un secteur de Floride où il pourra tenter d’assouvir son désir de vengeance tout en faisant fortune durant la prohibition…

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ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Malgré tout l’amour que je porte à Ben AFFLECK (en particulier pour son énorme travail sur l’homme chauve-souris) je reste toujours mal à l’aise face à son jeu. Si pour Bruce Wayne le côté personnage froid, austère et glacial peut passer pour un milliardaire, d’autres émotions seraient plaisantes à voir sur son visage. Dans Live by night, AFFLECK … fait du AFFLECK, sans creuser plus loin. Son personnage est pourtant très complexe et très tourmenté car il n’est pas vraiment à l’aise avec son mode de vie. De nombreux doutes et émotions ne sont pas vraiment présents dans le jeu du réalisateur alors que la vision de celles-ci auraient été les bienvenues.

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En revanche, là où AFFLECK maîtrise son sujet, c’est dans son investissement corps et âme dans ses projets. Un travail qui se ressent au travers du long-métrage. Car même si le film est loin d’être novateur dans ce qu’il propose, il est facile de remarquer et de deviner tout le travail fourni par l’homme multi-casquettes. Le plan séquence réalisé dans la première moitié du film est pour moi une belle illustration de son envie de bien faire. En effet, la scène se déroule dans un bureau, et de nouveaux personnages clefs dans la suite de l’histoire viennent à la rencontre du protagoniste. Elle a lieu dans un salon organisé autour d’une table ronde. La caméra se déplace alors de personnage en personnage de manière circulaire, ce qui les rassemble implicitement en un cercle d’ami…

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AFFLECK peine à faire ressortir la complexité de son personnage.

D’autre part, un aspect du film intéressant a attiré mon attention. La relation père-enfant des personnages. A la sortie de la salle je me suis dit que ce bon vieux Ben devait avoir eu une relation particulière avec son père. J’ai en effet découvert que papa AFFLECK avait divorcé de sa femme pour partir seul. Cela ne veut pas pour autant dire que la situation s’est mal passée, mais en tout cas son film met un point d’honneur à ces relations… Une enfance père-fils qui n’aurait peut-être pas été idéal pour lui ? En tout cas, son rôle avec Bruce Wayne confirme également cette théorie quand on sait à quel point Bruce aurait aimé connaître ses parents, et surtout son père. Dans le film, son personnage Jo et son père possède un lien tout à fait particulier puisqu’ils s’aiment beaucoup sans le montrer, en dépit de leur philosophie de vie totalement opposée. La jeune Loretta Figgis et son père ont également créé une relation très fusionnelle en raison des actes de cette dernière.

 

SPOILER ZONE 
La scène finale du film où Jo est uniquement avec son fils rejoint une nouvelle fois cette idée de relation monoparentale. D’autre part, la relation entre Jo et Graciella (son épouse) est un peu pauvre, tout comme celle qu’il entretient au début du film avec Emma Gould… Nous montrer qu’ils s’aiment au travers de 3 scènes de câlins, 3 de sexe et 2 de « Tu as changé ma vie, je t’aime » ne fait pas à mon sens une histoire d’amour crédible et passionnée. Malgré cela, on peut autoriser l’effet « coup de foudre », d’autant plus que le film ne traite pas principalement d’histoires d’amour. Cependant, plus de profondeur dans ces relations leur aurait permis de gagner en intensité.

D’autre part, je n’ai pas compris pourquoi Loretta (la prêcheuse) se suicide soudainement. Quel élément l’a poussé à faire ça ? Un événement qui va entraîner le drame final, mais qui semble un peu tirer par les cheveux… Je pense que le livre donnait une raison logique à cela. L’absence de détail sur ce point important constitue donc un défaut à mes yeux.

J’ai beaucoup apprécié également la phrase que le sheriff – père de Loretta – prononce à Jo, car elle est en réalité une mise en garde. « Tout ce qu’on sème, on finit par le récolter, mais jamais de la façon dont on l’attendait ». Gagné par la folie, c’est lui qui tue la femme de Jo alors que celui-ci vit paisiblement, loin des traffics et autres crimes, justement dans le but d’éviter que cela se produise un jour… Un rebondissement final plutôt bien pensé. Enfin, l’ennemi principal de Jo, White, est à la source de tous les évènements car il désire le tuer en guise de vengeance. Cependant, une fois qu’il rencontre Graciella, et que par la suite il découvre la vérité sur Emma, cette volonté s’est totalement estompé. Alors quel est son but au final ? Pourquoi poursuit-il ainsi cette vie alors que nous comprenons bien qu’il ne s’y plait plus… De surcroit, la mort de ce fameux White est presque anodine alors qu’il est présenté comme l’homme à abattre dans l’histoire. Dommage.
OVER

Enfin, les personnages secondaires apportent au film les couleurs qu’AFFLECK ne parvient pas à lui donner. Plus particulièrement les femmes, qui possèdent chacune un rôle bien précis et intéressant dans l’histoire. Dans une période comme la prohibition, la place de la femme est encore dérisoire face aux pouvoirs des hommes. Il est donc très habile et plaisant de la part du réalisateur, de voir leurs idéaux et leurs ambitions abordés et traités dans cette époque qui leur était si hostile.

LIVE BY NIGHT
Décors, costumes et accessoires réussissent à nous faire voyager dans les années 20.

AVEC DU RECUL …
Si Live by Night n’est pas transcendant par le jeu de son personnage principal, on ne pourra nier l’immersion totale et la volonté de bien faire de Ben AFFLECK. Doté d’un scénario inspiré d’un roman (Ils vivent la nuit – Dennis LEHANE), le découpage aurait mérité quelques ajustements supplémentaires afin de rendre certaines péripéties moins « C’est comme ça et c’est tout ». Les relations père-fils/fille sont très intéressantes et auraient également mérité de subir un traitement bien plus poussé en raison des personnages forts qui les composent. Quant aux femmes, la plupart possède un développement complexe qui rend leur évolution plaisante à suivre. En somme, AFFLECK aurait dû, pour ce film, rester dans le fauteuil de réalisateur et dénicher un de ses homologues pour jouer ce rôle. Un choix qui lui aurait peut-être permis d’ajuster certains éléments ou d’en travailler davantage d’autres, afin de donner une réelle dimension supplémentaire à son œuvre.

MA NOTE : 7,25/10

Clique ici pour voir le trailer !

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)