PREAMBULE : Cet avitique comprend une partie spoiler seulement dans le paragraphe intitulé « SPOILER ZONE ». Si tu souhaites l’éviter, descends jusqu’au « OVER » situé quelques lignes plus bas pour reprendre la lecture. Merci de ton intérêt pour mon blog !

EN BREF :
Acteur à la base, Nate PARKER se lance avec ce film le défi de la réalisation. Comme si la tâche n’était pas assez complexe, il tient également le rôle principal. Décrit par certains comme le nouveau 12 years a slave (MCQUEEN – 2013), The birth of a nation aborde un sujet brillamment traité par le passé au travers de Django unchained (TARANTINO – 2012) ou encore Le majordome (DANIELS – 2013). Il n’est ainsi pas chose facile de trouver un angle nouveau pour aborder un fait aussi dramatique qu’honteux de l’histoire de l’Humanité. C’est donc en cela que résidait pour moi l’enjeu principal du long-métrage. Parvenir à créer des péripéties innovantes dans un contexte connu. Un challenge que l’on retrouve également dans les films traitant des Guerres Mondiales et de l’Histoire en général.

30 ans avant le début de la Guerre de Sécession soit mathématiquement, en 1831, nous suivons la vie de Nathaniel (Nat) Turner, un esclave peu banal puisque sa capacité de lecture à fait de lui un grand catholique prêcheur de la bonne parole devant ses frères et sœurs. En raison de ce talent particulier et des difficultés financières qu’éprouve son maître et ami, Sam Turner, il lui est demandé de faire de même pour assujettir les esclaves d’autres plantations. Mais c’est au cours de ses voyages qu’il va découvrir les traitements inhumains que subissent certains esclaves et ainsi décider de les guider à la rébellion.

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ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Tout d’abord on ne peut que saluer le travail de l’acteur-réalisateur N. PARKER. Pour une première expérience derrière la caméra, c’est plutôt pas mal. Cependant c’est en tant qu’acteur qu’il est sans doute le plus performant puisque tout au long du film, bien que frôlant parfois le sur-jeu, la perception des émotions de son personnage est remarquable. Au travers de son jeu, il arrive à nous démontrer, plus ou moins subtilement selon les scènes, l’évolution du point de vue de son personnage sur la société et les relations blancs-noirs. En effet, l’atrocité des châtiments des blancs et surtout l’impuissance total des esclaves nous est montrée à plusieurs reprises. Faisant appel à des scènes d’une intense violence, la décision d’interdire le film au moins de 12 ans est compréhensible. Pour autant, ce procédé a le mérite d’être claire dans l’intention du réalisateur et n’a pas besoin d’en montrer trop pour que le public comprenne l’idée. Outre cette violence prépondérante, la subordination des noirs est difficile à imaginer dans nos sociétés actuelles. Pourtant une scène est particulièrement choquante en illustrant parfaitement bien, et ce en à peine 5 secondes, le rapport entre Hommes blancs et Hommes noirs. Naturel et juvénile, le jeu des deux filles dans cette scène pourrait presque nous faire sourire, mais c’est l’aberration que leur activité représente qui nous laisse bouché bée.

Le second aspect majeur abordé par PARKER est le rôle central de la religion. Prédis comme un prophète par la tribu de sa grand-mère, la bible va être son plus fidèle ami. Ainsi, son talent d’orateur passionné donne naissance à quelques discours intenses et émouvants.

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La maltraitance des esclaves est montrée sous tous les angles…

SPOILER ZONE
D’autre part, il est évident que Nat et Sam Turner (maître de la propriété) s’estiment beaucoup. Amis d’enfance, Sam permet beaucoup de choses à Nat qu’aucun autre esclave ne peut réaliser. J’ai trouvé donc mal amené la décision de ce dernier de le tuer de sang-froid. Sans aucunes attentions et sans aucuns mots malgré tout ce qu’il avait fait pour lui. Aurait-il également tué sa femme si elle avait été présente ? Celle qui lui a gracieusement appris à lire… ? D’ailleurs, le départ de celle-ci de la maison peut s’apparenter à mon sens à un subterfuge pour contourner ce problème. Un départ causé par je ne sais quoi d’ailleurs…

De plus, tuer est évidemment un péché dans la bible puisque c’est prendre la vie de la création de Dieu.  Cependant (après avoir effectué quelques recherches), j’ai lu que le recours à la violence pouvait être justifié dans le cas où le croyant doit se libérer du mal. D’où l’opération menée par Nat et ses amis. Néanmoins, nous ne le voyons à aucun moment confesser cette action ni la justifier devant son Dieu. Un manque qui va à l’encontre de la foi profonde du personnage montré tout au long du film.
OVER

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Dieu joue un rôle déterminant pour Nat et sa communauté.

En terme musical, la bande son ne m’a pas vraiment marqué en raison du peu d’accompagnement de ce type. Quelques morceaux pourront cependant dresser vos poils, à l’image de celui du trailer avec la voix sublime de Nina SIMONE, chanteuse noire américaine militant pour les droits civiques de son pays. Le fait d’avoir choisis cette artiste résonne comme un message de soutien à Nat de la part de N. SIMONE qui même avec de 200 d’écart, ce sont battues pour des idéaux similaires. (Écoute là ici).

AVEC DU RECUL …
The Birth of a Nation ne marquera sans doute pas le cinéma comme ont pu le faire certains du même genre. Malgré tout, l’approche effectuée par PARKER reste intéressante, en particulier pour comprendre à quel point les noirs étaient considérés comme des êtres futiles et inférieurs. Le sujet traité par le film reste un élément majeur de notre Histoire et qui à mes yeux mérite d’être vu de tous, qu’importe ses défauts. Au-delà de ça, l’œuvre de PARKER nous expose une histoire vraie qui, malgré une fin atroce, prouve que chaque révolution, chaque rébellion, contre n’importe quel type de gouvernance, peut naître d’une seule personne. Un message fort qui possède une résonance particulière à l’heure ou le 45ème président des États-Unis de par ses idées et ses ambitions, divise plus que jamais les Américains.

MA NOTE : 7/10

Clique ici pour voir le trailer !

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)