PREAMBULE : Cet avitique comprend un passage spoiler seulement dans le court paragraphe intitulé « SPOILER ZONE ». Si tu souhaites l’éviter, descends jusqu’au « OVER » situé quelques lignes plus bas pour reprendre la lecture. Merci de ton intérêt pour mon blog !

EN BREF :
Dernier film que j’attendais en décembre, (Mes attentes sur : les sorties de décembre) Collateral beauty de son titre original est un film choral américain réalisé par David FRANKEL. Avec du beau monde à l’affiche, Will SMITH, Kate WINSLET, Keira KNIGHTLEY ou encore Edward NORTON, le film avait attiré mon attention pour sa promesse d’une belle histoire. Bien que pas fondamentalement nouveau, la personnification d’entités comme la Mort, l’Amour et le Temps reste quelque chose de peu commun et différent des films américains du même genre (Love Actually – 2003, Happy New Year – 2011…). Certains reprocheront évidemment l’aspect larmoyant du film car c’est un drame, mais la sensibilité est variable en fonction de l’histoire de chacun d’entre nous. Ce genre de film pourra donc te toucher, t’émouvoir, autant qu’il peut t’ennuyer et te déplaire.

 Will SMITH incarne Howard, un talentueux directeur d’une agence de communication qui connaît un grand succès avec ses collègues et amis, Claire (K. WINSLET) Whit (E. NORTON) et Simon (M. PEÑA). Mais le décès de sa petite fille bouleverse sa vie et le plonge dans la tristesse et l’isolement le plus profond. Ses trois amis vont donc tout faire pour l’aider à s’en sortir quitte à employer des moyens quelques peu surprenants. En effet, Howard est persuadé que nous sommes tous motivés dans notre vie par trois choses : nous cherchons l’amour, nous tentons de gagner du temps et nous sommes effrayés par la mort. Amour, Temps, Mort. Trois mots, trois symboles, trois éléments à qui il va décider d’écrire une lettre pour exprimer sa colère et sa tristesse. Refusant tout contact avec ses amis, ils vont être contraints de rentrer dans son jeu…

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Je ne peux que saluer tout d’abord la qualité de jeu de chacun des acteurs. Bien qu’au départ Hugh GRANT devait tenir le rôle principal, puis Johnny DEPP, c’est finalement Will SMITH qui l’a obtenu. Le meilleur des trois pour ce personnage à mon sens. Il sait vraiment tout jouer et a su faire corps avec son personnage pour ce film. Certains trouveront peut-être qu’il est fade et ne fait que pleurer pour faire comprendre qu’il est triste mais ce n’est absolument pas le cas ici. Au contraire, son personnage refuse simplement de parler ou ne se permet que quelques mots. Son regard si bouleversé et son comportement tranche complètement avec le sourire et la joie dans ses yeux que l’on peut apercevoir au tout début du film. Concernant les autres membres du casting, chaque personnage possède son propre objectif et son propre problème. Cela peut être vu comme un peu grossier, mais au fond c’est un peu la réalité. Bien qu’elles soient basiques, j’ai presque regretté qu’on n’en sache pas plus en ce qui concerne leurs histoires personnelles. Le titre du film ne signifie pas que l’on doit s’intéresser uniquement à la vie de Howard, ainsi chaque histoire aurait pu être développé en parallèle. Mais il est évident que si ce choix avait été fait, l’impact quant au drame que traverse Howard n’aurait pas été aussi percutant et importants à nos yeux. Je trouve dommage en revanche que la relation entre les quatre collègues de l’agence ne soit pas davantage exploitée, car elle pouvait nous montrer à quel point ils s’entendent bien et l’affection qu’il éprouvent l’un envers l’autre.

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W.SMITH tient le rôle parfaitement.

FRANKEL donne à son travail une touche très personnelle et très agréable visuellement. Le titre du film étant « Beauté cachée », plusieurs plans possèdent des tons très pales et classiques, à l’image de l’affiche (version US) très épurée. Des décors élégants comme avec les nombreuses constructions de dominos que l’on voit. Lors de la chute de celles-ci, la caméra se déplace légèrement en suivant leur mouvement, le tout accompagné par une musique commercial certes, mais adéquate. L’objectif est de nous faire comprendre le titre du film avant même son explication (aussi brève soit-elle) au cours de l’histoire. Nous pouvons aussi remarquer les quelques plans qui n’ont aucune utilité hormis cette fameuse justification du titre. Plusieurs vues du ciel nous montrent durant des séquences assez longues New York via ses longues rues perpendiculaires, ses centaines de buildings éclairés la nuit, les nombreuses décorations de noël dans les rues, Central Park… Le rythme est volontairement calme. Non pas car c’est une histoire assez triste, mais parce que le réalisateur nous « force » à nous attarder sur des éléments que nous connaissons déjà très bien. En somme, la beauté cachée se situe tout autour de nous, et c’est ce que le film nous montre tout au long de son histoire.

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Dommage que la relation entre Howard et ses trois amis (ci dessus) ne soit pas davantage développée au début du film.

Quelques scènes se passe lors d’une réunion entre parents qui s’expriment vis-à-vis de la perte de leur jeune enfant. Une séquence qui aurait pu être vraiment très lourde en rajoutant une couche de larme. Mais ce n’est heureusement pas le cas, hormis le discours d’une personne que nous entendons pour nous faire comprendre le principe de ce regroupement, le reste est habilement monté pour ne pas tomber dans le pathétique. De surcroît, Howard refuse de donner le nom de sa fille ainsi que la raison de son décès. Un choix scénaristique que je trouve bon car encore une fois, cela prouve que le film n’a pas besoin d’éléments de ce genre pour nous faire ressentir la tristesse si profonde de son père. En effet, je trouve que le désespoir qu’éprouve ce dernier face à cette situation est très bien retranscrit grâce au jeu de SMITH certes, mais aussi par le biais de ces amis.

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La Mort – L’Amour – Le Temps

Ces trois collègues sont très inquiets pour leur ami mais également pour leur agence qui a de plus en plus de difficultés avec le choix d’Howard de ne plus travailler. Ainsi, pour en venir à la principale attraction du film, l’idée de faire jouer La Mort, Le Temps et L’Amour pour rentrer dans son monde, est sympathique à découvrir. Un projet farfelu joué par des acteurs qui jouent des acteurs dans l’histoire. Helen MIRREN (oscar de la meilleure actrice pour The Queen – 2006) sous les traits de la Mort et de Brigitte, est superbe. Très excitée à l’idée de jouer un tel rôle, elle est très amusante mais également très intelligente et sait trouver les mots justes. Chacun des trois acteurs a son propre rôle et rapporte les réactions d’Howard à l’un de ses trois amis. Cela forme ainsi trois duos qui essaient de soigner le directeur de l’agence, mais qui créent également un lien entre eux plus ou moins fort en fonction des personnages. Le développement des deux hommes Simon et Whit est plus profond, et pour le premier son histoire est plus « importante ». Il noue ainsi un lien avec Brigitte très intéressant à suivre.

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Les dominos sont un beau parallèle pour illustrer le message du film.

SPOILER ZONE
Enfin, l’une des dernières scènes où l’on découvre que c’est Brigitte à l’hôpital qui discute avec Madeleine lorsqu’elle va perdre sa petite Olivia, est assez énigmatique. C’est à ce moment-là que le titre du film est cité. Plus tôt dans l’histoire, Madeleine confirme à Howard que les hallucinations du deuil son possible, et donc qu’il est plausible qu’il parle avec le Temps par exemple. Ainsi, si Brigitte est La Mort, est-ce possible qu’elle soit une hallucination pour cette maman sur le point de perdre sa fille ? Au fond je ne pense pas que le film soit aller si loin dans l’idée, mais il est intéressant de jouer sur ce doute. Sans quoi, pourquoi avoir mis ce personnage et pas une autre dame lambda ? Je te laisse y réfléchir…
OVER

AVEC DU RECUL …
J’attendais Beauté Cachée pour son lot d’acteurs que j’apprécie, mais surtout pour le beau scénario écrit par Allan LOEB. Une fois le film terminé et le rebondissement final révélé, j’ai été surpris du bon côté par sa qualité. Émouvant sans être pleurnichard et à l’eau de rose, le film de D. FRANKEL possède une touche visuelle et de réalisation parfaitement adaptée à l’histoire qui je trouve est magnifique. Doté d’un rebondissement final totalement inattendu pour ma part, cela embellit encore plus le récit.  De plus, avec le talent indéniable des acteurs, l’histoire est très agréable à suivre et transmet également un message important qu’il est bon d’écouter.

MA NOTE : 7,5/10

Clique ici pour voir le trailer !

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)