EN BREF :
Fan de la licence d’Ubisoft depuis la sortie du premier jeu en 2007, l’adaptation au cinéma de la célèbre franchise Assassin’s Creed faisait parler d’elle depuis 2011. Mais, depuis le 21 décembre dernier, la confrérie des assassins possède officiellement son propre film. En tant que joueur, il m’était difficile pour moi de faire abstraction totale de mon expérience sur les jeux et donc sur un univers que je connais si bien. D’autre part, à la vue de l’ampleur du projet : + de 150 millions de dollars de budget, FASSBENDER et COTILLARD, décor et cascade réelles… les chances de voir une bonne retranscription de l’univers à l’écran étaient élevées. Le second film classé dans mes attentes sur les sorties de décembre possède ainsi une saveur particulière pour moi.

Par le biais de l’Animus, une machine capable de nous faire revivre les mémoires de nos ancêtres, Callum Lynch (Michael FASSBENDER) est capturé par le laboratoire Absergo Industries et le Dr Rikkin (Marion COTILLIARD) afin qu’il les aide à retrouver la pomme d’eden. C’est en effet son ancêtre, l’assassin Aguilar, qui a possédé en dernier cet artefact si mystérieux durant l’inquisition espagnol. La lutte entre Assassin et Templiers débute pour Callum mais pour cela il devra choisir son camp : celui du pouvoir ou celui du libre-arbitre.

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Une affiche assez trompeuse au final, car l’essentiel de l’intrigue ne se situe pas du tout avec Aguilar.

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Assassin’s Creed réalisé par Justin KURZEL est une bonne adaptation de l’univers du même nom. J’entends par là que, à l’exception de la représentation de l’Animus, l’univers y est respecté dans de multiples détails et y est très bien recréé : les bâtiments d’Abstergo, les effets de transfert et plus particulièrement toutes les scènes situées en 1492 avec la présence d’Aguilar (donc les passages où Callum est dans l’animus). Les combats sont très bien chorégraphiés et les séquences de parkour vraiment très (très) bonnes et jouissives à voir. Le tout dans le décor somptueux qu’est l’Andalousie, dans lequel KURZEL a ajouté des tonnes de poussières et de sables. Certes il y’a beaucoup de poussière dans ce genre d’environnement, mais à ce point-là… Il use à maintes reprises de beaux plans séquences qui parte du ciel (zoom) pour finir sur un personnage ou l’inverse (dé-zoom). De surcroit, l’aigle, symbole des assassins, est également de nombreuses fois suivi en vol. Il est cependant dommage de ne pas avoir accompagné ces scènes d’une musique plus grandiose, plus majestueuse à l’instar de l’animal.  Les costumes et décors sont aussi à l’image de ce qu’on pouvait trouver dans les jeux : beaux et très crédibles. De plus, on notera la volonté de laisser les dialogues en espagnol (sous-titré), ce qui est un bon point je trouve car cela fait honneur à la culture hispanique et renforce l’immersion.

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Les séquences de parkour dans la ville sont excellentes.

Voilà les éléments qui m’ont le plus séduit dans ce film. Il faut savoir que ces scènes où Callum est présent dans l’Animus afin de revivre la vie de son ancêtre, ne représentent que 30-40% du film. Un choix scénaristique risqué lorsqu’on sait que le succès de la franchise est clairement lié au jeu dans l’animus, donc dans le passé. J’ai donc trouvé véritablement dommage de faire tout ça… pour ça ! Car les enjeux et personnages de 1492 sont presque inutiles dans l’histoire. Certes, ils le sont d’un point de vue techniques puisque c’est grâce à l’Animus qu’il tente de retrouver la pomme d’Eden. Mais les véritables conflits, développements de personnages (aussi brefs soient-ils), enjeux et problématiques sont exposés dans le monde réel. La situation en Espagne est complétement mise de côté au point que notre intérêt pour les quelques assassins présentés est quasi inexistant. Une scène en particulier est censée être émouvante et triste, mais c’est un flop total puisque nous n’avons aucun attachement et donc aucune empathie envers eux.

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Les personnages manque cruellement de profondeur malgré leur charisme.

Outre la belle prestation des acteurs du film (Marion n’est pas dans son plus beau rôle mais elle fait bien son travail, le film est compliqué à cerner pour quiconque ne connaît pas du tout l’univers du jeu.  Pour la défense du film, l’histoire originale est déjà complexe, au point que même Ubisoft s’est mélangé les pinceaux ces dernières années. En raison de la quantité astronomique de choses à montrer et à expliquer, le développement des personnages est inexistant pour la plupart et très léger pour le protagoniste. En effet, il se retrouve en prison pour homicide mais aucune autre information n’est mentionnée à ce sujet. Par ailleurs, l’enchainement des péripéties est rapide ce qui laisse peu de temps au spectateur de réfléchir pour se créer en parallèle son propre avis sur les personnages et sur l’intrigue. D’autre part, bien que la gente féminine en soit sûrement satisfaite, je n’ai pas trouvé où se situait l’intérêt de priver Callum de son t-shirt lors de l’affrontement final.

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Les deux acteurs sont tous deux très bon.

Enfin, la musique ne m’a absolument pas marqué et c’est à mon sens vraiment dommage lorsqu’on se souvient des bandes-son qui accompagnaient notre assassin dans le second opus du jeu-vidéo. Les trailers des jeux sont également réputés pour leurs musiques toujours parfaitement choisies. Celle de la bande-annonce du film s’inscrivait dans la lignée sans être aussi fantastique que les œuvres de Woodkid pour les jeux, mais le film en lui-même ne comprend aucune musique mémorable qui aurait pu et dû accompagner Aguilar en action.

 

AVEC DU RECUL…
Eh oui tu l’as déjà deviné, je suis déçu par Assassin’s Creed. Je ne peux cependant que reconnaître la qualité du travail et l’effort réalisé par l’équipe pour créer une histoire cohérente et fidèle à l’univers originel. Mais une adaptation de jeu vidéo est toujours un pari fou pour un réalisateur car il ne pourra satisfaire tout le monde, c’est une évidence. Malheureusement, ce film est bien trop rapide dans son exposition en raison des nombreuses choses qu’il a à nous apprendre. Un rythme qui oblige à faire l’impasse sur les points clefs du succès du jeu vidéo tels que ses personnages et surtout les séquences du passé. Une suite est clairement envisageable et serait de bon augure. Les bases étant désormais posées, il est possible de s’attarder sur l’assassin en question et de délaisser un peu plus le présent qui personnellement m’attire beaucoup moins. En somme, le film n’est pas catastrophique non plus et expose les enjeux qui opposent les assassins des templiers. Cette déception est donc entièrement personnelle puisque c’est la structure scénaristique qui me gêne. Enfin, la tâche était si « casse-gueule » à mon sens que malgré tout, la proposition du réalisateur australien reste globalement potable.

MA NOTE : 5,5/10

Clique ici pour voir le trailer !

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)