PREAMBULE : Cet avitique comprend des spoilers seulement dans les courts paragraphes intitulés « SPOILER ZONE ». Si tu souhaites les éviter, descends jusqu’au « OVER » situé quelques lignes plus bas pour reprendre la lecture. Merci de ton intérêt pour mon blog !

EN BREF : Après la sortie de l’épisode VII l’an dernier, l’annualité des sorties liée à l’univers de la Guerre des étoiles fait indirectement baisser le niveau d’attente. C’était en effet mon cas. Evidemment la sortie de ce premier spin-off m’attirait par une prise de risque assez élevée. En effet, on nous propose un film dont on connaît déjà la fin. Aux premiers abords, l’intérêt peut sembler difficile à déceler. Sans compter que la seule bande-annonce que j’avais vue m’avait fait froid dans le dos… Les faux semblants d’un Hunger Games version space opénra avec une très jeune héroïne se disant rebelle contre l’empire, humm humm (Mes attentes sur : les sorties de décembre). Malgré ces quelques appréhensions et les nombreuses polémiques relatives aux phases de reshoot ordonnées par Disney, Rogue One : A Star Wars Story est sorti en salle depuis le 14 décembre.

Dans la continuité des évènements de l’épisode III, La revanche des sith (2005), Rogue One suit les péripéties d’un groupe de rebelles missionnés pour tenter de voler les plans de l’Etoile de la Mort afin de la détruire. Le scénario vient ici répondre à une interrogation posée dans l’épisode IV Un nouvel espoir (1977). Comment se faisait-il que les plans de cette fameuse étoile destructrice de planète possèdent une faille aussi exploitable et importante ? En dépit des risques, cette insertion de l’histoire entre ces deux épisodes était la plus judicieuse possible à mon sens puisque le film permettait d’effectuer la jonction entre les deux trilogies ô combien sources de débats…

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L’affiche garde le style propre à la saga en laissant deviner le retour de Vador

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
N’étant pas un fan hardcore qui visionne chacun des films en costume de Yoda, c’est l’avis d’un simple fan de l’univers qui écrit ces mots. Il y aura donc des points critiquables par les fans de la première heure (ou de la dernière d’ailleurs), mais tant mieux/tant pis !

Le premier point que j’aimerais aborder concerne mon regret de ne pas l’avoir vu en IMAX. Si cette opportunité t’es donnée, fonce. Car en effet le film de Gareth EDWARDS est filmé et donc fait pour être visionné dans une salle en IMAX. (Pour rappel, l’IMAX et l’abréviation d’Image Maximum, ce qui consiste à filmer sur une pellicule qui est capable de diffuser des images plus grandes et de meilleure qualité donc sur un écran bien plus grand). De nombreux plans sont gigantesques et très larges, ce qui nous invite à plonger dans un écran immense. De par le vide de l’espace, les combats entre vaisseaux spatiaux ainsi que la beauté des différentes planètes, l’univers de LUCAS est l’un des plus adéquat à utiliser ce genre de technologies. EDWARDS nous emmène au cours des 134 minutes de film sur plusieurs planètes de la galaxie toutes très variées. La photographie de chaque environnement y est sublime et donne envie d’en connaître les origines. Ayant réalisé en 2014 le reboot de Godzilla, la critique était unanime pour louer son travail quant au traitement du gigantisme de la bête. Cette qualité se retrouve en effet sur une multitude de plans du film où les décors sont habilement mis en valeur.  C’est d’ailleurs un contraste avec le film d’action que l’américain nous propose. Ces longs, calmes et beaux plans panoramiques contrastent avec les scènes de guerre ou la caméra épaule est instable. Il nous avait prévenu, Rogue One serait un film de guerre. Sans être d’une violence inouïe, l’absence de Jedi renforce cette aspect champ de bataille qu’aucun autre Star Wars n’avait exploité. La violence de la guerre est accrue sur ce film puisque l’héroïne principale et les autres personnages sont des rebelles et donc des soldats. L’action de l’histoire se concentre ainsi inévitablement sur ceux-ci, lesquels sont les acteurs de cette guerre. Cela était impossible avec les Jedi comme Ray ou Luke, puisqu’ils affrontent leurs ennemis uniquement en face à face et souvent dans des endroits clos ou peu ouverts. Cet aspect inédit est donc le bienvenu, qui plus est dans un décor si vaste, sublime et paradisiaque, ce qui rend la scène de guerre encore plus majestueuse avec un tel contraste.

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En l’absence des Jedi, la guerre au sens propre est vraiment présente.

En outre, en connaissant l’histoire de l’épisode IV, et donc le succès évident de leur mission, nous savons aussi qu’il sera très difficile pour les personnages de s’en sortir vivant. Effectivement, ils seront absents du film qui suit, Felicity JONES étant née 5 ans après Un nouvel espoir c’est un peu compliqué. Cela me permet d’aborder les personnages du film. Je ne comprenais pas, à la vue de la bande-annonce, pourquoi le ou la protagoniste devait impérativement être jeune dans chaque film. Anakin, Luke puis Rey, chaque trilogie possède son jeune Jedi. Pourquoi ne pas prendre quelqu’un avec de l’expérience, ce qui éviterait l’aspect juvénile, et « apprenez-moi la force et le monde » etc… Une fois sorti de la salle, ce choix de personnage et sa jeunesse est justifié par le bon scénario du film. En revanche, je reproche au film une grosse zone d’ombre sur une grande partie de la vie de Jyn dans laquelle nous ne savons ni ce qu’elle fait ni même où elle se trouve. Sur 15 ans, ça fait quand même beaucoup. Le développement des personnages est ainsi une petite entorse à monsieur le scénario, car en plus du très bon casting, chaque personnage secondaire de l’équipage Rogue One est très intéressant. Malheureusement, les décisions de certains sont parfois peu compréhensibles et leurs ambitions seulement esquissées voire inexistantes. Dans l’ensemble, l’histoire est stable, mais une scène en particulier avec un certain pilote et une grosse limace m’a laissé perplexe.

SPOILER ZONE :
Le pilote est censé se faire torturer pour révéler certaines informations, au terme de quoi il devrait perdre la raison. Cependant, dans le plan suivant, nous le retrouvons emprisonné avec quelques bégaiements puis la mémoire lui revient en quelques minutes. Faudrait savoir …
OVER.

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L’IMAX nous délivre des plans magnifiques de divers paysages.

Par ailleurs, je dois avouer que la première partie du film m’a légèrement ennuyé. Certes la salle dans laquelle j’étais se distinguait par l’agitation de deux jeunes garçons qui auraient mieux fait d’aller voir Vaiana, et un homme qui était mort de rire à chaque phrase des personnages ou presque. Des conditions pas vraiment optimales pour se plonger dans l’univers mais outre cela, je trouve que le film est long à démarrer et assez fouillis en raison de la quantité de choses à présenter. Cette longueur est aussi causée par les ambitions de Jyn un peu floues et qui finissent par évoluer un peu trop subitement à mon goût.

SPOILER ZONE :
En plus du fait qu’on ne sait pas ce qu’elle fait pendant plus de 15 ans, nous comprenons facilement qu’elle ne porte aucun intérêt à la cause de la rébellion et n’est pas effrayée à l’idée de vivre sous l’emprise de l’empire. Il est alors très surprenant de la voir motiver les troupes via un beau discours encourageant comme si cela faisait partie de ses valeurs les plus profondes.
OVER.

Mads MIKKELSEN est également à l’affiche et, étant totalement fan de cet acteur, je trouve que le rôle qu’il tient ici lui va à merveille et aurait mérité d’être plus présent. J’ai aussi beaucoup apprécié les chorégraphies des combats du sage Chirrut (Donnie YEN) qui ne sont pas sans rappeler les mouvements si badass de Dark Maul. Pardonne moi l’adjectif mais c’est le mot. Quant au grand retour de Dark Vador, que dire ? Sa présence pouvait être réellement gâché dans la volonté de trop en faire. Le film se situe entre l’épisode III et IV, il ne faut pas l’oublier. Sa présence est donc normale. Deux scènes sont particulièrement travaillées, lors de son apparition évidemment et la dernière qui se situe dans un tout autre contexte. La première utilise la largeur d’image qu’offre l’IMAX et un jeu de lumières parfait lors d’une scène quelque peu exagérée à mon goût, mais ce n’est pas n’importe quel personnage donc… On excusera.

SPOILER ZONE :
La seconde est tout simplement jouissive car c’est celle où Vador sort son sabre laser (le seul du film) pour massacrer littéralement tous les rebelles. On voit d’abord apparaître l’éclair du sabre dans l’ombre pour ensuite s’émerveiller devant la puissance et la suprématie du Jedi, au grand dam des soldats de la rébellion.
OVER.

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Dans un rôle déterminant de l’intrigue, Galen est superbement interprété.

AVEC DU RECUL …
En somme, Rogue one est une belle prise de risque parfaitement réussie. Tout en effectuant un lien encore inexistant entre deux époques, deux trilogies, il se permet des choses qui font de ce film une véritable parenthèse dans l’univers et sa timeline. Pas de générique déroulant, pas de transitions traditionnelles horizontales, verticales ou circulaires, pas de thème Star Wars, le titre n’intervient qu’après une longue scène d’introduction… bref ça c’est des risques et du changement ! D’autre part, le film est surtout magnifique visuellement, c’est un véritable voyage dans la galaxie que nous propose EDWARDS par le biais de ses plans splendides. La musique ne m’a pas transcendée par son originalité mais réutilise astucieusement les thèmes de la saga avec la création d’un morceau spécial lors de l’affichage du titre. Un effort appréciable que d’autres ne font pas forcément (Mon avitique sur : Les Animaux Fantastiques). Ce premier Spin-off s’en sort donc très bien en proposant une histoire dans l’ensemble cohérente et intense dans sa dernière partie. Le dernier plan étant quasiment le premier de l’épisode IV, la continuité n’est pas grossière mais simplement excitante car elle donnera à tous l’envie de retrouver une nouvelle fois Leia et ses amis. Enfin, l’œuvre d’EDWARDS, arrivant après le retour des Star Wars sur grand écran, elle possède à mon sens un avantage que n’avait pas Le ŕéveil de la force l’année passée. J.J. ABRAMS devait faire face à l’incroyable engouement que générait le retour de l’univers de LUCAS au cinéma, 10 ans après la sortie de l’épisode III. Un phénomène mondial qui était forcément moindre pour la sortie de Rogue one et qui, l’air de rien, donne une atmosphère de travail plus tranquille et plus sereine pour l’équipe. Quoi qu’il en soit, le défi est réussi pour cette première Star Wars Story, et outre les deux prochains spin-off déjà prévus, elle ouvre la porte sur une nouvelle ère pour la galaxie lointaine, très lointaine.

MA NOTE : 8,75/10

Clique ici pour voir le trailer !

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)