EN BREF :
Après American Sniper en 2015, Clint EASTWOOD est de retour avec un nouveau biopic : Sully. Qui n’a pas entendu parler en 2009, de l’incroyable histoire du pilote américain qui réussit à faire amerrir un A320 sur le fleuve Hudson à New-York ? L’auteur de cet exploit est le pilote Chesley SULLENBERGER dit Sully. Le film est donc la retranscription de ce fait extraordinaire mais aussi et surtout, la suite des événements qui ont concerné le commandant et son équipage. En effet, malgré les médias qui dans le monde entier lui attribue le titre de héros, l’enquête est ouverte par le NTSB (National Transportation Safety Board) et remet en cause l’exploit de Sully et son copilote. N’aurait-il pas plutôt mis gravement en danger la vie de 155 personnes alors qu’un retour à un aéroport était possible ? Des doutes qui remettent en cause sa grande expérience et la beauté de son acte.

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ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Ayant un intérêt particulier pour les biopics en général, je suis souvent séduit par la découverte de personnages bel et bien réels. Un aspect du cinéma que j’apprécie particulièrement et qui permet d’en apprendre plus sur des histoires incroyables de notre monde. Sully m’a donc globalement plu principalement pour son montage et sa gestion de la timeline. Avec une histoire de ce type, je craignais d’assister à une banale présentation de l’action, puis du déroulement des péripéties qui ont suivi. C’est ici qu’EASTWOOD intervient en réalisant un parfait mélange de tous ces éléments. Les sentiments du personnage et les effets post-traumatiques sont particulièrement travaillés dans les films de l’américain. Les cauchemars et visions de Sully qui débutent le long-métrage leurrent le spectateur en faisant croire que l’accident a directement lieu. Plusieurs fois le commandant revoit la scène avec au terme un crash terrible de l’avion. Des souvenirs douloureux pour lui qui nous montrent à quel point les catastrophes aériennes sont effrayantes pour le peuple américain. Certes, le 11/09 est digéré lorsqu’on voit des films comme Avengers qui détruit la moitié de New-York, mais tout lien avec l’aviation est encore très sensible. Le montage alterne ainsi entre l’accident, les visions de scénarii dramatiques et l’enquête sur les circonstances de l’accident. Ce procédé donne un rythme très appréciable au scénario qui m’a personnellement fait totalement oublier le cours du temps.

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HANKS maîtrise le jeu de son personnage de bout en bout.

Accompagné de son copilote plutôt convainquant (Aaron ECKHART), Tom HANKS excelle dans son personnage en étant aussi touchant que perturbé face aux événements. De par le montage, nous voyons son arrivée à l’aéroport pour prendre les commandes de l’avion bien après avoir vu ses réactions post-traumatiques. Ainsi on voit un Sully bien plus détendu et sûr de son expérience qui contraste avec le regard effrayé et le doute qui l’a envahi le lendemain de ce fameux 15 janvier. La caméra se positionne souvent en plan poitrine ou gros plan quand il est de face et de dos. Des plans très fixes, en face de son regard, qui nous donne l’impression qu’il est réellement face à un événement qu’il prend « en pleine face », sans savoir comment il doit réagir. Abasourdi par le tapage médiatique et son intention remise en cause de sauver tout le monde, son besoin de solitude est également mis en avant. On notera d’ailleurs que sa femme est uniquement présente via des appels téléphoniques et qu’à chaque fois il doit raccrocher ou ne peut pas vraiment lui parler. La solitude et la remise en question de sa propre personne sont des notions clefs du traitement de l’histoire.

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Plusieurs scènes se situent derrière une vitre, un rappel des hublots de son cockpit…

Le sang-froid de Sully refait surface lors du jugement final et montre qu’il a réussi à reprendre le dessus sur la situation. Son discours, malgré la difficulté de se remémorer les péripéties de l’accident, démontre sa volonté profonde d’éviter un (nouveau) drame dans New-York. Son expérience est privilégiée aux ordinateurs et la tension, ainsi que le poids de ce souvenir plus qu’effrayant, sont source d’une émotion particulière.

AVEC DU RECUL …
EASTWOOD réussit à enjoliver une histoire qui malgré son aspect incroyable, s’est déroulée en moins de 5 minutes à l’origine. En faire un film était donc un pari à mon sens risqué que l’acteur-réalisateur réussit. Par l’intermédiaire d’un montage très habile, le rythme est très travaillé et ne perd pas en intérêt. Par ailleurs, nous n’apprenons pas vraiment à la fin du film s’il reprend du service ou non malgré sa volonté de le faire. En effet son poste était en jeu durant la lutte contre les institutions juridiques et pénales, mais le commandant, tout en restant très humble, prouve que son sens de pilote expérimenté était celui à suivre ce jour-là.  Enfin, sans en faire trop, le film sur l’histoire du pilote Sully est touchant de par le personnage qui a su faire ce quI était le mieux alors qu’il avait plus de 150 vies entre ses mains. Un sujet maîtrisé qui ne tombe pas dans le pathétique mais qui à l’image de M. Sully, préserve son honneur pour en faire un bon film.

MA NOTE : 7,25/10

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)