EN BREF :
10 ans après son dernier film, Mel GIBSON est de retour derrière la caméra. Le célèbre Mad Max dans les 3 premiers films du même nom (1979-81-85) nous revient avec le biopic du soldat américain Desmond DOSS. Décidément, après Snowden et bientôt Sully, les réalisateurs américains ne se passent plus de montrer à quel point leurs compatriotes sont extraordinaires. La différence avec ces deux films également sortie au mois de novembre est qu’ici, le protagoniste ne donne pas son nom au film et est décédé en 2006. Autre similitude avec les films du moment, le cadre spatial se situe durant la Seconde Guerre Mondiale (La Folle Histoire de Max et Léon ; Miss Peregrine et les Enfants Particuliers. Les deux avitiques correspondants sont disponible sur mon blog).

Mais revenons-en à Hawksaw Ridge (titre en VO). Lorsque les Etats-Unis entre en guerre en 1941, chaque jeune homme du pays s’engage avec vaillance dans l’armée afin d’accomplir leur devoir de citoyen. Un devoir que Desmond se sent également obligé d’accomplir s’il veut préserver sa dignité et son honneur. Cependant, tuer est contraire à ses principes moraux en raison de sa très grande foi en dieu. Une valeur qu’il refusera de transgresser au péril de son départ sur le front. Passionné par l’anatomie et la médecine, sa seule volonté est d’être médecin auprès de ses frères soldats, le tout sans toucher à un seul fusil. Un désir suicidaire, mais qui fera de lui un héros légendaire puisqu’il sauva la vie de 75 soldats, laissés pour mort sur le champ de bataille.

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Une affiche tout simplement magnifique.

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Le point le plus marquant du film à mes yeux est lors des affrontements. Les 2 ou 3 scènes de guerres sont extrêmement violentes et immersives. La première étant la plus longue et la plus surprenante, est bluffant de réalisme. L’objectif étant de nous faire évidemment sentir la peur qui envahit les soldats et le carnage qui s’opère. Pour ce faire, aucune musique n’est présente par-dessus les affrontements. Le réalisme en est ainsi renforcé, car seul les coups de feu, le bruit de la chair qui éclate sous l’impact des balles, les explosions, les cris … parviennent à nos oreilles. Une scène troublante, qui n’est pas « illisible visuellement » si je puis dire. La caméra reste en place assez longtemps avant de passer à un autre plan, ce qui reste agréable à l’œil sans drainer l’action. Car c’est en effet le risque dans ce type de scènes. Voulant trop donner en intensité et en immersion, la caméra devient bien trop mobile et désagréable à suivre pour un œil spectateur. Ici, GIBSON trouve le juste-milieu. Il réussit à très bien retranscrire l’horreur du front et son imprévisible redondance. La première scène étant d’une telle puissance, que la pause est la bienvenue pour les soldats comme pour les spectateurs dans la salle. La nuit passée, un plan dévoilant l’aube du jour rappelle les matinées paisibles vues habituellement. Seulement juste après cela, les Japonais surgissent et le conflit redémarre. La réalisation montre habilement grâce à ce procédé l’imprévisibilité de l’ennemi et surtout à quel point l’armée n’a pas le droit de se reposer.

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Les affrontements atteignent une violence presque perturbante.

Durant cette longue introduction au combat, Desmond n’est présent que par petits segments pour nous montrer qu’il est bel et bien sur les lieux. Une bonne chose puisqu’étant démuni d’arme à feu, il aurait pu être totalement oublié durant les premières minutes d’affrontements. Une appréhension qui s’est estompée au fur et à mesure de l’histoire car évidemment, plus le film avance, plus les blessés s’accumulent, et plus le médecin s’illustre. Le film rend vraiment compte du nombre de ses compatriotes qu’il a ramené dans son camp via la répétition de scènes de sauvetage. Néanmoins, cela n’est pas ennuyant car le montage varie avec les personnes qu’il soigne et rencontre. De plus la musique épique de Rupert GREGSON-WILLIAMS (remplaçant de feu James HORNER – Titanic et Avatar) marque les esprits lors d’une scène particulièrement poignante. DOSS court, tout en portant sur son dos son ancien ennemi, au travers d’un paysage dévasté, fumant, et jonché de corps, le tout au ralenti. Une seconde scène a marqué mon attention par son originalité amusante. Bien que DOSS ait réellement sauvé son sergent du champ de bataille, je ne pense pas que cela se soit passé comme nous le voyons dans le film. Mais là est tout l’intérêt du cinéma, l’histoire véritable alliée à la patte d’un réalisateur. Ainsi, le médecin traine derrière lui à l’aide d’un drap son sergent blessé qui tire en même temps sur les Japonais arrivant en masse. Evidemment aucune balle des 15 Japonais, ne touche les deux américains qui parviennent à s’en sortir grâce à l’incroyable Desmond. Une scène peu crédible, mais qui intervient pour conclure les nombreux sauvetages du soldat DOSS de manière rocambolesque. Concernant l’interprète de ce dernier, Andrew GARFIELD, j’ai trouvé bonne l’idée de le choisir pour ce rôle. A l’opposé de Spiderman qui l’a fait connaître, il est ici contraint d’être bien plus sincère et touchant. Mission réussie pour son premier rôle de ce genre puisqu’il correspond bien au personnage que le scénario nous présente. En revanche je trouve qu’il fait preuve d’une très grande dose de maturité alors que la première moitié du film nous le présente plutôt comme un gamin inexpérimenté. On ne voit pas vraiment d’évolution chez lui. On imagine donc que la foi et le courage dont il fait preuve lui confère un sang-froid et une réflexion hors pair. Il est par ailleurs surprenant qu’il ne commette aucune erreur grave qui impacte sa vie ou celle des autres en somme, alors que ses actes sont on ne peut plus dangereux. Mais la réalité est peut-être ainsi après tout…

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De nombreux gros plans sur le visage de A.GARFIELD témoignent de la dureté des événements

Comme dit précédemment, le film est clairement composé de deux parties. La première pose les bases du scénario avec les personnages, le contexte dans lequel évolue sa famille, la rencontre de sa future femme… Une première moitié enfantine et insouciante voire même un peu fleur bleue lors de sa rencontre avec Dorothy SCHUTTE (Teresa PALMER) qui deviendra sa femme quelque temps plus tard. Le camp d’entraînement est, outre les mésaventures de DOSS, presque montré comme une colonie de vacances où les jeunes garçons s’amusent. Une ambiance calme et « gentillette » qui a pour but de trancher totalement avec la seconde partie du film : la guerre. Un procédé maitrisé, mais qui pour moi aurait nécessité une transition. En effet on ne voit pas le voyage entre les Etats-Unis et le Japon et aucune mention du départ n’est faite non plus. J’ai ainsi été surpris de les voir débarquer directement à Okinawa. Si la transition n’est pas physique, elle est psychologique pour les soldats, et le cinéphile. La scène où les nouveaux arrivants américains voient défiler les camions de cadavres est marquante au travers de plusieurs aspects. Tout d’abord, le regard des soldats qui voit des dizaines de jeunes hommes entassés dans une benne, tous mort et défiguré pour certains. DOSS est le premier à retirer son casque en signe de respect, suivi par le groupe. Ensuite, et c’est là que la scène est forte, ce n’est pas un seul camion qui croise leur chemin mais 3 ou 4, tous remplis à nouveau de corps sans vie. La longueur de l’action est très importante, car les hommes sont contraints de laisser passer les convois et donc de contempler l’horreur qui semble prémonitoire… Une transition morale chez les jeunes américains a lieu à ce moment-là, et montre à eux comme à nous que ce n’est plus juste un mot ni un projet, mais qu’ils sont bien à la guerre.

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La première partie du film est aussi propre et amusante que leurs vêtements leurs sont trop grands.

AVEC DU RECUL…
L’histoire de l’objecteur de conscience Desmond DOSS est tout simplement hallucinante. L’objectif du film aurait pu être de simplement montrer le courage de l’Américain et de valoriser encore et encore le patriotisme et l’américanisme. Hors GIBSON ne fait pas ça, même si évidemment l’amour pour son pays y est fort, c’est l’amour pour sa religion qui l’est encore plus. C’est justement de ça que lui viennent ses principes, sa foi si forte et son refus catégorique de toucher un fusil. Le réalisateur axe davantage son travail sur l’horreur des affrontements que sur le simple aspect Américain vs Japonais. Enfin, en dehors de son esthétisme et de sa belle mise scène., la scène finale du film n’est pas vraiment convaincante à mes yeux. Malgré cela, les archives avec les images du véritable soldat DOSS pallient un peu facilement, mais honorablement à cela. Ainsi, DOSS, décoré de la légion d’honneur par TRUMAN, évita la mort à maintes reprises et pu retrouver sa femme, malheureusement c’est dans un accident de voiture qu’il la perdit en 1991. Comme quoi, la vie est parfois surprenante…

MA NOTE : 7,75/10

Clique ici pour voir le trailer !

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)