EN BREF
De 2001 à 2011, la saga Harry Potter m’a émerveillé à chaque film. Étant donné mon jeune âge sur cette période, mon esprit critique était quasiment inexistant. Cependant, je reste encore aujourd’hui un inconditionnel fan des 8 films de cette saga. Lorsque J.K. ROWLING annonçait la fin de tout travail sur l’univers du sorcier lors de la sortie du dernier film, je restais sceptique. Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous apprenons en septembre 2013 l’adaptation sur grand écran du fameux bestiaire que possèdent les élèves de Poudlard : Vie et habitats des Animaux Fantastiques. L’auteur de base en sera la scénariste. Un soulagement quand on sait que ce petit livre de 96 pages n’est qu’un répertoire des créatures recensées par son « véritable auteur », Norbert DRAGONNEAU, et donc en aucun cas un roman. Courant 2016, ROWLING dévoile que l’adaptation sera une trilogie. Cependant, quelques semaines avant la sortie du premier film, elle revint sur ces mots pour annoncer finalement une pentalogie (5 films), tous réalisés par David YATES déjà à l’œuvre sur les quatre derniers Harry Potter. Le 16 novembre 2016 marquait ainsi le commencement d’une nouvelle ère dans l’univers de l’auteur britannique.

70 ans avant les événements de Harry Potter, nous retrouvons le magizoologiste Norbert DRAGONNEAU lors de son arrivée à New-York durant les années rugissantes. Venu sur le sol américain dans un but précis, il se retrouve bloqué dans la ville par une série de péripéties inattendus.

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N.DRAGONNEAU traversant les magnifiques bureaux du MACUSA…


ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Un sourire béat et des yeux étincelants, voilà à quoi devait ressembler mon visage lorsque dans un ciel orageux, apparaissaient au loin les lettres formant le titre du film : « Les Animaux Fantastiques ». Sur un fond musical ô combien célèbre, cet effet nous montre dès les premières secondes que nous intégrons un univers qui nous est familier. James N. HOWARD est le compositeur du film et bien que je ne pense pas que cette décision vienne de lui, je trouve regrettable qu’un thème unique et identifiable n’ait pas été créé et mis davantage en avant pour cette nouvelle saga. Certes, la composition de J. WILLIAMS (Hedwig’s theme) est la signature auditive de l’univers, mais j’aimerais un thème nouveau, propre aux aventures de Newt SCAMANDER (le nom du protagoniste en V.O.). Ici, le thème a été modernisé et retravaillé, en bien il est vrai, mais cela appartenait à l’évolution d’Harry qui d’un film à l’autre grandissait en même temps que « sa » musique. The boy who lived n’est plus d’actualité désormais, c’est Norbert que l’on veut voir grandir… Malgré cela, j’ai trouvé que le travail d’HOWARD reste fidèle à l’univers. Agréable, et dans le fond… un peu magique, la musique remplit son contrat et devrait accompagner mes trajets en voiture à l’avenir. L’introduction nous replonge dans l’univers en nous informant au travers du survol des journaux, des dernières actualités de New-York. Un procédé qui à nouveau fait allusion à la première saga. Cependant, la vitesse à laquelle la caméra se déplace sur les lignes des articles est trop élevée, ce qui n’est pas très agréable lorsque le film est en 3D (ou pas j’imagine). A propos de la 3D justement : hormis ce détail, c’est la première fois depuis longtemps que je peux dire que ce film mérite d’être visionné au travers de ces petites lunettes. En effet, de nombreuses créatures s’amusent à sortir du cadre presque à la manière d’une attraction. Cela revient donc simplement à utiliser le principe de base qui rend cette technologie attrayante. De surcroît, la profondeur de champ est régulièrement présente lorsque les personnages sont dans la rue. Des scènes qui contribuent à une bonne 3D.

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Les créatures du film sont toutes très travaillées, et réussies.

Venons-en à l’intérêt principal de cette nouvelle histoire : les animaux fantastiques. Superbement réalisés, toutes les créatures visibles dans le film sont uniques et ouvrent une nouvelle porte sur l’univers de ROWLING jusqu’alors seulement entrouverte dans Harry Potter. Chacune d’entre elles nous donne envie d’en savoir plus sur son mode de vie et de connaître ses nombreuses particularités que Norbert pourrait nous apprendre. Un tas de nouvelles créatures encore jamais vues ou à peine évoquées dans les précédents films. (« Tu n’étais pas plus grand qu’un botruc » disait Hagrid à Harry dans le premier film). Nous en retrouvons aussi certaines qui sont déjà bien connues à l’image telles que des elfes de maison et des gobelins. Ces derniers ont d’ailleurs beaucoup évolué depuis leur première apparition en 2001. Le temps ou des personnes de petite taille étaient pendant des heures maquillées afin de donner vie aux créatures, à l’image de Warwick DAVIS qui incarnait le célèbre Gripsec ou encore le professeur Flitwick, est apparemment révolu. En effet, le maquillage et les masques semblent avoir cédé leurs places à la modélisation 3D sur le visage des acteurs en post-production. Un choix qui marque évidemment une nette différence visuelle dans un premier temps, et symbolique dans un second… Une évolution qui ne me trouble pas plus que ça, même si je me doute que certains préfèreront les « anciens gobelins », et d’autres les « nouveaux ». Quant aux elfes de maisons, nous découvrons qu’ils ne sont pas mieux traités en Amérique qu’en Europe. Nous pouvons ainsi les observer à nettoyer les baguettes des sorciers et en tant que barman (ou barelf du coup ?). La discrimination est donc toujours un aspect important pour la scénariste. J’ai aussi remarqué une certaine ressemblance des têtes entre l’Oiseau Tonnerre, dénommé Franck, et l’Hippogriffe Buck. Un élément qui se renforce un peu plus lorsque ce grand oiseau s’envole dans le ciel à la manière de Bucky dans le troisième film. Dans l’esprit des petites similitudes agréables, on retrouve aussi le principe de l’arrivée du personnage à l’ouverture du film et de son départ à la fin. Harry arrivait à Poudlard à chaque début de long-métrage (ou presque) et devait rentrer à la fin de celui-ci. Norbert suit le même parcours avec New-York.

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Le Magical Congress of the US of America appelé le MACUSA, s’apparente-t-il au ministère de la magie ? Comme je m’y attendais, on retrouve la grandeur des sorciers avec un grand hall noir et doré tout en hauteur, conduisant à une longue rampe d’escalier. Un sublime décor qui reprend les codes du ministère que nous connaissons dans un tout autre style. L’appartement de Portpentina GOLDSTEIN, (dit « Tina ») possède le charme unique présent dans les maisons de sorciers qu’on ne voit que rarement dans les précédents films. Ce lieu correspond parfaitement à la délicatesse de sa sœur Queenie qui n’est d’ailleurs pas sans m’évoquer la douce folie de Luna… Un personnage riche en couleurs en plus de ses capacités en légilimancie. Restons dans l’aspect casting avec la prestation un peu trop fade à mon goût d’Eddie REDMAYNE. Outre le fait que j’adore son regard noisette et étincelant qui colle plutôt bien au personnage, je ne comprends pas pourquoi ni comment, aucun des évènements qui surviennent ne le perturbe ! Il n’a aucune réaction, même pas une once d’énervements… Ses amis semblent d’ailleurs bien plus inquiets que lui face à la disparition de SES créatures. En revanche, j’ai beaucoup apprécié le fait qu’il ne soit pas un sorcier ultra puissant. Ce n’est « qu’un » scientifique passionné et pas un magicien de renom. Il s’est d’ailleurs fait renvoyer de Poudlard lors de sa 6 ou 7ème année pour mise en danger de la vie d’autrui avec un animal. Une facette de sa personnalité qui j’espère sera préservée par la suite car Norbert n’est pas Harry Potter et n’a pas pour ambition de se battre. Malgré le fait que ce soit son sortilège qui révèle la véritable identité de GRAVES, nous pouvons voir qu’il ne peut pas lutter face à ce dernier lors de leur bref duel.

FANTASTIC BEASTS AND WHERE TO FIND THEM

Passons maintenant à la touche d’humour de ROWLING que l’on retrouve aussi dans ce préquel. Pour ça, Jacob KOWALSKI est dans la place ! Ce Non-Maj’, interprété avec brio par Dan FOGLER (un acteur américain inconnu au bataillon) est à l’origine de toutes les scènes cocasses du film ou presque. Pour la première fois dans une histoire, un sorcier se retrouve contraint de s’accompagner d’un moldu, une situation inédite qui est évidemment source de réactions amusantes. Choqué, en train de rêver, émerveillé … Jacob ne sait plus où donner de la tête ni ce qu’il se passe dans sa vie routinière d’usinier. Une excellente manière d’amener de l’humour en somme, puisqu’il est à l’origine de plusieurs gags très réussis.

Le scénario, point fort du film est aussi son plus gros handicap. Il mélange en effet deux, trois voire quatre intrigues en simultané avec à nouveau de plus petites enquêtes entre chacune d’elles. La recherche des animaux évadés, la mystérieuse créature qui tue et détruit tout sur son passage, le mystère qui plane autour de la famille BELLEBOSSE, et dans une moindre mesure, la disparition du mage Bulgare, Grindelwald. La troisième intrigue est liée à Mary-Lou BELLEBOSSE-, fondatrice des fidèles de Salem et dirigeante d’un orphelinat. Cette famille est composée du jeune Ezra MILLER (notre futur Flash) sous les traits de Croyance et de ses deux « sœurs » cadettes. Une partie du film très sombre, qui est plus qu’intéressante, aurait également mérité à mon sens un plus grand développement pour cerner plus amplement les personnalités troublées de Croyance et ses sœurs.

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La mystérieuse famille BELLEBOSSE.

D’autre part, je regrette qu’aucun autre élément sur Gnarlak (Ron PERLMAN) nous soit donné afin de comprendre qui il est. Le gobelin gangster de la ville, propriétaire d’un bar à l’aspect douteux, fourni en effet une information au magizoologiste dont on ignore totalement la provenance puisqu’il ne l’explique même pas. En dehors de sa beauté, de la richesse des détails, et de la présence de son élégante gobelin chanteuse, le Blind Pig (le bar de Gnarlak) n’a pour moi aucune utilité scénaristique. DRAGONNEAU et son équipe auraient tout à fait pu découvrir cela par lui-même ou l’apprendre autrement. Mais voyons cela comme un bonus, et comme on dit « mieux vaut trop que pas assez ». Espérons cependant que ce personnage reviendra d’une manière ou d’une autre dans les futures suites pour justifier sa présentation, sans quoi je ne comprendrais jamais vraiment cette scène. Pour en finir avec les acteurs, je pensais que la famille des SHAW serait davantage exploitée, en particulier la relation des deux frères qui semblait conflictuelle et intéressante. Le frère du défunt sénateur Henry SHAW (Josh COWDERY) n’a aucune utilité malgré un plan qui, à tort, me fit penser le contraire. Quant au directeur du MACUSA, Percival GRAVES, c’est Collin FARRELL qui s’adjuge le rôle dans un jeu tout aussi mystérieux qu’élégant.

AVEC DU RECUL …
Ah ben enfin ! Oui tu tiens le bon bout mon ami ! « Les animaux fantastiques » fait couler beaucoup d’encre à mon stylo c’est indéniable, et je n’ai pas pu tout dire… (oui ok si tu veux… beaucoup d’encre virtuelle). Mais c’est parce que ce film est un très bon film ! Avec une légère crainte d’être déçu, je suis sorti de la salle enchanté et ravi par ce que je venais de voir. David YATES maîtrise totalement l’univers de ROWLING, qui elle-même nous offre une nouvelle partie de son imagination débordante. En débutant une toute nouvelle époque avec une toute nouvelle histoire, le pari était risqué avec une telle licence. La réussite du film en est donc plus belle. Évidemment, le long-métrage comporte ses petits défauts : acteur principal en retrait, un scénario presque trop important pour un seul film qui oblige certains personnages à manquer de profondeur voire ne posséder aucun traitement, un générique final un peu décevant de par sa sobriété inhabituelle… Mais ce ne sont là que de petites ombres au tableau qui n’empiètent que faiblement sur toutes ces belles images : créatures fantastiques, décors, histoire…

Vous l’avez donc compris, j’ai beaucoup aimé ce premier opus. Le départ de DRAGONNEAU de New-York ouvre la porte à des horizons encore non exploités pour la suite. L’auteur britannique a certainement toute la trame de ses films en tête voire même déjà la fin comme lors de l’écriture des romans. J’attends donc patiemment de voir ce qu’elle fera de tous ces ingrédients qu’elle a désormais jetés dans son chaudron. Que vaudra Johnny DEPP en Grindelwald ? Que nous réserve ce jeune Dumbledore ? DRAGONNEAU à Paris ? Le titre du film portera-t-il toujours bien son nom ? Patience et rendez-vous dans deux ans…

MA NOTE : 9/10

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(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)