EN BREF :
Premier film de l’équipe du Palmashow, c’est Jonathan BARRÉ qui se place derrière la caméra pour réaliser ce long-métrage. C’est avec l’aide de ce dernier que le duo de protagonistes Grégoire LUDIG et David MARSAIS ont écrit cette « folle aventure ». En salle depuis le 1er novembre 2016, c’est un film que j’attendais tout particulièrement (Cf : mes attentes sur les sorties de novembre). Non pas pour un film grandiose et émouvant, bien évidemment, mais pour un bon moment en compagnie d’une équipe qui, à chacune de leurs émissions/ sketchs, propose un divertissement riche et très travaillé. Je n’en attendais donc pas moins de la « Folle histoire de Max et Léon ».

Le film nous présente Max et Léon, respectivement joué par David et Grégoire, durant la 2nde Guerre Mondiale. Deux amis ayant grandi et fait les 400 coups ensemble. Dans cette histoire, un point commun les rassemble à nouveau : l’absence totale de motivation et une certaine peur sans doute en vue du front qui les appelle. S’ensuit une série de péripéties à travers le monde, où les deux amis vont tenter, jour après jour, de fuir la guerre avec plus ou moins de réussite. Un périple au cours duquel ils vont rencontrer une pléiade de personnages tous plus atypiques les uns que les autres. Une aventure digne de ce nom qui, durant un peu plus d’une heure trente, fait honneur à nos talents français.

363658-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
Une affiche qui s’inspire de celles des grandes aventures…

ALORS CA DONNE QUOI CT’HISTOIRE ?
Le premier point que j’aimerais aborder est celui des costumes et du décor. Des missions attribuées respectivement à Florence SADAUNE (« Bienvenue chez les Ch’tis » 2008) et Stéphane CRESSEND. Leur travail est pour moi le gros point fort du film. Max et Léon portent au cours de l’histoire, une multitude de tenues différentes. Tenues traditionnelles des années 40, de l’Armée française, de l’Armée allemande, de la Gestapo, toge traditionnelle du Moyen-Orient… Bref, une penderie immense et surtout très réussie visuellement. Tant de costumes qui sont à l’image des divers lieux visités par les deux « soldats ». Chaque décor est très bien retranscrit, ce qui nous immerge encore plus dans cette aventure. Un point majeur sur lequel il est impératif de réussir dans ce type de film. Du bourg de Mâcon (leur ville d’origine) au camp du champ de bataille, en passant par le souk en Syrie, chaque lieu fourmille de détails et d’accessoires qui viennent enrichir les scènes. Vous pourrez ainsi, par exemple, observer les affiches de propagande du régime de Vichy… Une immersion réussie qui appuie un rythme effréné tout au long du film. Adieu les bâillements, bonjour les sourires…

la-folle-histoire-de-max-et-leon-2-cliff-and-co
Les multiples costumes du film sont tous très réussis

« Sourire », et non « rire », car, en ce qui me concerne, aucun gag ne m’a tordu de rire. Les blagues sont souvent prévisibles et il est, en général, facile de deviner les chutes. Certes, me direz-vous, mais cela est totalement subjectif ! Et oui, ça l’est ! Pour faire la balance, c’est souvent en revoyant les films plusieurs fois, et en en discutant entre amis, que certaines scènes deviennent plus drôles qu’à l’origine, voire cultes. Malgré cela, certains passages m’ont beaucoup plus, par exemple la scène où les deux compères découvrent du « shit » durant la visite du souk en Syrie, est particulièrement drôle et bien réalisée. C’est donc à la fois un bon et un mauvais point pour moi. Ils n’ont pas cherché à trop en faire uniquement dans le but de faire rire. Une décision qui leur évite de tomber dans l’humour potache et lourd (#Camping 3). De plus, une certaine loufoquerie se dégage de beaucoup de scènes, tout en évitant le puéril. Même lorsqu’on s’attend à assister à une scène triste et émouvante, le film nous surprend en amenant un nouveau gag, supprimant au passage tout aspect émotionnel.

Cependant, tout cela reste mineur comparé au deuxième gros point fort du film : son casting. Évidemment composé des deux interprètes du Palmashow, le film se paie le luxe de regrouper une armada d’acteurs et comiques à l’image de Baptise LECAPLAIN, Florence FORESTI, Kad MERAD, M. POULPE, Kyan KOJANDI, Nicolas MARIÉ, Christophe LAMBERT, Sébastien THOEN, Bernard FARCY (#Alertegénéral !) ou encore les excellents Julien PESTEL, Alice VIAL et Jonathan COHEN dans les rôles de Pichon, Alice et du commandant Beaulieu. Des talents de la scène, du web ou du grand écran, qui enrichissent l’aventure de Max et Léon tout au long de l’histoire.
Tous ces personnages permettent ainsi au film de ne jamais s’essouffler, en créant une vraie aventure. Pleine de rebondissements, l’histoire convient parfaitement à un public jeune malgré le sujet sérieux qu’il aborde. L’objectif du trio lors de la rédaction du scénario était de prendre à contre-pied les films qui évoquent déjà ce thème en s’inspirant de long-métrages tels que « La 7ème compagnie » (1975). Une volonté qui se ressent totalement lors du visionnage, pour tous ceux qui se sont déjà demandés qui était « l’con qu’a fait sauter l’pont » … De par les deniers éléments que j’ai abordés, le film s’adresse évidemment aux jeunes. Mais il faut malgré tout bien connaître la situation française durant la WW2, et plus particulièrement sous Pétain. Sans quoi, beaucoup de blagues et enjeux ne sont évidemment pas cernés.

la_folle_histoire_de_max_leon
L’équipe n’a pas fait les choses à moitié au niveau de l’immersion

Par ailleurs, la timeline scénaristique du film reprend un modèle (apparemment) à la mode en ce moment. Le récit de l’histoire du film est fait par le personnage à un auditoire. On retrouve également ce procédé dans « Les nouvelles aventures d’Aladin » (2015) avec Kev ADAMS et plus récemment dans « Snowden » de Oliver STONE. L’objectif de ce choix est en général de créer une situation par-dessus le récit de base, en amenant de nouveaux gags ou en créant une situation qui nous apprend de nouvelles choses que le récit ne peut pas transmettre. En ce qui concerne ce film, je trouve l’intérêt de cette forme « narrative » discutable, en raison du peu de contenu qu’il apporte à l’histoire de base.
Mais ce qui ressort par-dessus tout, c’est que le Palmashow s’est fait plaisir de A à Z. Chaque idée qui leur a traversé l’esprit se retrouve dans leur production. De l’affiche du film – qui n’est pas sans rappeler celles de la saga « Star Wars » – à son casting gigantesque (que je qualifierai de crossmédiatique), en passant par ses costumes et décors… Les trois hommes n’ont pas menti sur la marchandise, et leur honnêteté se ressent lorsqu’on est assis au fond de son fauteuil rouge.

 

AVEC DU RECUL …
Peu importe le résultat, je ne peux, dans un premier temps, que féliciter le travail accompli par toute cette équipe (française, du web !). David, Grégoire et Jonathan ont su éviter le piège de faire un Very Bad Blagues de 1h30 en proposant une véritable histoire bien construite et remplie de personnages. L’envie de bien faire se ressent du début à la fin, et on en oublie le côté des blagues et gags un peu faibles. De surcroît si vous connaissez Internet, vous aimerez d’avance ou presque chaque personnage. Le reste du film est plaisant à voir, car nous savons tous, au fond, que ce ne sont que des gosses qui réalisent leur rêve d’enfant en réalisant leur propre film au cinéma, d’autant plus que ce groupe n’était présent que sur du format court via internet et la télévision. C’est donc un pari osé pour eux, que de sortir à ce point des sentiers battus. Le risque est pris dès le choix de l’époque du film… Leur volonté de ne pas reprendre leurs personnages déjà créés a amplement payé. Ils nous proposent un divertissement inédit et plein de bonne volonté, qui saura faire passer un bon moment aux plus petits (pas trop non plus hein, déconne pas) comme aux plus grands.

MA NOTE : 7/10

Clique ici pour découvrir le trailer !

(Pour rappel, mon avitique est totalement subjectif ! C’est pour cela que je vous invite vivement à me donner le vôtre en commentaire… Ou tout simplement discuter du film, voire me montrer que j’ai tort !)